Andy V. 16/05/2024

« Ma saison était finie »

tags :

Andy joue au rugby depuis l’âge de 7 ans. À 14 ans, en passe d’atteindre le niveau élite, il a dû s’arrêter de pratiquer à cause d’une pubalgie. Devenu spectateur de son équipe, il se fait une raison.

C’était pendant les vacances de février 2024. J’étais en contact avec un entraîneur d’un centre de formation de rugby : le stade français, niveau élite. Je pratique depuis l’âge de 7 ans. J’avais 14 ans. On avait trouvé un accord pour que je vienne m’entraîner avec les gens du niveau élite, c’est-à-dire national, pour voir si je pouvais rentrer dans le centre. 

Sauf que je n’ai pas pu aller aux entraînements car j’ai commencé à avoir une perte de force. J’avais une inflammation de l’adducteur, une pubalgie. J’ai vu un kiné qui m’a pris rendez-vous avec un médecin. Je suis allé le voir. Il m’a envoyé faire plein de tests : un IRM et des radios du bassin et des hanches. 

À la fin des examens, il m’a annoncé que ma saison était finie. J’avais un déplacement de la tête du fémur et je devais me faire opérer. Pour m’expliquer ce que j’avais, le médecin a fait un dessin de ma hanche. Il m’a montré sur le dessin comment mon os était en train de tomber vers le bas. Il m’a dit que sans opération ça pouvait empirer. Je n’avais pas connaissance de cette blessure. Au rugby, c’est vraiment rare.

En colère 

J’étais avec mon père à la clinique du Landy à Saint-Ouen. J’étais anéanti. Du vide. Plus rien en moi. Le médecin parlait mais j’étais dans le vide. Je n’entendais plus, ou juste des voix de fond, comme quand tu prends un K.O. J’avais aussi de la colère envers le médecin car pour moi tout partait de lui. Mais je me suis vite rendu compte qu’il ne faisait que son métier. 

Je n’ai pas souvenir de l’opération mais je me rappelle qu’il m’ont fait respirer de l’oxygène. Je me suis réveillé avec des cris de bébé et une grosse crampe à la cuisse droite. Je sentais tellement mon muscle ! Une infirmière est venue me mettre une poche de médicaments pour calmer la douleur. Mon séjour à l’hôpital a duré cinq jours, de vendredi à mardi. Mon père est resté tout le long avec moi. Il partait tous les soirs mais je parlais avec ma mère parce qu’elle travaille la nuit.

Ensuite, j’ai eu des béquilles, de la réduction et de la réathlétisation. J’étais énervé car mon équipe et moi préparions notre quart de finale à ce moment-là. Je trouvais ça chiant que mes amis puissent jouer et que moi, je faisais juste les regarder. Je m’en voulais car j’avais l’impression de décevoir mes coachs et de les abandonner. Je suis vraiment déçu mais c’est la vie. Il faut avancer. 

Andy, 14 ans, collégien, Saint-Denis

Partager

Commenter