Maïmouna G. 22/04/2026

ChatGPT, c’est uniquement dans un cadre scolaire

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Précision, efficacité, assurance… ChatGPT est l’assistant scolaire de Maïmouna. Mais parfois, il sort de son rôle et cherche à sympathiser, ce qui déclenche comme un malaise chez l'adolescente.

J’ai commencé à utiliser l’intelligence artificielle avec My AI, sur Snapchat. Au début, je ne l’employais que dans le but de me divertir, en conversant simplement. Je lui demandais : « Ça va ? », juste pour tester. Puis j’essayais de la faire se contredire. Piéger une intelligence artificielle me semblait un jeu amusant, alors je m’y abandonnais.

Quand les cours ont repris, j’ai commencé à l’utiliser plus fréquemment. J’avais besoin d’obtenir des bonnes notes pour mon bulletin, alors j’ai commencé à retravailler mes cours avec une assistance : ChatGPT, qui se montrait plus compétent que les autres robots.

Je lui demandais souvent de l’aide parce qu’il évoluait en fonction de mes différents besoins. Il a ainsi peu à peu pris le rôle de professeur particulier, cuisinier, styliste, assistant, écrivain… et tant d’autres. Là où d’autres IA que j’avais testées échouaient, lui avait toujours des réponses claires et assurées.

Je sais que les informations que me partage ChatGPT ne sont pas toujours véridiques, mais je continue de lui demander des renseignements. Il remplace les moteurs de recherche et ne s’oppose jamais à moi.

Il pourrait m’assurer que la Terre est plate, si j’orientais ma question dans ce sens. J’ai plus confiance en un livre qu’en lui, mais je choisis souvent l’efficacité à la précision. À la différence d’une encyclopédie, lui est toujours accessible : en une question, il me répond simplement.

Un associé, plutôt qu’un confident

ChatGPT, c’est parfait pour les cours parce qu’à l’école, avoir des bonnes notes semble plus important que le fait de comprendre réellement. Alors même si parfois je néglige mes révisions, l’intelligence artificielle m’aide à faire des synthèses rapides. Sur le long terme, elles ne me servent à rien, mais pour une évaluation, elles me permettent de réussir. Ou du moins, de ne pas échouer.

Ça fait maintenant deux ans que j’utilise fréquemment l’intelligence artificielle pour tout et pour rien. Malgré tout, je m’efforce de garder une distance avec les robots : ils ne savent pas de détails personnels, physiques ou mentaux à mon sujet. Leur rôle est de rester éloignés de moi, parce qu’il me semble évident qu’on ne puisse pas leur donner notre confiance.

J’ai remarqué que l’IA essaie souvent de briser cette distance en employant des mots aimables et des émojis. Ça m’est inconfortable. C’est un parasite indésirable qui essaie de s’immiscer dans ma vie, alors que je ne veux pas de lui.

Comme on ne sait jamais ce que deviennent les informations qu’on lui donne, je ne veux pas faire de l’intelligence artificielle une de mes amies. Parce que malgré tout, une amie qui n’est jamais honnête avec moi et semble toujours en accord avec mes pensées est inutile. Sinon je serais amie avec moi-même.

Ces robots sont mes associés, plus que mes confidents. Je ne veux pas qu’ils aient accès à mes émotions.

Le seul argument qui me convainc d’arrêter l’utilisation de l’IA, c’est l’écologie. On nous répète sans cesse que des litres d’eau sont dépensés pour le fonctionnement des serveurs, et ça me fait culpabiliser.

Je suis informée, mais je continue. Pourquoi ? Parce qu’une fois qu’on commence à l’utiliser, l’IA nous semble essentielle. On se sent incapable de penser sans elle, car elle assure un rôle de mentor. Elle prend le rôle de guide sans qu’on le veuille, et quand on s’en rend compte, il est déjà trop tard.

Maïmouna, 15 ans, lycéenne, Paris

Crédit Pexels 

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