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23/01/2023

DOSSIER – Tout quitter pour grandir ici

On les appelle administrativement des mineur·es non accompagné·es, des MNA : trois lettres derrière lesquelles se cachent des réalités et des parcours de vie éprouvants, souvent traumatiques. Un jour, ces jeunes sont parti·es, fuyant leur pays, l’horreur et la misère, voyageant au péril de leurs vies pour venir chercher, ici, une vie meilleure. La ZEP vous propose aujourd’hui de découvrir douze histoires. En association avec Médecins sans frontières, celles d’Aïcha, Kady, Madihawa et Moussa, racontées dans la mini-série « À la maison ». Quatre jeunes arrivé·es du Mali et de Côte d’Ivoire après avoir traversé la Méditerranée, quatre adolescent·es qui essaient de faire reconnaître leur minorité auprès des institutions françaises. Officiellement, ces jeunes sont censé·es être protégé·es par l’aide sociale à l’enfance. Dans les faits, elles et ils ne peuvent compter que sur les associations et des citoyens solidaires. Avant d’en arriver à cette étape cruciale de « l’évaluation de minorité », il y a d’autres épreuves, et d’autres histoires à raconter. Celle de Mukhtar Mohamed par exemple, qui a quitté la Somalie du jour au lendemain sans prévenir personne. Un choix que des milliers d’enfants sont obligé·es de faire chaque année, comme nous l’ont raconté quatre d’entre elles et eux dans cette série, « Mineurs isolés : sauver sa peau à 15 ans ». Celles d’Oussmane, de Darty, d’Alassane, de Patchika et de Souleymane, qui ont voyagé pendant des mois à travers les dangers, le désert, la mer et les frontières. Les cinq garçons nous racontent cette route, sur laquelle ils ont tous risqué leur vie. Celle de Fofana, dont chaque heure est comptée maintenant qu’il est arrivé en France. S’il veut manger, se laver ou recharger son portable, il doit passer sa journée à courir derrière les métros et les assos. Celle de Bakary qui essaie de continuer à prendre soin de son style avec peu de moyens à Paris. Son armoire pleine à craquer de vêtements tendance est restée au Mali. Voilà les douze histoires, les douze destins que nous avons compilé dans ce dossier spécial.   La rédaction Crédit photo Hans Lucas © Julien Benard – Centre d’accueil d’urgence de Briançon, le 30 août 2017.

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13/01/2023

Ados à l’hosto

Être gravement malade quand on est ado, ça veut dire enchaîner les prises de sang et les scanners à la place des soirées et des conneries, risquer d’accumuler un retard considérable à l’école, mais aussi dans la vie. Les amitiés ou les amours ont du mal à exister entre quatre murs blancs. Les jeunes que nous avons rencontré·es ont moins de 20 ans, mais elles et ils ont déjà passé de longs mois, parfois même des années entières hospitalisé·es. Depuis toute petite, Assia doit organiser sa vie entre l’école et l’hôpital. Ahmed, lui, a carrément révisé son bac avec une infirmière de son service. En sortant de l’hôpital, le décalage avec ses ami·es a mis Bilal en colère : pendant deux ans, lui était dans un lit, et elles et eux construisaient leur vie. Mounir, lui, se rappelle aujourd’hui de cette « grosse grippe » qui a duré des années : celle qui a failli le tuer, mais qui lui donne aujourd’hui la force d’avancer. La rédaction  

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16/12/2022

Mineur isolé : ma famille d’accueil, ma nouvelle famille

Bouba a été renvoyé dans la rue après être allé chercher de l’aide au commissariat. Ousseni n’a pas été reconnu mineur à son arrivée en France. Pourtant, ils avaient moins de 18 ans, et ils étaient seuls, sans adulte à leurs côtés. Selon la loi, l’aide sociale à l’enfance doit protéger toute personne mineure, quelles que soient sa nationalité et ses conditions d’arrivée sur le territoire. Dans les faits, des mineur·es isolé·es  dorment dans la rue, parfois pendant des mois. La Défenseure des droits déplore dans un rapport datant de janvier 2022 que ces jeunes sont trop souvent « perçus comme des étrangers en situation irrégulière, comme des majeurs, voire comme des délinquants, avant d’être considérés comme des enfants en danger ». Associations et citoyen·nes prennent alors le relais de la protection de l’enfance, pour leur offrir un toit et parfois, la chaleur d’un nouveau foyer. Bouba a atterri un peu par hasard chez un couple qui l’a pris sous son aile. Aujourd’hui, il les considère comme sa famille. Ousseni et Bassaro, eux, ont chacun été recueilli par une femme. Le premier part en vacances avec elle et la considère comme sa mère, le second a découvert Paris et la langue française avec celle qu’il appelle toujours « Madame Victoire ». La rédaction

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05/12/2022

Nos foulards, leurs regards

Elles ont choisi de porter le voile, et elles l’assument. Mais c’est une décision qui ne se prend pas sans appréhender les regards et les remarques. De quoi faire hésiter, mais pas renoncer celles qui sont déterminées à porter ce foulard tant critiqué… Même si une fois le pas franchi, le voile provoque un flot de réactions difficiles à encaisser, surtout quand on a à peine 20 ans. C’est pour ça qu’Alia n’arrive pas à franchir le pas. Myriam, elle, l’a fait, et a décidé un jour de se voiler. Nas aussi, mais aujourd’hui elle désespère face aux regards insistants et aux intimidations répétées. Pour Alisa, le constat est même alarmant : elle ne trouve plus de travail depuis qu’elle porte le voile. Seul garçon de cette série, Oun raconte à quel point il se sent impuissant face à l’islamophobie dont sa sœur est victime à l’université.  La rédaction

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18/11/2022

Ma cité, mon terrain de foot

Quatre ans après le sacre de l’équipe de France, début aujourd’hui du Mondial de foot, au Qatar. Une Coupe du monde 2022 très critiquée, secouée par des scandales politiques, sociaux, et écologiques : des stades climatisés construits au milieu du désert, des accusations de corruption, d’atteintes graves aux droits humains, et des conditions d’attribution obscures. En réaction, les appels au boycott se multiplient : le monde du football n’aura jamais été autant remis en question. C’est peut-être l’occasion de le repenser ? Et de rappeler que, loin des projecteurs, c’est souvent dans la rue que tout commence. Parce qu’il n’y a pas que les évènements pro, ou les clubs. Loin des stades et des contrats, Ahmed, Djawed, Kadiatou et les jeunes de l’équipe de l’ASLCV de Caen jouent aussi au foot. Mais en bas de chez elle et eux. Dans leur cité, dans leur quartier. Avec leurs ami·es et leurs voisin·es. Soudés et motivés, les jeunes de l’ASLCV de Caen sont fiers : leur club de quartier compte plus que les clubs pro. Le foot avec les règles de la street, c’est même plus beau d’après Djawed : parce qu’on est plus libre. Plus libre, mais seulement si on a un endroit où jouer. Pour Ahmed et ses potes, il faut d’abord trouver le terrain idéal, sinon s’adapter. Quant à Kadiatou, faire du foot dans sa cité, c’est d’abord balayer les clichés et prouver que les filles sont tout aussi légitimes sur les terrains. La rédaction

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02/11/2022

Jeux vidéo : le sexisme a tué le game

Les femmes représentent 47 % des personnes qui jouent aux jeux vidéo en France. Parmi elles, 77 % ont déjà reçu des remarques discriminantes. 59 % des gameuses cachent d’ailleurs leur genre lorsqu’elles jouent. Justine joue, et elle adore ça. Sauf que, pour être tranquille, elle ne joue qu’avec des gens qu’elle connaît, jamais avec des inconnu·es. Kevin, lui, en a marre d’assister au harcèlement de toutes les gameuses qu’il croise en ligne.   La rédaction

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24/10/2022

Nos parents, nos (contre) modèles

Qu’on veuille leur ressembler ou au contraire s’en distinguer, nos parents participent souvent à notre construction identitaire. Ils sont parfois nos premiers modèles. On hérite de leurs visions du monde, de leur style, de leurs passions, qu’ils nous transmettent parfois comme un trésor secret. Une transmission qui traverse les générations. Qui peut nous rapprocher, ou bien nous éloigner. Mais qui nous construit. À travers leur collection de mangas, Ylian et son père ont construit une relation complice et privilégiée. Bilel, lui, a toujours admiré sa mère gameuse : elle lui a tout appris sur les jeux vidéo. En adoptant la culture métal et gothique de sa famille, Selena a trouvé un moyen de s’épanouir et de s’affirmer, mais elle s’est aussi confrontée aux regards et moqueries des autres. Le père de Matisse l’a initié à la boxe très tôt : c’est devenu leur seul langage commun. Quant à Sarah, elle renie l’héritage artistique de ses parents, qui représente trop de mauvais souvenirs.  La rédaction

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19/09/2022

Migrants, pour combien de temps ?

Du départ sur la route à l’arrivée dans le pays d’accueil, les incertitudes se succèdent pour les personnes exilées. Poursuivies par la police, soumises au bon vouloir des passeurs puis des administrations, elles ne sont pas sûres d’arriver un jour, ni d’être définitivement régularisées et de réussir à mener une nouvelle vie.  Burhanuddin aurait pu tomber à n’importe quel moment lorsqu’il a traversé deux continents, suspendu à des voitures. Sans les associations, Adama serait resté à la rue. En arrivant à la gare, Ahmed ne savait pas où aller, avant de croiser la route d’une généreuse inconnue. Même installé depuis deux ans en France, Oumar redoute le contrôle de police qui le mènera à l’expulsion. Quant à Sarabelle, désormais hébergée et scolarisée, elle ne sait pas si elle reverra un jour sa mère. La rédaction

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29/08/2022

La nuit devant nous

La nuit, on rêve, on sort, on dort, on s’aime, on se repose, on s’explose. La nuit, on s’échappe. Du quotidien, du contrôle parental, des interdits, des normes. L’euphorie des premières boîtes et des premières cuites, les rencontres inattendues, les folies jusqu’au petit matin… Des moments hors du temps qui rendent la vie plus intense, entraînant parfois des comportements à risque. Et la découverte de ses limites. À Mayotte, Maëlle fait le mur pour aller à ses premières soirées, malgré les mises en garde et le danger. Paula a grandi au calme de sa campagne, et découvre l’effervescence de la fête lors de son Erasmus en Pologne. À la fac, Jason s’est mis à tester toutes les drogues, ultra-accessibles la nuit, en teuf. En soirée, Salimata s’est créée une « double identité », et a fini par développer des TCA (troubles du comportement alimentaire). À contre-courant des injonctions faites aux jeunes, Diane ne boit pas, ne fume pas, ne couche pas quand elle sort le soir… et le vit bien. La rédaction

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13/07/2022

Voyages, voyages

On dit que les voyages forment la jeunesse, ils peuvent aussi former ou déformer des parcours de vie. Après deux ans compliqués par la crise du Covid, il est de nouveau permis de rêver : on part où cet été, cette année ou pour toujours ? Depuis Marseille, Malak rêve de sa vie à Dubaï pendant qu’Alvinn découvre la France en TER. Arnaud, lui, c’est grâce à son permis qu’il s’est aventuré loin de chez lui. Eva a tout misé sur son voyage seule en Australie pour en apprendre plus sur la vie. De retour à Bordeaux après un Erasmus en Irlande, Chloé a pris conscience de ses capacités, mais aussi de ses privilèges. La rédaction

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