SÉRIE

18/11/2022

Ma cité, mon terrain de foot

Quatre ans après le sacre de l’équipe de France, début aujourd’hui du Mondial de foot, au Qatar. Une Coupe du monde 2022 très critiquée, secouée par des scandales politiques, sociaux, et écologiques : des stades climatisés construits au milieu du désert, des accusations de corruption, d’atteintes graves aux droits humains, et des conditions d’attribution obscures. En réaction, les appels au boycott se multiplient : le monde du football n’aura jamais été autant remis en question. C’est peut-être l’occasion de le repenser ? Et de rappeler que, loin des projecteurs, c’est souvent dans la rue que tout commence. Parce qu’il n’y a pas que les évènements pro, ou les clubs. Loin des stades et des contrats, Ahmed, Djawed, Kadiatou et les jeunes de l’équipe de l’ASLCV de Caen jouent aussi au foot. Mais en bas de chez elle et eux. Dans leur cité, dans leur quartier. Avec leurs ami·es et leurs voisin·es. Soudés et motivés, les jeunes de l’ASLCV de Caen sont fiers : leur club de quartier compte plus que les clubs pro. Le foot avec les règles de la street, c’est même plus beau d’après Djawed : parce qu’on est plus libre. Plus libre, mais seulement si on a un endroit où jouer. Pour Ahmed et ses potes, il faut d’abord trouver le terrain idéal, sinon s’adapter. Quant à Kadiatou, faire du foot dans sa cité, c’est d’abord balayer les clichés et prouver que les filles sont tout aussi légitimes sur les terrains. La rédaction

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02/11/2022

Jeux vidéo : le sexisme a tué le game

Les femmes représentent 47 % des personnes qui jouent aux jeux vidéo en France. Parmi elles, 77 % ont déjà reçu des remarques discriminantes. 59 % des gameuses cachent d’ailleurs leur genre lorsqu’elles jouent. Justine joue, et elle adore ça. Sauf que, pour être tranquille, elle ne joue qu’avec des gens qu’elle connaît, jamais avec des inconnu·es. Kevin, lui, en a marre d’assister au harcèlement de toutes les gameuses qu’il croise en ligne.   La rédaction

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24/10/2022

Nos parents, nos (contre) modèles

Qu’on veuille leur ressembler ou au contraire s’en distinguer, nos parents participent souvent à notre construction identitaire. Ils sont parfois nos premiers modèles. On hérite de leurs visions du monde, de leur style, de leurs passions, qu’ils nous transmettent parfois comme un trésor secret. Une transmission qui traverse les générations. Qui peut nous rapprocher, ou bien nous éloigner. Mais qui nous construit. À travers leur collection de mangas, Ylian et son père ont construit une relation complice et privilégiée. Bilel, lui, a toujours admiré sa mère gameuse : elle lui a tout appris sur les jeux vidéo. En adoptant la culture métal et gothique de sa famille, Selena a trouvé un moyen de s’épanouir et de s’affirmer, mais elle s’est aussi confrontée aux regards et moqueries des autres. Le père de Matisse l’a initié à la boxe très tôt : c’est devenu leur seul langage commun. Quant à Sarah, elle renie l’héritage artistique de ses parents, qui représente trop de mauvais souvenirs.  La rédaction

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19/09/2022

Migrants, pour combien de temps ?

Du départ sur la route à l’arrivée dans le pays d’accueil, les incertitudes se succèdent pour les personnes exilées. Poursuivies par la police, soumises au bon vouloir des passeurs puis des administrations, elles ne sont pas sûres d’arriver un jour, ni d’être définitivement régularisées et de réussir à mener une nouvelle vie.  Burhanuddin aurait pu tomber à n’importe quel moment lorsqu’il a traversé deux continents, suspendu à des voitures. Sans les associations, Adama serait resté à la rue. En arrivant à la gare, Ahmed ne savait pas où aller, avant de croiser la route d’une généreuse inconnue. Même installé depuis deux ans en France, Oumar redoute le contrôle de police qui le mènera à l’expulsion. Quant à Sarabelle, désormais hébergée et scolarisée, elle ne sait pas si elle reverra un jour sa mère. La rédaction

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29/08/2022

La nuit devant nous

La nuit, on rêve, on sort, on dort, on s’aime, on se repose, on s’explose. La nuit, on s’échappe. Du quotidien, du contrôle parental, des interdits, des normes. L’euphorie des premières boîtes et des premières cuites, les rencontres inattendues, les folies jusqu’au petit matin… Des moments hors du temps qui rendent la vie plus intense, entraînant parfois des comportements à risque. Et la découverte de ses limites. À Mayotte, Maëlle fait le mur pour aller à ses premières soirées, malgré les mises en garde et le danger. Paula a grandi au calme de sa campagne, et découvre l’effervescence de la fête lors de son Erasmus en Pologne. À la fac, Jason s’est mis à tester toutes les drogues, ultra-accessibles la nuit, en teuf. En soirée, Salimata s’est créée une « double identité », et a fini par développer des TCA (troubles du comportement alimentaire). À contre-courant des injonctions faites aux jeunes, Diane ne boit pas, ne fume pas, ne couche pas quand elle sort le soir… et le vit bien. La rédaction

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13/07/2022

Voyages, voyages

On dit que les voyages forment la jeunesse, ils peuvent aussi former ou déformer des parcours de vie. Après deux ans compliqués par la crise du Covid, il est de nouveau permis de rêver : on part où cet été, cette année ou pour toujours ? Depuis Marseille, Malak rêve de sa vie à Dubaï pendant qu’Alvinn découvre la France en TER. Arnaud, lui, c’est grâce à son permis qu’il s’est aventuré loin de chez lui. Eva a tout misé sur son voyage seule en Australie pour en apprendre plus sur la vie. De retour à Bordeaux après un Erasmus en Irlande, Chloé a pris conscience de ses capacités, mais aussi de ses privilèges. La rédaction

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06/07/2022

Footballeuses : encore loin du but

Coup d’envoi de l’Euro de foot féminin en Angleterre ! Seize équipes, seize pays vont s’affronter jusqu’à la fin du mois de juillet. Les Allemandes ont régné pendant vingt-deux ans sur le foot féminin européen, mais ce sont les Néerlandaises qui sont les tenantes du titre. Et, cette année, les Bleues partent favorites ! Cela ne fait que trente ans que l’Euro de foot féminin existe (vingt ans seulement pour la Coupe du monde féminine…). Même si le nombre de licenciées en club a été multiplié par deux en dix ans (197 779 en 2022 contre 81 153 en 2011), dans les cours de récré ou les clubs, la pratique du foot par les filles n’est pas encore complètement normalisée. Niyah, Evelyne, Binta et Olivia sont footballeuses. Evelyne et Binta ont du se battre pour pouvoir pratiquer ce sport. Tout le contraire d’Olivia, soutenue depuis le début par sa famille, son coach, et même les garçons de l’équipe dans laquelle elle a joué pendant cinq ans. Niyah, elle, a découvert qu’une équipe de filles, ça ne veut pas forcément dire sororité. Mais compliqué d’aller s’entraîner ailleurs quand le foot féminin reste encore minoritaire. La rédaction Crédit photo Pexels // CC RF._.studio

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27/06/2022

Enfances placées

Placer un enfant, c’est une mesure censée le protéger. D’un parent violent, défaillant, d’un foyer insalubre ou d’une situation de danger imminent. Mais ce placement peut être vécu comme un déchirement, une ingérence des services de l’État. Des fois, c’est la famille qui prend le relais, celle qui tient encore la route. D’autres fois, ce sont des inconnu·es, celles et ceux qui forment ces fameuses familles d’accueil. Certaines sont loin d’être à la hauteur. D’autres deviennent de vrais foyers, de vrais refuges. Mais les enfants de l’aide sociale à l’enfance restent, pour la plupart, marqué·es à vie par ce qu’elles et ils ont vécu. La mère de Léa a décidé du jour au lendemain qu’elle ne voulait plus s’occuper de ses enfants. Sa fille a vécu son placement comme un abandon. Léna, elle, n’a jamais compris pourquoi on l’arrachait à sa mère. Alors, avec son frère, elle et il ont fugué du foyer dans lequel on les avait envoyé·es. Bob, lui, a été recueilli avec d’autres jeunes chez une dame, qui les a maltraité·es. Victoire était la fille d’une de ces « mamans d’accueil », elle en a souffert pendant toute son enfance. Enfin, pour Beni, c’est son grand frère qui l’a recueilli, pour fuir le logement insalubre dans lequel il vivait avec sa mère.   La rédaction

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09/06/2022

Hommes de ménage : corvéables sans merci

Les hommes de ménage, comme leurs collègues femmes, sont des travailleurs invisibles souvent confrontés au mépris. Celui des usagers et usagères qui font semblant de ne pas les voir lorsqu’ils nettoient leurs locaux à l’aube. Celui de leurs patrons, qui les emploient au SMIC pour des contrats courts, en horaires morcelés et souvent à temps partiel. Mais aussi celui de l’État qui, bien qu’il ait reconnu leur rôle essentiel lors de la crise sanitaire, a préféré encourager le versement de primes plutôt que de permettre une hausse globale des salaires. Les métiers du nettoyage sont rarement un choix. Ils sont souvent une voie par défaut, souvent choisie par les personnes issues de l’immigration et peu diplômées. Quatre jeunes adultes témoignent. Abdoul Brice espérait mieux en commençant une nouvelle vie en France. Il cache son activité à sa famille restée au pays. Pour Issa, les remarques condescendantes et les réflexions blessantes sont difficiles à vivre, mais il reste fier d’exercer un métier utile. Quant à Steph, la dureté de ses conditions de travail lui a donné envie de changer d’activité. Jean, enfin, dénonce les injures et le manque de soutien de son ancien patron. La rédaction

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25/05/2022

VIDÉO – Autoportraits de jeunesses engagées

Quatre abstentionnistes sur dix au premier tour de la présidentielle 2022 chez les moins de 35 ans. Les jeunes sont une nouvelle fois pointé·es du doigt comme la catégorie qui vote le moins. Les générations Y et Z se désintéressent-elles des enjeux politiques ? Non, à en croire les récents mouvements climat, féministe, LBTQIA+ ou les cortèges contre les violences policières. « Les jeunes sont présents dans l’arène politique et ne se détournent pas de l’engagement », répond la chercheuse Anne Muxel dans ses derniers travaux. Mobilisé·es dans de nouvelles formes de participation au-delà du vote, ils sont même plus engagé·es et plus radicaux que leurs aîné·es. Attaché·es au progressisme, à l’urgence climatique ou encore à la reconnaissance des droits des femmes et des minorités, six d’entre elles et eux racontent leurs combats, et la manière dont elles et ils souhaitent les mener, à l’intérieur ou en dehors des urnes. S’il lui a fallu du temps pour réaliser la valeur de son engagement, Coline se définit comme féministe depuis qu’elle va en manif. Pour Winona, son combat c’est de pouvoir porter ses cheveux au naturel, sans subir les diktats de la mode établis par et pour les personnes blanches. Jézabel, consciente de ses privilèges, a fait le choix de militer pour l’égalité des chances après avoir constaté le fossé entre elle et une de ses amies. Sans cesse ramenée à ses origines, Cathy compte bien faire mentir les préjugés et devenir juriste pour défendre les droits humains. En quête de sens, Nicolas et Lumir ont décidé de se lancer en politique pour se sentir en accord avec leurs convictions. La rédaction

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18/05/2022

Grandir avec style

À l’adolescence, tout se transforme : le corps, l’humeur, les goûts… Alors jouer avec son apparence devient un moyen de se découvrir et d’explorer son identité. Changer de coupe de cheveux tous les six mois, essayer des looks à la mode ou extravagants, ou bien mettre du maquillage : toutes les tentatives sont bonnes. Pour affirmer sa personnalité, son identité de genre ou ses centres d’intérêts. Pour se démarquer ou s’identifier à d’autres. Pour se chercher, et peut-être même se trouver en croisant son reflet.  Gloria cherche son style et trouve de l’inspiration dans les looks de sa sœur, qu’elle adule. Les coupes de cheveux de Jade évoluent à mesure qu’elle se découvre et se questionne sur son genre. Moha observe les différents groupes de son lycée, organisés selon leurs codes vestimentaires. En portant des crop tops, Camille a affirmé ses deux identités de genre auprès des élèves de son lycée. Et Raphaël a abandonné ses complexes en s’amusant avec les vêtements et le maquillage. La rédaction  

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11/05/2022

Notre scolarité sous pression

Enchaîner les examens la boule au ventre. Culpabiliser de voir ses potes au lieu de réviser. Gérer la pression des parents, des profs, et celle qu’on se met à soi-même. Et prier pour que la prochaine note ne soit pas décisive. Depuis la réforme du bac et la mise en place de Parcoursup, la pression scolaire s’intensifie. L’avenir n’a jamais été aussi incertain, mais une chose est sûre : il n’y a plus le droit à l’erreur. Depuis quatre ans, Yassin somatise la pression scolaire : tremblements, douleurs à l’estomac… Pour son brevet, Lucile a travaillé d’arrache-pied pour essayer d’atteindre le niveau d’exigence de ses parents. Juliette passe tout son temps à réviser et n’a plus aucun temps libre. Katzura a la sensation que sa vie se résume à des notes. Et pour échapper à l’école et aux crises d’angoisse que ça lui déclenche, Lucie s’évade grâce à la lecture. La rédaction

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27/04/2022

Papa où t’es ?

Dans huit familles monoparentales sur dix, le parent qui reste, c’est la mère. Une famille monoparentale a plus de chances que les autres d’être pauvre et mal logée. Grandir sans père, c’est souvent grandir dans une certaine précarité, mais aussi apprendre à vivre avec un sentiment d’abandon et/ou de colère, et assumer des responsabilités d’adulte arrivées bien trop tôt. Depuis que son père est parti, Benjamin a dû apprendre à gérer sa rage. Quant à Yasmine, elle n’arrive plus à faire confiance à son entourage depuis que son père a coupé les ponts. Chassée de son foyer, Shierley a vécu dans la rue, et s’est débrouillée pour retrouver une vie normale. Lola a retrouvé le sien par hasard. Après des années sans nouvelles, elle s’est rendu compte qu’il vivait juste à côté. Lucas, lui, a toujours maintenu un lien et une relation avec son père, malgré les allers et retours en prison. La rédaction

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10/04/2022

La politique, c’est loin de moi ?

Lors des dernières élections, les régionales et les départementales de 2021, plus de 80 % des 18-34 ans ne se sont pas déplacé·e·s. Après deux ans de pandémie, de cours en visio, d’isolement, de vies à distance et de files d’attente devant les associations de distribution alimentaire, se dirige t-on vers une abstention record des jeunes pour cette présidentielle 2022 ? Irina va pouvoir voter pour la toute première fois : mais elle ne se sent ni prête, ni préparée pour une telle responsabilité. Sofiane commence à décrypter de mieux en mieux ce monde si lointain, grâce à la télé et à Youtube. Pour Alexandre, le déclic est venu de la détresse des étudiant·e·s pendant la crise sanitaire : il a rejoint un mouvement citoyen. Yohann, lui, fait carrément de la politique depuis qu’il a intégré le conseil municipal des jeunes de sa commune. La rédaction

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08/03/2022

Adolescentes, déjà filles au foyer

Dans la sphère familiale comme ailleurs, on ne traite pas les filles comme les garçons. Lorsque la famille impose les tâches à sa fille, les rôles qu’elle doit tenir s’accumulent vite : ménagère, cuisinière, intendante, baby-sitter, infirmière… Tout ça ne laisse plus beaucoup de temps pour voir ses ami·e·s. Encore faudrait-il avoir le droit à une vie sociale. Pour certains parents, une fille exemplaire sacrifie son intimité au profit du foyer, avant même d’être adulte.  À 14 ans, Mary-Kate fait les tâches ménagères de la maison. Alors qu’elle a trois frères, qui pourraient s’en charger aussi ! Sophia, elle, est la secrétaire de sa famille : elle se charge de toute la paperasse. Zazou s’occupe de tout chez elle, notamment de sa petite sœur : ses notes, ses projets et sa santé passent au second plan. Mallory, de son côté, vit en permanence sous pression. Sa mère exige d’elle qu’elle soit parfaite, tout le temps, dans tous les domaines.

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24/02/2022

La ferme aux préjugés

Au moment où les Parisien·ne·s s’apprêtent à se ruer dans les allées du Salon de l’agriculture pour venir voir les animaux et goûter les produits de la ferme, la ZEP donne la parole à celles et ceux qui vivent, à l’année, au milieu des champs. Les enfants d’agriculteurs·trices, celles et ceux qui défendent leurs parents contre des clichés dépassés depuis longtemps – mais qu’on entend toujours dans les cours de récré. Celles et ceux qui se demandent ce que va devenir la ferme familiale, qui veulent un jour prendre le relais, ou pour qui ce n’est pas une option. Ces jeunes aussi qui ont choisi ce métier, même si ce n’est pas celui de leurs parents, et qui se battent pour faire évoluer les mentalités. Arthur est fils d’agriculteur, Gabin est apprenti céréalier, et ils sont tous les deux d’accord : les préjugés, ça suffit ! Des clichés que Marie aussi a entendu toute son enfance. Pourtant, elle a décidé de continuer à côtoyer ce monde, en devenant assistante vétérinaire. Ludivine, elle, ne reprendra pas la ferme familiale : elle a choisi un tout autre métier, et a eu du mal à le faire accepter. La rédaction

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09/02/2022

Dans nos villages, des jeunesses (im)mobiles

Se faire des ami·e·s et les voir, s’inscrire à des activités extrascolaires, faire ses courses, accéder à l’emploi… Nos vies, à la campagne, sont dépendantes des transports. Ceux qu’on a l’âge de conduire, mais aussi ceux qu’on peut se payer : son scooter, sa voiture ou celle de ses parents… voire le bus, s’il passe aux bons horaires ou s’il existe, tout simplement. Ainsi, plus on grandit, plus ils deviennent indispensables : un·e jeune en milieu rural sur trois n’a pas pu assister à un entretien d’embauche faute de transports. Quand elle était au lycée dans son coin de diagonale du vide, Jeanne devait condenser sa vie sociale entre l’heure de la fin des cours et celle du départ de son bus. Elle en était totalement dépendante. Lucie, sa sœur et son frère font conduire leur mère plus de 190 kilomètres par semaine pour aller à l’école et à leurs activités extrascolaires. C’est devenu le taxi de la famille. Loreen essaie de ne pas se décourager quand on lui refuse cinq emplois parce qu’elle n’a ni permis ni voiture. Quant à Eliot, sa vie a changé à 14 ans, quand il a payé avec toutes ses économies le prix de sa liberté : un scooter. Récits de jeunesses au vert, entre débrouille et galère. La rédaction

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26/01/2022

Transports en commun, femmes seules

Neuf femmes sur dix ont déjà été harcelées dans les transports en commun. 54 % évitent même de prendre le métro ou le bus à certaines heures, certains jours, et 48 % lorsqu’elles portent certaines tenues. Parce que dans les transports, les femmes peuvent vite devenir des proies. Floryne prend tous les matins un bus dans lequel elle se sent en danger. Mais elle ne veut pas renoncer : elle a le droit de se déplacer ! Charlotte, elle, vient tout juste de se faire agresser dans le métro. Un endroit qu’elle connaît pourtant bien, et dans lequel elle se sentait à l’aise, avant. Des agressions, Pauline en a vécues plusieurs dans les transports. À chaque fois, elle a senti son corps se paralyser. Depuis, elle voyage la boule au ventre, en hypervigilance. Sephora aussi a été victime un jour et depuis, elle a décidé de ne plus voyager sans une bombe au poivre dans sa poche.

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12/01/2022

Réseaux, applis… Une mine d’or quand t’es mineur·e

Reseller, influenceur·euse, monteur·euse de highlights… Les réseaux et les applis inventent de nouveaux métiers, parfois de niches, que les plus jeunes s’approprient d’autant plus vite qu’ils ou elles en ont les codes. Ces mêmes plateformes servent de ressources pour exercer des métiers plus classiques sans avoir encore l’âge requis et sans déclarer ses revenus. De quoi gagner de l’argent sans trop de contrainte horaire et acquérir des compétences qui serviront leurs futurs parcours professionnels. Alexandro revend des sneakers sur StockX et Vinted, parfois pour 1 000 euros la paire. Alexandre s’est initié au montage vidéo pendant le premier confinement : par curiosité, il a proposé ses services sur Discord. Derrière une fausse identité, il s’est vite constitué une clientèle. Precilla se coiffait elle-même, ainsi que ses proches : elle s’est servie d’Instagram pour faciliter le bouche-à-oreille et en faire une activité rémunérée. Quant à Mamady, il a sous-loué le compte Uber Eats d’un pote. En échange, ce dernier récupère un pourcentage de son chiffre d’affaires. Des petits business qui rapportent gros !

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15/12/2021

Notre police de (trop grande) proximité

Nombre de jeunes des quartiers populaires connaissent par cœur la police. Au fil des contrôles et des patrouilles quotidiennes, ils les reconnaissent, les surnomment, détectent leurs habitudes. Pour s’en amuser et/ou pour mieux échapper à leurs violences. Car derrière cette apparente proximité, le rapport de force qui les oppose vire parfois à l’affrontement. Reda reconnaît les types de policiers à leurs véhicules et à leur comportement. Mamadou vit au rythme des rondes de police, des contrôles et des amendes. Une pression que ressent Yassine jusqu’à la sortie du lycée où la police vient rôder. À force, les choses se gâtent et Marcel en souffre, entre contrôles abusifs et racisme assumé. Les relations tendues finissent par virer aux violences policières et transforment le quartier de Léo en champ de bataille. La rédaction

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01/12/2021

Restauration, vous êtes servi·e·s ?

Les employé·e·s de l’hôtellerie-restauration souffrent depuis le début de la pandémie : en un an, ils et elles sont 237 000 à avoir claqué la porte. Mais beaucoup de jeunes continuent à travailler dans les cafés et les restaurants, premiers fournisseurs de jobs étudiants. Des expériences professionnelles souvent éprouvantes, qui leur permettent de découvrir le monde du travail… et de gagner de quoi s’en sortir. Au début de ses études, Jeannette a payé son logement étudiant en travaillant un été comme serveuse. Un job qui n’a pas été sans conséquence pour sa vie sociale. Du côté de Vincent, la cuisine dans laquelle il travaillait si dur est devenue l’endroit où il faisait la fête. Les limites sont devenues floues, comme pour Louise qui s’est retrouvée dans la peau d’une manageuse alors qu’elle n’avait qu’un contrat étudiant. Arthur, lui, a été révolté par les comportements des client·e·s, qui le traitaient comme un larbin. Vous êtes servi·e·s !

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17/11/2021

Violences conjugales : les enfants sont aussi victimes

Lorsqu’on aborde les violences conjugales, les enfants restent les grand·e·s oublié·e·s. Pourtant, témoins ou victimes de violences physiques, psychologiques et verbales, parfois instrumentalisé·e·s pour manipuler leur mère, ils et elles sont également soumis·es de façon directe ou indirecte à la domination de leur père ou beau-père. D’après l’étude nationale sur les morts violentes au sein du couple publiée en 2020, quatorze enfants sont décédé·e·s dans le cadre de violences conjugales. Emma a grandi avec un père alcoolique, la peur au ventre, jusqu’au divorce de ses parents. Pour Hachem, se libérer de l’emprise psychologique a été plus difficile. Son chantage était tenace. Ces violences ont poussé Sandra à bout, au point de finir au poste pour avoir frappé son beau-père. Lune est, quant à elle, sortie d’affaire et voudrait s’engager pour aider d’autres victimes.

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02/11/2021

Nos handicaps, les employeurs ne voient que ça

Les personnes en situation de handicap connaissent un taux de chômage deux fois plus important que le reste de la population active. Parmi elles, 80 % vivent avec un ou plusieurs handicaps invisibles : troubles sensoriels, psychiques ou cognitifs, maladies chroniques, troubles physiques discrets… Ils recoupent des réalités très diverses, souvent méconnues des employeurs. Engendrant préjugés, et donc discriminations à l’embauche et chômage longue durée. Certain·e·s choisissent alors de le cacher, au prix d’efforts importants pour « faire illusion ». Le TDAH (trouble de l’attention) de Louis est inconnu des recruteurs et encore trop souvent des structures classiques d’accompagnement à l’emploi. Lilia postule encore et encore malgré les rejets frontaux des recruteurs rencontrés quand ils apprennent qu’elle est épileptique. Une situation de chômage qui pousse aujourd’hui Richard vers un ESAT (établissement et service d’aide par le travail), au grand regret de son père et tuteur. Fatma, salariée, a donc choisi de cacher sa dyslexie et sa dysorthographie à ses employeurs, stressant à l’idée qu’ils remettent en cause ses capacités.

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18/10/2021

TikTok : mon téléphone me dit « reste »

Ça y est, TikTok fait partie des réseaux sociaux les plus utilisés au monde. Encore plus addictif que les autres. On a essayé de comprendre ce qui nous poussait à créer ou scroller des vidéos pendant des heures. Ce sont les exploits de tiktokeurs et tiktokeuses qui plaisent à Anaïs, fière d’y retrouver des personnes qui lui ressemblent. Contrairement à Garance qui, elle, ne peut s’empêcher de se comparer avec les autres filles sur TikTok. Sa confiance en elle en a d’abord pris un coup. Mélissa n’arrive plus à décrocher des contenus, et surtout des challenges qu’elle pratique dans sa chambre. Rémi aussi a voulu reproduire un tiktok dans la vraie vie. Résultat : une cabane construite avec des matériaux de récup’ entre copains, et une prise de conscience écolo en prime. Sachant que, derrière ces contenus légers et condensés, des tiktokeurs comme Louis travaillent sept jours sur sept pour leur communauté. Entre compta et épluchage de contrats, il en a fait son métier, et compte bien continuer.  

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06/10/2021

Harcèlement scolaire : qui nous protège ?

Coups, insultes, remarques humiliantes, rumeurs, intimidations… Environ 700 000 élèves subissent du harcèlement scolaire en France. Les moyens mis en place par l’Éducation nationale pour déceler et prendre en charge les victimes ne sont pas toujours à la hauteur. Nombre d’enseignant·e·s et de parents réagissent souvent trop tardivement, sinon de façon maladroite, ou ne voient rien… Pourtant, les indices ne manquent pas. Sophie a fait plusieurs tentatives de suicide et a dû déménager pour mettre fin à des violences longtemps considérées par les adultes comme de simples « chamailleries ». Benoît aussi a dû déménager. Ses professeur·e·s étaient pourtant informé·e·s du harcèlement. Mais ils et elles lui ont fait comprendre que la priorité était de « poursuivre sa scolarité ». Faute de se sentir protégé, Sofiane a trouvé comme seul remède de retourner vers les autres la violence qu’il subissait. Avec l’aide de ses parents, Jenny s’en est sortie en changeant de classe, mais elle ne s’est pas sentie soutenue par ses professeur·e·s. Finalement, seule Tifenn a pu trouver auprès du personnel enseignant un soutien pour désamorcer les violences subies.

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20/09/2021

Longues peines, séjours sans fin

Passer plusieurs années derrière les barreaux, c’est avant tout gérer son temps. Celui de la prison mais aussi celui qui s’écoule à l’extérieur. Une vie hors-champ que révèlent sept détenus derrière les murs du centre de détention de Melun, qui accueille de nombreux détenus en fin de peine ou condamnés à de longues peines. Ahmed voit ses enfants grandir au rythme de parloirs salutaires. Un rythme que Gwadaï peine à trouver tant il est désœuvré alors que Rodrigue planifie son agenda « comme un soldat », heure par heure. Eric, lui, passe le temps à payer sa dette en travaillant pour 4,45 euros de l’heure. Patrice va lui aussi de l’avant en s’efforçant de préparer sa sortie, mais l’accompagnement est limité et le monde a continué sa course. Quel choc pour Joslin quand, après douze ans de détention, il a enfin une permission. Pour se libérer du poids de son passé, Raphaël compte sur la thérapie qui rythme sa peine et les jours qui le séparent de sa sortie. Même enfermé, rien n’empêche de se projeter.

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09/09/2021

Bienvenue à l’école du sexisme

Trop court, trop décolleté… Dès le collège, les jeunes filles sont constamment réprimandées par leurs établissements scolaires pour les tenues qu’elles portent. Sous couvert de devoir porter une tenue « adéquate » ou « républicaine », la consigne est : ne pas « perturber » les garçons. Légitimant ainsi les propos sexistes des autres élèves. Jade a décidé de ne pas suivre le règlement intérieur et a été humiliée par ses professeur·e·s à cause de ses tenues. Louanne a manifesté le 14 septembre 2020 pour dénoncer la sexualisation des tenues des lycéennes par le personnel enseignant et encadrant. Imane a été moquée par un de ses professeur·e·s à cause de ses vêtements et de son maquillage… jusqu’à être traitée de « beurette ». Fenty, elle, n’ose plus s’habiller comme elle veut pour éviter les remarques de ses amies et les regards des garçons.

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12/07/2021

Ce n’est pas qu’un job d’été

Pour payer leurs études ou subvenir à leurs besoins, les jobs d’été sont pour les jeunes des terrains d’expérimentation du monde du travail. Ils sont aussi révélateurs d’inégalités sociales. Robin a observé ces inégalités sur l’île de la Réunion en travaillant pour un riche Réunionnais. Olivia travaille tous les étés dans le même fast-food : deux mois de salaire pour dix mois d’études. Une chance que n’a pas eu Lucas : licencié après quelques jours, sa scolarité a été mise en péril. Melinda, elle, a découvert sa vocation lors d’un remplacement d’été, après des années à se chercher.

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22/06/2021

Après le viol, l’épreuve de la plainte

Seule une femme sur dix porte plainte après avoir été victime d’un viol, ou d’une tentative de viol. Nombre de ces plaintes sont ensuite classées sans suite. Un parcours long et souvent traumatisant dans lequel toutes ne s’aventurent pas. Il en faut du courage pour accepter de se reconnaître victime, il en faut de la ténacité pour demander à faire reconnaître ses droits. Au coût émotionnel de la procédure, s’ajoute la crainte d’être mal accueillie et de ne pas être crue une fois la porte du commissariat franchie. Sans parler de la réaction des proches.  Pour Salomé, raconter son viol dans un commissariat a été un traumatisme de plus. Elle a le même prénom, mais une autre histoire : Salomé, elle, n’a pas résisté à la pression de ses proches, qui l’ont obligée à retirer sa plainte. Coralie, enfin, a porté plainte 23 ans après les faits : aujourd’hui, elle ne sait toujours pas si un procès aura lieu.

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08/06/2021

Grandir au risque des rixes

Les rixes ont-elles explosé cette année ou sont-elles juste plus médiatisées ? Descentes, guerres des cités, embrouilles de quartier : chacun·e a sa manière de les définir mais ces conflits entre bandes, quartiers ou villes englobent un même phénomène d’escalade. Les violences conduisent parfois même à la mort des participants. Scott, Imane, Saïndou et Marwan essaient de comprendre les violences dont ils·elles sont acteurs·trices, témoins ou victimes ; parfois les trois à la fois. Scott légitime les vengeances, mais décrit surtout leur contexte : c’est l’ennui, le manque de loisirs et d’infrastructures dans son quartier qui le pousse aux armes. Imane voit bien, elle aussi, que les jeunes de son quartier n’en sortent pas. Elle ne participe pas aux violences mais en connaît bien les conséquences : les marches et le deuil. Tandis qu’à Mayotte, pour Saïndou, c’est la précarité qui exacerbe les tensions, au point que de nombreux jeunes ont été envoyés en métropole pour disperser les gangs. Marwan, lui, se refuse à participer à ces guerres… quitte à mettre en péril sa réputation. Car, comme il l’explique : c’est souvent par là que tout commence.

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01/06/2021

Mineur·es isolé·es : sauver sa peau à 15 ans

Ce sont des enfants mais qui ont déjà des destins d’adultes. Quittant leur continent, leur pays, leur famille, ils et elles sont en France des Mineur·es non accompagné·es, des MNA, pour reprendre l’acronyme administratif qui gomme des parcours souvent héroïques. Comme celui de Mukhtar Mohamed fuyant la guerre en Somalie, de Mamadou arrivé de Guinée-Conakry pour se sauver d’une maladie mortelle, d’Alexandra qui a échappé à l’esclavage au Mali, ou encore d’Anas débarquant du Maroc pour obéir à l’injonction familiale. Leurs histoires ne se résument pas à un statut qui, certes, les protège, mais aussi les enferme dans des stéréotypes.

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