Hugo P. 04/02/2026

Le garçon qui murmurait à l’oreille de ChatGPT

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Bien utiliser ChatGPT, ça s'apprend. Alors Hugo a essayé de comprendre comment cette intelligence artificielle fonctionnait, l'a guidée, corrigée, domestiquée pour qu'elle réponde à ses besoins.

En troisième, je n’avais pas trop envie de travailler, alors ChatGPT et moi on est devenus potes.

À force de l’utiliser pendant toute mon année de troisième – d’ailleurs notre prof d’histoire nous incitait à le faire – j’en suis devenu un expert.

Je me suis aperçu que ChatGPT, ce n’est pas une simple encyclopédie numérique : c’est un outil conversationnel. Il s’adapte à la manière dont je lui parle. Plus la question est précise, mieux la réponse sera ciblée.

L’année dernière, j’avais réussi à connaître en avance les questions de notre contrôle de lecture en français. C’était des questions de réflexion, pas juste sur le livre. Un ami les a tout bêtement glissées dans ChatGPT, et a recopié les réponses pendant le contrôle. Le verdict a été sans appel : autour de 8/20. Les réponses étaient trop évasives, et il y avait trop d’erreurs dans le résumé du livre.

ChatGPT, il ne développe pas. Et à part les grands classiques, il ne connaît pas la littérature moderne.

ChatGPT, il est un peu idiot

La plupart des adultes pense qu’il suffit de poser une question à ChatGPT pour qu’il nous réponde de manière juste, ou qu’il peut nous éclairer dans n’importe quel domaine. Mais ils ont faux ! Il faut formuler une demande claire, nuancée et contextualisée. Par exemple, au lieu de dire «Écris-moi un texte sur l’amour », il vaut mieux préciser le ton, le style ou même le public visé.

Ensuite, il faut comprendre que ChatGPT s’appuie sur le langage humain, et pas sur des vérités absolues. Il n’a pas d’opinion propre, ni de conscience. Il reproduit et reformule des savoirs, des idées, des styles. En fait, il est un peu idiot.

Je me souviens que l’année dernière des camarades de classe m’avaient donné les questions d’un contrôle de musique. Une question portait sur les instruments entendus dans la septième symphonie de Chostakovitch. Je me suis bien évidemment précipité vers ChatGPT pour les lui demander.

Au bout de quelques questions, je me suis rendu compte que ChatGPT ne me répondait jamais « non ». J’ai donc essayé de tester ses capacités. Il m’a sorti des instruments qui ne peuvent absolument pas apparaître dans une symphonie de l’époque. L’ultime test, c’est quand je lui ai demandé si un DJ participait au morceau. Là, il s’est calmé, il m’a répondu que non.

Il faut toujours garder un esprit critique face à ses réponses : vérifier, recouper, questionner.

Je le pousse à donner le meilleur de lui-même

Ce que j’aime, c’est quand je deviens le chef d’orchestre, celui qui guide l’intelligence artificielle et la pousse à donner le meilleur d’elle-même, tout en gardant le contrôle de ce qui est produit. D’ailleurs, plus on l’utilise, plus on découvre ses subtilités : la façon dont elle comprend les consignes, son sens du ton, sa capacité à imiter ou à inventer.

C’est un dialogue, une danse entre l’humain et la machine, où la précision, la créativité et la curiosité sont les clés. C’est comme ça que ChatGPT devient un partenaire d’écriture ou de réflexion, et non pas un simple moteur de réponses.

Hugo, 15 ans, lycéen, Paris

Crédit Unsplash

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