Mon budget bouffe
Mon budget bouffe ?
C’est presque toutes mes dépenses de la semaine.
La semaine dernière, c’était pains au chocolat : au moins un chaque jour ! Environ 6,50 euros.
Ces pains au chocolat, ils me rendent addict. Chaque matin, je passe devant le Carrefour, et c’est comme s’il lançait des odeurs vers le trottoir. Quand le courant d’air du hall de CDG passe par le supermarché, leur odeur m’atteint encore plus, alors je peux pas me retenir, je fonce. J’en prends un, parfois deux !
Leur chocolat mi-fondant s’envole dans ma gorge, me réchauffe de l’intérieur et de l’extérieur.
Le mardi et jeudi à l’heure du déjeuner, je ne sors pas manger : c’est badminton ! Mais ça m’empêche pas d’acheter des sucreries et des boissons. Du Coca, des Lipton, de l’eau aromatisée… ça me fait saliver de toute pièce !
Quand je sens le liquide des boissons descendre dans mon ventre, ça me rafraîchit, ça me redonne la pleine joie. C’est mon habitude : après les cours, quand je suis en route vers chez moi, je m’arrête dans les magasins pour en acheter. Ça me fait dépenser un total de 20 euros par semaine.
Et le vendredi, il y a les grecs. Ils sont succulents, juteux avec leurs sauces… La chaleur de la viande dans ma bouche qui brûle ma langue et cette vague de sauce qui rend le goût deux fois plus intense !
Dix euros, c’est le prix d’un seul grec. Quand j’étais au collège, je faisais leur revenu : je venais tous les midis au Grill Istanbul.
En fin de mois, c’est budget d’eau de robinet
Mais comment je gagne cet argent ? C’est peut-être la question que vous posez en ce moment-même. Il ne vient pas de nulle part : il vient de mes parents.
Mais mes achats sont aussi financés par mon petit business. Je vends des e-books. Cela me rapporte max 150 euros par semaine. Parfois, c’est la misère : des commandes ne passent pas, ou des gens annulent leurs achats. Mais, pas grave ! Cela ne m’empêche pas de dépenser l’argent de mes parents.
Quand j’ai de l’argent à volonté, j’ai l’impression d’aller dans une rue très belle, bien décorée, chic. Et quand je rentre dans un magasin, c’est comme si je rentrais dans un buffet à volonté, et comme si je pouvais tout acheter sans regarder le prix.
Le toucher du pain et des sucreries que je mets entre mes mains, c’est ma montagne d’or. Cela me fait entendre le doux son des tropiques et des ruisseaux qui m’apaisent. Avec de l’argent, c’est comme si on avait son propre distributeur de bouffe.
Mais en fin de mois, dans ma famille, c’est la misère pour tout le monde : on doit se mettre à un budget d’eau de robinet. Tout ce que je mange devient alors comme une ruelle sombre où on ne veut pas aller. Je me contente de biscuits si secs qu’ils ressemblent au désert. C’est infâme.
Veljko, 16 ans, lycéen, Le Bourget
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