Kandé D. 19/05/2026

Mon téléphone, ce moyen de pression

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Appareil photo, outil de divertissement et de sociabilisation, mais aussi... moyen de pression. Quand Kandé se dispute avec ses parents, son portable devient l'objet de toutes les menaces.

Je n’ai pas de téléphone. Enfin… en ce moment, car on me l’a confisqué il y a trois semaines.

On me l’a confisqué, parce que j’ai soi-disant oublié de prévenir ma mère que j’avais un entraînement de foot. Cet été aussi, je ne l’ai pas eu pendant les deux mois de vacances, parce que je m’étais bagarrée avec mon frère. Je n’avais plus rien à faire, à part sortir avec mes amis et aller voir ma famille dans le 94. Je me sentais vide. Ça a été les pires vacances que j’ai passées de toute ma vie. 

C’est ma mère et son cousin qui me le confisquent tout le temps. Mon téléphone, c’est l’objet qui fait le pouvoir et l’autorité chez moi. C’est comme un trophée, une couronne. Un moyen de pression : à la moindre réflexion, on me le prend. Quoi que je fasse, c’est ma seule punition, car ils savent que j’y suis attachée.

En fait, il est plus souvent confisqué que dans ma poche. 

Pourtant, il m’est indispensable. Surtout pour cette année : pour le lycée, pour le sport que je pratique, mais aussi parce que je sors souvent.

Un jour, je me paierai mon propre portable

Quand j’ai envie de rester seule avec mon portable au lycée, je ne peux pas, je dois constamment rester avec les autres. Quand je suis dans une rue que je ne connais pas, je dois demander aux autres pour m’orienter, au lieu d’utiliser mon tel. Quand j’ai des messages, je ne les vois pas. Je ne peux pas en envoyer non plus. Quand j’ai envie de passer du temps avec des amis, je ne peux pas, parce que je ne peux pas les prévenir avant et leur donner un point de rendez-vous pour les rejoindre. 

Mon oncle et ma mère, eux, ils sont attachés à leur téléphone. Ils y consacrent beaucoup de temps. S’ils en étaient privés pour une raison quelconque, je pense qu’ils ressentiraient la même chose que moi.

J’ai hâte de pouvoir m’en payer un. Je pourrai quand j’aurai 16 ans. Je ferai des baby-sittings et comme je l’achèterai moi-même, je ne me le ferai pas confisquer. 

Kandé, 15 ans, lycéenne, Paris

Crédit Pexels

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