Camille 13/10/2018

Mon métissage, mon fardeau

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Métisse, je n'ai jamais réussi à savoir à quelle culture s'identifier. J'ai finalement décidé de miser sur mon côté français...

Au cours de ma vie, je n’ai jamais réellement su qui j’étais. En tant que métisse, c’est compliqué de se définir quand on est étiré entre plusieurs pôles. Je suis française d’origines portugaise et congolaise, et mon métissage est une différence que l’on m’a toujours renvoyée en pleine figure.

Quand j’étais petite, mes origines et celles des autres n’avaient que très peu d’importance pour moi. Je voyais les gens pour qui ils étaient et qui ils semblaient être, sans chercher à voir plus loin. Mais les gens n’avaient pas cette même vision des choses, cette même attitude envers moi. En primaire, on me demandait sans cesse si j’étais une adoptée quand ma mère,  blanche, venait me chercher à la fin des cours. Et en grandissant, j’ai de plus en plus été confrontée à cette différence qui m’a tant fait souffrir et complexer.

On nous demande de choisir un camp

Nos sociétés répètent sans arrêt que le métissage est une chance, qu’il faut être fier de ses origines. La vérité, c’est que les métisses seront toujours affiliés à une partie de leur identité et qu’on leur demandera toujours de choisir un camp. Des inconnus dans la rue, des camarades de classe et même certains de mes amis m’ont répétée que j’étais noire à cause de ma couleur de peau caramel, ou encore à cause de mes cheveux. Jamais je ne pourrai m’identifier qu’à ce côté-là. Il ne me compose pas entièrement, parce qu’il ne me fonde pas à lui tout seul. Me considérer noire, ce serait renier ma mère, ses origines et son histoire, une partie de moi aussi, et c’est juste inconcevable.

Le plus dur, c’est quand au sein de sa propre famille, certains se jettent des insultes à la limite du racisme. Les gens ont tendance à considérer uniquement les points positifs et les clichés liés au métissage (les métisses seraient beaux, supérieurs, avantagés au sein de la société), sans être conscients des faces plus sombres.

Mes parents ne sont plus ensemble parce qu’au bout d’un moment, le mélange de culture est devenu une richesse de plus en plus difficile à entretenir. Ça les a éloignés. Mais aussi, ma mère ne s’est jamais réellement reconnue en nous, dans la mesure où mes frères, ma sœur et moi ne lui ressemblons pas physiquement. Elle a aussi subi des remarques désobligeantes qui l’ont sans doute affectée, ce qui fait qu’il n’y a pas de complicité entre nous.

Tout et rien à la fois

Aux alentours de mes 16 ans, j’ai commencé à ne plus supporter mon métissage et à envier ceux qui n’avait qu’une origine, parce que c’est beaucoup plus facile de se définir et de se dire qu’on est 100% ci et non 55% ça et 45% ça. J’ai compris alors que le plus dur quand on est métisse, c’est de s’identifier… Comme tout le monde, on a besoin de savoir qui on est, ce qui nous constitue, ce dont on a hérité. Cette quête est complexe parce qu’on a l’impression de venir de partout et de nulle part en même temps. On a l’impression d’être tout, mais rien à la fois.

Et c’est encore plus compliqué quand les gens m’octroient une origine qui n’est pas la mienne et que, d’en plus de ne pas savoir moi-même qui je suis, ils me prennent pour ce que je ne suis pas. Lorsque des hommes m’abordent, par exemple, ils m’assimilent systématiquement à une antillaise, une ivoirienne, une capverdienne voire à une marocaine. De quoi renforcer mon trouble identitaire.

Seule et incomprise

Au fil du temps, j’ai eu de plus en plus de difficultés à dire mes origines à ceux qui me le demandaient. Je n’ai pas encore trouvé ma place, et parce que je ne sais toujours pas qui je suis. Par conséquent, je me suis renfermée, parce que je me sens terriblement incomprise et seule dans cette étape.

Je n’ai jamais été très proche de mes parents et ils ne comprendraient sûrement pas mon mal-être. En fait, ils ne sont pas aussi ouverts d’esprit qu’ils ne le pensent, mais je ne peux pas leur en vouloir. Il faut vivre cette situation pour réellement la comprendre. Quant à mes frères et à ma sœur, ils ont réussi à trouver un équilibre en rejetant une partie de leur bagage culturelle (voire en ne s’affiliant à aucun pays concernant un de mes frères). Par conséquent, je ne pense pas pouvoir m’entendre avec eux concernant ce sujet.

Jasmine, elle, c’est avec quatre cultures qu’elle doit composer ! Elle aussi se sent embrouillée par ce métissage mais elle a fait le choix de défendre chacune de ses origines, malgré les difficultés.

Après tout ce temps, je n’ai, moi, toujours pas réussi à m’identifier. Ce qui fait que je préfère cultiver uniquement mon côté français, en essayant d’en savoir toujours plus sur l’histoire et l’actualité de mon pays ou en le soutenant quand il est représenté dans des évènements sportifs ou culturels, parce que je me sens beaucoup plus proche de la France et parce que j’aime ce pays, mais aussi parce que ce combat identitaire est un combat éprouvant, auquel je n’avais plus envie de faire face.

 

Camille, 17 ans, lycéenne, Garges-lès-Gonesse

Crédit photo Flickr // CC Garry Knight

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13 réactions

  1. Etant également metisse Beninois, Danois et donc Français, et beaucoup de gens que je croise me prennent pour un arabe ou un portugais. je comprend tout a fait ce que tu ressens. J’ai 23 ans et je peux seulement dire depuis 1 ans que j’ai resolu l’équation. J’ai pendant longtemps préféré mettre en avant mon côté Africains lorsque j’étais plus jeune. A l’époque je cotoyé beaucoup de personnes métissé ou bien Française de pure souche (on va dire). C’était plus simple et sympa de se différencier comme cela. Et puis j’ai fini le lycée et suis allé en région Parisienne. Là, j’ai cotoyé pas mal de Noirs pour lesquels je n’avais pas le droit de me revendiquer Métisse, je devais choisir. Ils ont choisi à ma place souvent. J’étais un blanc. Pour d’autre j’étais rien du tout, juste une sorte d’aberration. Parfois c’était assez virulent. Enfin pour faire cours, j’ai bien après et donc il y a peu, réussi à ne plus cherché a être perçu soit comme un Africain soit comme un Français. Enfaite nous sommes les deux, mais surtout nous sommes la sommes des expériences de nos vies, pas seulement un nationalité ou une couleur de peau. Depuis j’aime parler avec mes deux parents afin de connaitre mieux d’où je viens. L’histoire de mes origines. Dans le font je suis maintenant persuadé que c’est une richesse car nous sommes, si nous voulons être honnete et respectueux de notre histoire, obligé d’être les personnes les plus tolérante possible. De plus lorsque quelqu’un essaye de me cataloguer car cela en général le rassure, en posant la fameuse question tu te sens plus quoi noir ou blanc. Je dis, je me sens juste moi. Il la ferme et on passe à autre chose. Un conseil oubli de quoi tu à l’air pour certain et fait ta vie comme tu l’entend. En gros ce n’est parce que tu es en parti Congolaise que tu dois Tchiper toutes les 5 minute. Et ce n’est parce que tu es Française que tu dois aimer le Fromage. En tout cas, courage renie rien. Tout ça c’est toi, mais seulement une partie.

  2. Il est bien dommage de ne pas pouvoir mettre un “j’aime”. Autant à l’article très touchant, qu’au commentaire de Péter, avec lequel je suis particulièrement d’accord.
    Je suis métisse française et antillaise. En France, on me voit simplement comme une noire, alors que je suis claire pour les Antilles ! Il y aura toujours des gens pour trouver des choses à redire. L’important, c’est d’être en accord avec toi-même. N’essaie pas de te mettre dans des cases dans lesquelles tu ne peux pas rentrer. C’est ce que la société demande parce que la nuance serait parait il trop dure à comprendre ou à gérer… Bref, nous sommes indéniablement au carrefour de plusieurs cultures et il faut l’accepter. Intéresse-toi à toutes tes racines car elles te constituent, même si tu as une préférence pour celle dans laquelle tu vis. Elles sont tes richesses. Courage! Mes meilleures pensées !

  3. Je t’envoie plein d’affection, ton témoignage résonne tellement…
    Je suis un peu plus âgée que toi et je pensais être bizarre de me poser tellement de questions et de vivre ce métissage avec autant de difficulté alors que c’est censé être une richesse.
    Merci pour ce texte et les réactions qu’il a suscité.
    Je te souhaite le meilleur,

  4. Ma fille est métisse… et je relève de ton article que ta maman ne ce reconnaît pas en toi…. quand ma fille est née tout le monde m’as dit qu’elle était le portrait craché de son papa… elle lui ressemble beaucoup c’est un fait… mais crois moi tu ressemble à ta mère !!! Ma fille me ressemble j’ai regardé longtemps des photos de moi bébé et comparer avec les siennes et oh Oui il y a bien de mon visage dans le sien sublimées par les magnifiques traits congolais de son papa!!! Ce sont les gens qui ne te voient pas en ta maman !!! Ce sont les gens endoctrinés dans une éducation limitée et un racisme culturel côté français comme africain !!c’est ces gens là qui ne prennent pas la peine d’obs Une personne en tant que tel. Très enrichissant ton article ! Merci

  5. Je suis plus âgée que toi Camille, mais je comprends très bien ce que tu ressens. Moi aussi cela m’importait peu plus jeune la question de la couleur de peau, jusqu’à ce que je comprenne que le comportement des gens envers moi était souvent dû à cette distinction. Comme je dis souvent: “je me suis réveillée du rêve de Martin Luther King”. Je dirais que ces dernières années ont vu s’accroître les attitudes négatives et discriminantes quant à mes origines, bien que je sois née en France, je passe mon temps à essayer de m’intégrer à une société qui me rejette, au mieux s’interroge en me voyant. L’impression d’être prise pour une extra-terrestre partout où je vais. Les insultes aussi, le mépris. Je suis le rappel vivant des questions raciales, post-coloniales qui se posent dans ce pays notamment. En France je suis noire, en Afrique je suis blanche, et dans les 2 cas cela provoque beaucoup de réactions, le plus souvent négatives. Evidemment ça a conditionné ma vie, perso et pro. Pour ma part je me situe avant tout comme un être humain, avant d’être une femme, avant d’être noire, avant d’être pauvre. Mais le monde ne fonctionne pas comme ça, il y a des catégories, ceux ou celles qui ne rentrent pas dans les cases sont considérés comme déviants, dérangeants. Inconsciemment parfois on me classe dans la catégorie “dominés”, s’ensuivent des comportements plus que tendancieux, tant au niveau du respect que de la considération. Le pire justement c’est quand c’est inconscient, pour faire comprendre à une personne qu’elle projette un fantasme sur moi, des préjugés, en règle générale les gens n’apprécient pas, pensent que j’ai tort de penser ainsi. Tant que je chante, je danse, je joue du tambourin, tout va bien, mais parler d’un sujet qui fâche…? On préfèrerait que je me taise. Pourtant il s’agit de ma vie, de nos vies, ensemble. Souvent j’ai des réponses du style :”tu te prends trop la tête”, ou “tu réfléchis trop” ou encore, ma préférée “tu te victimises”. Je vous laisse imaginer à quel point cela est plaisant. Je ne suis pas très optimiste pour l’avenir, pourtant j’aimerais bien, mais vu la teneur des débats actuels sur le sujet, c’est loin d’être gagné. Je me suis plus fait insultée au cours de la dernière année qu’au cours des 10 années précédentes. En tout cas s’il y a bien une chose que j’ai compris, c’est le fait que c’est moi qui me détermine, c’est moi qui décide qui je suis, comment je suis, ça a un prix, mais je sais que quand bien même je serai ce que les autres attendent de moi, je ne serai pas acceptée pour autant, alors justement autant être libre à ce niveau-là. Bon courage Camille! Peut-être qu’on est là pour ouvrir les yeux de certains et créer des ponts entre des mondes qu’à priori tout oppose.

  6. JE SUIS FIER D’ÊTRE BLANC !

    Après la fracassante fierté noire, la tonitruante fierté gay, l’exigeante fierté transexuelle, l’exotique fierté peule, l’urgente fierté indienne, la religieuse fierté musulmane, la consensuelle fierté juive, toutes auréolées d’honorabilité, drapées de légitimité, avides de reconnaissance officielle et de représentation politique, idéologique, sociale, culturelle, cinématographique, publicitaire, fiertés autorisées devant lesquelles l’occidental hétérosexuel-traditionnel doit impérativement s’incliner avec respect et soumission, voici ma toute simple fierté blanche !

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    JE SUIS FIER D’ÊTRE BLANC !

    Je suis fier d’être blanc, honoré d’être né dans la neige éternelle, enchanté de baigner dans une eau claire.

    Pour sceau céleste, j’ai même deux doigts d’azur dans les veines ! Par cette empreinte de pas pur sur ma peau, me voici bien paré. Mais cette phrase-là, alambiquée et ambiguë, c’est quand même pour me moquer des “panthères noires” et autres bestioles vindicatives pas très nettes qui cherchent à noircir bien des tableaux …

    Redevenons sérieux.

    J’ai l’insolence des astres qui éclatent de bonheur et rayonnent de beauté, la majesté des montagnes aux monts inviolés, la dignité des mages en toges.

    Grandi par la particule de soleil que je porte, j’avance plein de force et d’assurance.

    Les injures racistes en brûlant contre moi ajoutent de la lumière à ma lumière et je brille encore plus.

    J’ai reçu un héritage de clarté, je transmets un sang de cristal, rêve d’un avenir de gloire.

    Mon front éclaire ainsi qu’un cierge, mes bras ouvrent des chemins lumineux, mon doigt désigne la Voie Lactée : je suis Blanc et veux le rester.

    Je dois préserver cette onde opaline que de sombres volontés voudraient teinter de mensonges, être digne du firmament auquel je m’identifie, ne pas rougir de cette face lunaire que Dieu m’a donnée.

    Frères blancs, vous êtes beaux comme les nuages et vos âmes sont aussi légères que les flocons qui en sortent, vos idées sont profondes et durables tels des sommets immémoriaux, vous êtes pareils aux matins radieux se levant sur des mondes prometteurs, semblables aux étoiles qui jamais ne s’éteignent au-dessus des vérités éternelles…

    Blanc et fier de l’être, est-ce un si grand crime sur cette planète de richesses humaines, dans ce cortège de peuples admirés et de couleurs revendiquées ?

    Raphaël Zacharie de IZARRA

  7. Merci pour ton article, car il me fait penser que je ne suis pas seul. Je suis moi-même métis allemand-guadeloupéen et je dois dire que souvent je me sens seul au monde avec ces origines. Je suis fils unique, donc peut-être que ça influence ce sentiment.
    J’ai 18 ans et je dois dire que je n’ai pas trouvé non plus mon “identité”. Comme toi, je ne connais qu’une partie de mes origines : je me rends régulièrement en Allemagne voir la famille et je parle couramment la langue. Mais de l’autre côté, je ne suis jamais allé en Guadeloupe, je ne parle pas créole et je ne connais que très peu de choses de là-bas. Les parents et certains des frères et soeurs de mon père sont décédés, et il n’a jamais parlé de la famille qui restait jusque très récemment quand je lui ai demandé. Nous irons peut-être les voir en banlieue parisienne (là où ils habitent) cet été, je l’espère. J’ai envie de découvrir la Guadeloupe, la culture et ma “2ème” famille. J’espère pouvoir réaliser un voyage dans le “pays” avec mon père, car cela fait des années depuis qu’il n’y ait pas retourné. Ma mère avait avant peur que j’y voyage seul avec mon père et je ne sais pas trop pourquoi. D’ailleurs, lorsque je lui ai parlé de mon projet, elle m’a répondu que je ne suis pas obligé d’y aller etc. Je crois que comme beaucoup de mères d’enfants métis, elle ne mesure pas vraiment l’enjeu. En même temps, elle n’a jamais été confronté à des problèmes du genre.
    Je n’ai jamais su où me situer par rapport aux gens. En France, on me prend soit pour un arabe, un métis ou juste un “renoi” et j’ai pas parfois du mal à me sentir proche des “français” et de la France car contrairement à la plupart des métis dans ce pays, ma mère (blanche) est étrangère. Je sais que j’ai la nationalité française grâce à mon père (et donc à la Guadeloupe), mais je crois que les gens ne comprennent pas que ce n’est pas forcément un bout de papier qui fait qu’on se sente vraiment “français”. La Guadeloupe est un département français, certes, mais je suis sûr que les gens dans la rue voient clairement que je suis “différent” et que je n’ai pas le visage de Bernard 100% Breton ? Sinon on ne me prendrait pas pour un algérien ou un sénégalais, j’imagine ? Le regard des gens importe aussi donc, je suis complétement d’accord.
    Et puis en Allemagne, j’ai constamment des piqûres de rappel comme quoi je suis plus bronzé que mes grands-parents, ma mère, ma tante, mon oncle et mes cousines… Au point que je suis heureux lorsque je croise d’autres “minorités” dans la rue (d’autres renoi, métis, turcs, arabes, asiatiques…).
    Quand j’étais a l’école primaire, tout cela avant moins d’importance. C’est vraiment vers le collège et surtout au lycée, que je me suis rendu compte de ces choses : le fait de ne jamais se sentir membre d’une communauté, d’avoir l’impression d’être (à moitié) le représentant d’une culture ou d’un pays qu’on ne connaît pas et aussi le fait d’être à cheval sur 3 pays en même temps. Oui je tiens à préciser que je fais la distinction entre la France et la Guadeloupe en ce sens : lorsque l’on pense à franco-allemand, on pense à un blanc et non à un métis comme moi. Je n’ai jamais connu quelqu’un avec le même métissage que moi et dans la même situation, donc je n’aime pas être vu comme juste franco-allemand car c’est pour moi faire abstraction de ce qui me rend différent et de ce que les gens voient en premier sur mon visage. Même si au fond j’ai une connaissance superficielle de la Guadeloupe, je suis fier d’avoir ces 3 “pays” en moi. C’est quelque chose que je ne voudrais jamais échanger pour rien au monde : cela me permet de voir le monde d’un oeil totalement différent que si j’avais été juste guadeloupéen, allemand ou français.
    Le monde n’est pas facile pour nous, issus de 2 voire 3 pays/cultures différentes et je pense que cette quête identitaire à de beaux jours devant elle, du moins pour moi, pour toi et pour les autres métis.
    Pour trouver un équilibre, je planifie d’apprendre le créole après mon bac et de perfectionner mon allemand l’année prochaine car il n’est pas parfait.
    Je te souhaite beaucoup de courage. Crois-moi tu n’es pas seule, je sais ce que ça fait de se sentir isolé et incompris des autres à cause de cela, mais un jour nous trouverons cet équilibre qui nous permettra de briller et nous verrons que notre métissage est une force.

    Matteo

  8. Ça fait du bien de voir que je ne suis pas seule dans le cas. Je suis métisse algérienne et ivoirienne mais à l’inverse, je suis très claire de peau et je n’ai pratiquement rien d´une metisse. Je ressemble comme 2 gouttes d’eau à ma mère, je n’ai absoluement rien de mon père du coup j’ai entendu toute ma vie « ah t’es metisse ? On dirait pas !! », « t’as été adopté » et cela continue à chaque fois que l’on me demande mes origines. Ça me met mal à l’aise. Je sais pertinemment que le problème ne vient pas des autres, car ces remarques me suivront toute ma vie, que les gens sont comme ils sont mais au quotidien c’est vraiment lourd et agaçant….

  9. Vos témoignages me font du bien ! Alors je vais poster le mien aussi qui est un peu particulier…
    J’’ai l’impression de me poser des questions relativement débiles et dépassées dans ma tête mais voila depuis quelques moi je me pose des questions sur mon metissage.
    Pour me résumer je suis génétiquement malgache, mais je ne connais pas mon geniteur. Mon père (de coeur et pour toujours) lui est français d’origine française mais à vécu jusqu’a ses 25 ans à la réunion et en Afrique du Sud. Mes grands-parents d’origines lilloise se sont rencontrés au Bénin et on construit toute leur vie en Afrique avant de rentrer en france dans les années 80.
    Je sais que souvent c’est délicat de parler d’identité mais je vais dire ce que je ressens et ce que j’ai sur le coeur, reprenez moi si je dis des enormités. Personnellement j’ai toujours eu ce qu’on peut qualifier « une éducation de blanche européenne ».
    Je n’ai jamais été victime de racisme.
    J’ai grandi toute ma vie dans un village du sud où de la maternelle au lycée il n’y avait aucun noir dans mes écoles. Et j’ai d’ailleurs toujours étais vu comme une blanche.

    J’ai toujours été bercé par les anecdotes de mes grands-parents et de mon père et mes tantes sur l’Afrique, mais je n’ai jamais eu l’impression d’appartenir à cette culture.
    Cependant d’un autre côté j’en ai toujours voulu à mon père de ne pas me faire découvrir l’Afrique plus que ça.
    Cette année je suis partie vivre à Paris et j’étais en coloc avec une jeune étudiante Malienne avec qui j’ai passé une super année. Et elle même m’a posé la question « si parfois je me sentais appartenir à la communauté noire ou non ? »

    Explications** C’est con mais par exemple musicalement et culinairement elle m’a sortie que je penche beaucoup plus du côté Africain que Européen enfin bref elle m’a fait réaliser que je m’étais comme créée ma propre culture métisse toute seule. (Je ne sais même pas comment c’est possible?)
    Et avant cette année-là je ne ressentais pas le besoin de la partager avec quelqu’un. Je ne dis pas du tout que du jour au lendemain je me suis réveillée noire mais les questions qui me poussent à écrire là dessus sont de plus en plus présentes. En fait je crois que c’est la première année que je rencontre des personnes qui me considèrent comme une métisse et non comme une blanche.
    Je me sens parfaitement à ma place avec les blancs mais c’est comme si mes origines me titillaient de plus en plus. Alors j’ai commencé à faire découvrir cette part de moi à mes ami(e)s mais c’est comme si ils ne pouvaient pas comprendre ce que je ressens au fond.
    Le festival afropunk à aussi était très révélateur, je me suis rendu compte que toutes les musiques que j’écoutais seule dans ma chambre et que je pensais être la seule à connaitre étaient aussi connue et appréciée de pleins d’autres gens de la communauté (ou non) noire.
    J’ai commencé à sortir en soirée « afrotrap » et mon dieu je suis enfin allée voir des concerts de reggae, pourquoi je n’ai jamais osé avant ?
    Enfin voila, je me sens appartenir à plusieurs communautées et à la fois à aucune. Est ce que j’abuse et je fantasme si je dis que je voudrais découvrir davantage mon côté noir ? Ce qui me tue le plus au fond c’est de ne pas pouvoir en parler à quelqu’un qui me comprend réellement…
    Ma famille ne rirait au nez justement par ce que je ne suis pas crédible je ne connais pas l’Afrique du Sud … et qu’en plus génétiquement je suis malgache… mes amis me disent que je me prends trop la tête et ne sont pas ultra sensible à ses questions là…
    Alors voilà c’est la première fois que toutes ces questions d’identité et d’appartenance sont là.

  10. Bonjour j’ai une question à poser à ceux qu’ils ont écrit tous ces articles moi je suis maman de 4 filles metisses c’est sûr que je n’avais pas fait attention à leur identité s’il y avait un problème de couleur ou de pays je suis surprise de voir vos réactions… je voudrais vraiment prier pour ceux qui ne se sent pas à l’aise sur leurs identités je suis vraiment très très triste

  11. bonjour je suis une adolescente de 14 ans j’ai lu tout vos témoignages et ça m’a en quelques sortes aidé mais je suis toujours autant perdu et c’est la première fois que je pose autant de questions sur mes origines et si j’étais métisse ou pas ? Depuis petite pour moi j’étais française d’origine marocaine et métisse car ma mère est blanche et mon père est noire ou métisse enfin même ça je sais pas mais y’a quelques jours j’ai appris par ma demi-sœur que ma grand-mère du coté de mon père est mauritanienne et depuis je me pose dix mille questions. Suis-je noire? métisse? Car on m’a toujours dis qu’être métisse c’est avoir des parents d’origine différente hors mes parents viennent tout les deux du marc et mon père lui a des origines mauritanienne et marocaines car il est issu d’une mère noire et d’un père blanc donc il est métisse je suppose mais je l’ai toujours considérée noire car jusqu’à maintenant pour moi être métisse c’était juste être mi-noir mi-blanc hors mon père est de peau foncé donc je suis extrêmement perdu mais quant à moi depuis petite comme je l’ai dis je me considérais comme métisse mais est vraiment le cas ? Car je suis née en France mais est ce que ça fait partie de mes origines ? Non enfin je pense je n’ai que des origines marocaines et un peu d’origine mauritanienne du coup. Cela peut paraître extrêmement bête comme question mais je suis aller sur plein de sites et il y a une variété de métisse comme (mûlatre,quateron…) et je me suis plus reconnu dans quateron mais j’en suis absolument pas sur car je ne sais même pas si mon père est considéré comme un noir ou un métis ceci est très compliquée et je ne suis pas non plus super informée car on ne m’a jamais parlé de ça chez moi ou mêma à l’école.
    Par apport à vos témoignages personnellment j’ai toujours un peu eu honte de mes origines et de ma culture par exemple losqu’une personne me demande de quel origine je suis je suis toujours génée hors je ne devrais pas l’être mais depuis petite c’est comme ça j’ai toujours peur que les gens aient des préjugés sur moi ou que lorsqu’ils vont savoir mon origine vont me traiter différemment je ne sais pas si vous comprenez en primaire je n’étais pas la seule fille métisse et à vrai dire ça allait je n’avais si honte que ça de mes origines mais la plupart des filles étaient blanches et notamment 2 filles qui une s’est moqués de mes cheveux bouclées et l’autre qui me jugeaient du fait que j’allais au Maroc souvent cela à crée en moi un gros complexe je voulais être blanche française blonde aux yeux bleu car j’avais honte d’un truc que je ne pouvais pas changée.Au collège c’était pire j’était dans un collège privé catholique et bien évidemment il y avait que des blancs cette fois ci ce n’etait pas par les élèves que je me prenais des remarques mais par les professeurs notamment en 6ème ma prof de français et d’anglais me haïssais et je savais très bien pourquoi, les élèves ma classe etaient pas non plus des anges j’avais aussi le droit a des remarques raciste notamment par les mecs mais aussi la plupart des filles de ma classe avaient des préjugés enfin elles me regardaient hyper mal et je savais aussi pourquoi enfin bref en 5ème 4ème ces même gens qui m’ont jugées en 6ème sont devenus pour la plupart de bonnes connaissances voirs des potes… Puis en 3ème on m’a souvent assimilé à une musulmane hors je ne l’était pas et ça m’énervait mais ce qui m’avait profondément génés c’est quand en cours nous parlions du professeur d’histoire qui s’est fait décapité(qu’il repose en paix) ma prof s’est arrêté m’a regardé et m’a demandé si j’étais renseigné sur la religion musulmane et si je connaissais la difference entre un islamiste et un musulman enfin elle m’a dit un truc du genre et tout le monde m’a regardé j’étais géné et j’ai dis que j’étais pas renseigné sur le sujet et que je n’étais pas musulmane.En soit c’est rien mais ça m’énerve lorsque l’on assimile culture et religion et comme dans tout vos témognages je me retrouve d’un coté trop maghrébine et d’un autre pas assez pour mon entourage et je me sens a place nul part mais à cause tout ça comme je l’ai dis j’ai honte aussi alors je ne sais ni ou me placé ni qui je suis réelement même mes explications sont flous mais si quelqu’un est déjà passé par cette phase et pourraient m’éclaircir ça pourraient m’aider .

  12. Bonjour, je suis métisse Guadeloupe / France. J’ai 51 ans, et c’est toujours aussi difficile : pas assez noire pour les africains, pas assez claire pour les blancs… Parfois marocaine pour certains… Le plus dur, c’est d’entendre parler de la Guadeloupe et de s’étonner que je ne connaisse pas. Aujourd’hui, je dis que je suis ivoirienne par mon mari quand on entend mon nom de famille. Mais les petits mots racials racistes sont toujours là. Vu par les autres le métissage c’est exotique, vu par les métisses c’est plus compliqué !

  13. Bonjour,
    Je vous rejoins à 100% dans ce que vous décrivez de votre histoire.
    Sensiblement le même vécu, à peu de choses près.
    Ça fait du bien de se sentir moins seule.
    Merci pour votre message!

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