Maxine DB. 13/01/2021

Étudiante en première année : isolée j’ai craqué

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J'avais hâte de commencer mes études supérieures début septembre. Nouvelle ville, nouvelle vie ! Mais la Covid a tout gâché.

Seule dans mon studio, les seules activités que j’avais étaient dormir, regarder mon téléphone ou mon ordinateur, et surtout, penser. Penser, quand on vit cette situation sanitaire est plutôt oppressant. Étant donné qu’il se passait très peu de choses dans mon quotidien, la moindre pensée, relation ou situation qui me tracassait devenait une obsession et je ressassais en permanence. Je passais mes journées et mes nuits dans mon lit, triste et ennuyée. J’avais beau me dire que ce n’était qu’une période, je n’arrivais pas à passer au-dessus. Ce n’était certainement pas ce à quoi je m’attendais pour ma première année d’études !

Dépression, solitude, pensées suicidaires, avec le hashtag #ÉtudiantsFantômes, des milliers d’étudiant.e.s témoignent de leur détresse psychologique et du sentiment d’abandon par le gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire.

https://twitter.com/_adil95/status/1349092749375660032

 

Je suis arrivée sur Lyon fin août, quelques semaines avant ma rentrée, pour pouvoir profiter de la ville et des activités qu’elle avait à proposer avant de commencer ma première année en LEA à la fac de Lyon 2. Malgré les nombreuses complications pour rencontrer des gens à l’université à cause de la crise sanitaire, j’ai réussi à me faire une paire d’amis. J’ai eu à peine quelques semaines pour m’adapter au trajet « domicile-université », au campus et aux cours, que sont arrivées les vacances de la Toussaint et, malheureusement, la fin des cours en présentiel.

L’université a peu à peu « lâché » les élèves

Dès mon retour de vacances, j’ai commencé les cours à distance. La fac ayant eu peu de temps pour s’organiser, je n’avais que quelques cours qui continuaient. Nous avions quand même quelques devoirs, mais surtout des partiels. Je n’ai pas du tout eu l’impression de passer des examens pour valider ou non mon semestre, mais de rendre de simples devoirs à la maison, c’était assez spécial.

Malheureusement, après la période de partiels, nous n’avons plus vraiment eu de travail. L’université a peu à peu « lâché » les élèves, les laissant petit à petit sans nouvelles. Certains professeurs ont arrêté de nous donner du travail, les mails d’information de la fac devenaient de plus en plus rares. J’avais l’impression que le suivi diminuait, et c’est encore le cas aujourd’hui. Pendant le deuxième confinement, je n’avais ni travail à faire pour m’occuper dans mon appartement, ni activités à l’extérieur. Et le problème qui se pose quand on n’a plus rien à faire, c’est qu’on se décale dans tous les domaines.

Dans une tribune pour Libération, Yannick Trigance et Isabelle Rocca souligne l’impact de cette crise sanitaire sur toute une génération d’étudiant.e.s : « La souffrance psychologique, sociale et éducative des étudiants est particulièrement aiguë depuis les décisions de confinement et de restriction d’accès aux établissements. »

 

Je me levais aux alentours de 12-13 heures pour avoir le moins de temps de journée à supporter et, à cette période, à 17 h 30 il fait nuit. Mes journées étaient courtes mais je n’arrivais quand même pas à m’endormir avant 2 ou 3 heures du matin. Je regardais des séries, des films, des vidéos sur mon ordinateur ou mon téléphone. J’ai commencé à dessiner un peu pour essayer de ne pas passer tout mon temps sur des écrans mais ça restait le divertissement le plus fréquent.

Mon alimentation : des pâtes et des céréales

Le dérèglement lié au sommeil a engendré un dérèglement de mon alimentation. C’était assez compliqué de trouver la motivation de faire mes courses, mais surtout de me faire à manger. Alors j’ai commencé à manger essentiellement des pâtes et des céréales, mais sans sauter de repas hein !  Étant donné que c’était la première fois que je devais me débrouiller seule pour faire mes courses, que ça soit alimentaire ou autre, la motivation a disparue assez vite. J’étais vraiment la seule à pouvoir me gérer et c’est quelque chose dont je n’avais absolument pas l’habitude jusqu’à maintenant.

Cette période d’environ un mois et demi a été très compliquée car toutes les journées se ressemblaient, je ne pouvais voir personne ni faire grand chose. Récemment, après le passage de tous les partiels, l’université a totalement arrêté d’envoyer des mails et je n’avais plus que deux cours sur cinq. De nouveau seule. Mes amis proches sont tous dans des villes différentes et ont cours normalement, donc mon rythme de vie est très différent du leur. J’avais déjà passé le premier confinement avec ma famille, je savais à quoi m’attendre et je n’avais pas envie de revivre la même situation. Je me suis dit que c’était plus facile de devoir me supporter seule plutôt que de devoir supporter ma famille. Alors je suis restée.

Une petite dépression dont je me serais passée !

J’avais prévu de rentrer chez mes parents pour les fêtes de fin d’année mais j’ai commencé à me sentir vraiment mal et malade. J’ai fini par rentrer plus tôt car la situation devenait insoutenable. C’est là que j’ai appris, en discutant avec plusieurs personnes travaillant dans le milieu médical, que j’avais entamé une petite dépression dont je me serais passée !

Faute de vie nocturne, la solitude est grande pour les étudiant.e.s. Thomas et Lucie le partagent dans notre dernier podcast.

 

Malgré le fait que ce soit encore compliqué d’envisager la reprise des cours, j’essaie de tenir bon jusqu’à la fin de l’année pour éviter qu’elle ne soit perdue. J’ai décidé de rentrer plus souvent chez mes parents pour pouvoir prendre un bol d’air de temps en temps. En revanche, je compte arrêter l’université l’année prochaine et me réorienter dans une école où le suivi est beaucoup plus assidu, pour éviter de me perdre à nouveau dans mes études.

 

Maxine, 18 ans, étudiante, Lyon

Crédit photo Hans Lucas // © Daniel Derajinski

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1 réaction

  1. Bonsoir je suis une maman que mon fils fait ses études en prépa lettres 1ère année HK2, il a la chance d être dans un lycée pour études supérieures où il a toujours eu ses cours, mais c’est vrai que pour les personnes en fac se n’est pas facile dutout et en plus être loin de sa famille sa n aide pas, j espère que cette situation va bientôt changer, et c est aussi pour ça que mon fils ne voulait pas allez en fac,j espère pour vous que ça va allez mieux je suis solidaire pour vous, bonne continuation courage cordialement

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