Loïse M. 15/01/2026

Mes frères ont déménagé, le vide a pris leur place

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Cette année, Marius et Alexis ont quitté la maison. S'il y a pour Loïse des avantages à sa nouvelle situation de fille unique, elle constate que malgré tout, la présence de ses frères lui manque.

Le matin, il n’y a personne. Une fois rentrée du collège, personne non plus.

Sauf quand mon père télétravaille. Je le sais, parce que quand il est là, on entend RTL super fort dans toute la maison. Ou parce que la porte du bureau est fermée.

Quand je suis seule et que je me prépare pour aller au collège, je mets de la musique. Avant, je n’avais pas besoin de le faire, mes frères s’en occupaient. C’était tellement fort que toute la maison entendait.

Mes deux frères de 18 et 21 ans sont partis cette année de la maison. Le plus grand, Alexis, est parti vivre chez sa copine à Chartres. L’autre, Marius, à Angers pour ses études supérieures. Avant, quand mon frère passait devant le collège avec sa trottinette électrique, il me laissait rentrer avec lui dessus. Maintenant, je dois rentrer à pied car ma mère ne veut pas que je l’utilise seule.

Je ne suis pratiquement jamais avec mes parents, parce que dès que je suis avec eux, ils m’embrouillent pour les notes et le sport. C’est plus simple quand Alexis et Marius sont là, parce qu’ils me défendent. On se soutient face aux parents.

Le silence complet

Pour être tranquille, je vais dans ma chambre. Maintenant que mes frères sont partis, j’ai tout l’étage pour moi et ça, c’est cool : je peux faire de la gym partout, personne ne me dira rien. Et puis, je peux leur voler leurs vêtements. Ils sont beaucoup plus stylés que les miens, parce que moi je dois les acheter avec ma mère et elle n’a pas très bon goût. Maintenant, j’ai trois garde-robes.

Un autre gros point positif depuis qu’ils sont partis, c’est qu’au moins, il n’y a plus le foot à la télé H24.

Malgré ça, je préfère les week-ends où Marius rentre. Il vient me chercher à la danse et on fait un tour en voiture dans Limours, la musique à fond. Il y a beaucoup de mouvement, puis quand il repart, c’est à nouveau le vide. Le silence complet.

Le soir, ma mère ne mange pas et mon père mange tard. Alors je me retrouve seule à table, dans le silence.

Moi aussi, j’ai hâte de partir. Encore quatre ans à tenir.

Loïse, 14 ans, collégienne, Limours

Crédit Unsplash

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