Georgy M. 08/10/2021

1/2 Pour moi Trappes, c’est la base de loisirs

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« Radicalisée », « islamisée », « violente » et « dangereuse ». En janvier 2021, un enseignant du lycée La Plaine à Trappes faisait le tour des plateaux télé pour parler de la ville. Des lycéennes trappistes en dressent un tout autre portrait, celui d’une ville festive et multiculturelle.

La plupart de mon temps, je le passe avec mes amis à la base de loisirs. C’est une île qui commence à Trappes et se termine à Saint-Quentin-en-Yvelines. Elle est très grande : 600 hectares de superficie et 150 hectares d’eau. Elle ressemble à une grande forêt avec des espaces pour pique-niquer ou faire de la rosalie. C’est comme un vélo, qu’on fait à plusieurs, et il y a un volant.

Quand je vais là-bas, je vois tout le monde : des vieux entre 50 et 70 ans, des jeunes, des hommes, des femmes et même des petits enfants qui viennent faire des activités avec le centre. Se retrouver avec autant de monde au même endroit, c’est trop bien. On peut faire plein d’activités ensemble et apprendre de nouvelles choses.

On se pose souvent aux balançoires pour parler de notre avenir, de nos projets ensemble ou même de l’époque où on était petits. On aimerait tous pratiquer les métiers de nos rêves (pour ma part c’est infirmière), rester toujours potes quand on va grandir et faire de grands voyages entre nous.

Un lieu pour être autonome, sans nos parents, sans limites

Parfois, avec mon groupe d’amis, on se fait des pique-niques et des barbecues. On fait même une marche d’une heure du début de la base jusqu’à la fin donc jusqu’à Saint-Quentin pour ensuite revenir à Trappes, juste pour le plaisir et pour papoter. La base de loisirs, c’est un lieu où on peut être autonome, sans nos parents et faire ce qu’on veut sans limites.

Réalisé par L’écho Des Banlieues, le documentaire Mon Trappes à moi laisse la parole à ses habitant·e·s. Loin des discours surplombants et caricaturaux sur leur ville. Voici l’épisode 1 :

Je suis même devenue animatrice. Je surveillais des petits entre 2 et 11 ans. C’était super bien, ils se sont amusés tout comme moi, on a fait des jeux en plein air et des jeux ludiques et, à la fin, on a partagé un goûter ensemble. Par contre, je ne suis pas une vraie animatrice. C’est l’Église de Trappes qui nous propose de faire des activités avec les enfants du pavillon bleu (un centre d’hébergement où il y a des familles qui n’ont pas les moyens pour se payer un domicile). C’est du bénévolat qu’ils proposent surtout à des jeunes entre 14 et 18 ans.

La mairie de Trappes investit pour nous

J’ai des amis qui vivent en dehors de la ville et viennent ici juste pour la base de loisirs, car eux n’en ont pas. C’est une chance d’avoir tout ça, c’est grâce à ça que je peux avoir de la liberté et des moments précieux avec mes potes. Ça nous aide aussi à découvrir de nouveaux sports et à rencontrer de nouvelles personnes.

Les gens ne voient que les mauvais côtés de cette ville, alors qu’il y a plein de bonnes choses. La mairie investit pour nous avec des sorties, des jeux, des voyages pour réviser le bac et le brevet. Tout ça, ils le font pour nous faire grandir, sortir de chez nous, apprendre de nouvelles choses et ne pas trop rester dans nos quartiers respectifs. Les habitants aussi sont investis et proposent des activités, comme la fête des voisins. Et la grande fête de Trappes réunit tous les habitants et se conclut chaque année par un magnifique feu d’artifice.

Je remercie la ville d’avoir mis en place toutes ces activités parce qu’elle pense aux jeunes et à notre futur. Qui sait, peut-être quand on sera grand on pourra raconter à nos enfants tous les moments qu’on a passés là-bas.

 

Georgy, 15 ans, lycéenne, Trappes

Crédit photo Unsplash // CC Gading Ihsan

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