Thomas A. 26/05/2021

Même avec 80 centimes, je parie en ligne

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Thomas s'est vite pris au challenge des paris sportifs. Mais c'est frustrant : il a peu à miser et il y a beaucoup à gagner.

Le jour où j’ai vu mon frère gagner 70 euros en pariant sur un match de foot, ça m’a donné envie de m’y mettre. Faut dire, je n’avais rien d’autre à faire que des paris sportifs pendant le deuxième confinement, et je trouvais ça cool de faire de l’argent facile.

Avec une mise à 20 euros, j’ai téléchargé Unibet, pour tester. La première fois que j’ai parié, je me rappelle très bien, j’avais fait un combiné de six matchs. J’ai eu de la chance, j’ai gagné. Avec une mise de 5 euros, j’ai reçu cinq fois la cote. Pour mon premier pari ! Forcément, ça rend vite accro !

Avec du recul, je trouve que c’est une application de vicieux. Ils t’offrent de l’argent, des freebets, soit environ 20 euros, donc tu te dis : « C’est bon, c’est pas du vrai argent, tu peux miser beaucoup. » Mais au final tu perds ton pari, et comme tu n’as plus de freebets, tu crédites ton compte avec du vrai argent. C’est ce qui m’est arrivé, au bout du deuxième jour.

Plus tu dépenses, plus tu perds

Parfois, tu vas gagner beaucoup : 80 euros ! Je n’ai jamais passé la barre des 100 encore. J’ai un groupe d’amis sur Snap et, tous les soirs, je suis sûr de voir des captures d’écran de leurs tickets avec des mises de 100 euros, avec plus de 1 000 euros de gains. Donc j’essaie aussi. Mais ils vont gagner pendant deux jours d’affilée et au troisième, je me décide à suivre leurs paris et, bizarrement, ils vont perdre. Morale de l’histoire : plus tu vas vouloir dépenser, plus tu vas perdre !

Ma technique, c’est de tout « coffrer » : mettre sur mon compte bancaire, garder ma mise de base, donc environ 10 euros. Enfin, ça dépend si j’ai gagné beaucoup ou pas pendant la semaine. Je m’aide aussi de pronostiqueurs sur Snap, mais je ne suis pas accro au point de payer leurs abonnements VIP qui permet d’avoir des paris plus sûrs.

Face à une certaine crise des PMU, les paris sportifs prennent le dessus et s’implantent dans les quartiers populaires. Un phénomène qui inquiète, car les bookmakers ciblent principalement des jeunes hommes aux revenus modestes.

Parfois, je me dis que c’est un investissement. Si je gagne mes paris avec leurs VIP, je peux le rembourser tranquillement mais je reste sceptique. Il y a toujours un risque de perdre, même avec un abonnement qui va de 20 à 40 euros mensuel… Le prix varie en fonction de la renommée du pronostiqueur.

La veille du tirage, je me fais des films

Maintenant, j’y suis tous les jours, c’est devenu mon passe-temps favori. J’ai pour habitude de parier sur du foot, idéalement pendant la Ligue des champions car les cotes augmentent. Et parfois du tennis.

En ce moment, j’essaie de me mettre au basket. Il y a un pari combiné qui m’a marqué : il me restait 80 centimes sur mon compte Unibet et j’ai décidé de faire un combiné à neuf matchs avec une cote totale de 13,77. Je me faisais donc environ 12 euros. Tous mes matchs sont passés, sauf un : les Lakers, une équipe de basket vraiment forte. J’étais censé me refaire mais le destin en a décidé autrement.

Sinon, je joue aussi à l’EuroMillions quand il y a un gros gain à la clé. 50 millions, ce n’est pas assez. 100 millions, ça commence à être pas mal. La veille du tirage, je me fais des films à me dire : « Wahou, mais qu’est-ce que je vais faire de tout cet argent ? » Quand le tirage passe, je ressens de la colère envers le gagnant. Je me dis : « Pourquoi cette personne et pas moi ? C’est injuste, je le dépenserais sûrement mieux qu’elle. »

Cette passion pour les jeux d’argent peut impacter nos économies mais aussi nos relations. Rachel, était devenue un simple distributeur d’argent pour son père accroc.

J’ai conscience des risques que je prends, surtout à mon âge. Je n’ai pas de salaire et je joue de l’argent que je ne suis pas sûr de revoir mais bon, le gain est trop tentant. Imaginez : vous mettez un euro et vous pouvez en gagner 100.

Pour l’instant, je n’ai pas testé les tickets à gratter, les paris hippiques, le poker ou autres jeux de cartes. Je ne pense pas être dépendant au jeu, j’aime juste le challenge !

 

Thomas, 18 ans, lycéen, Brunoy

Crédit photo © La ZEP

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