Rachel C. 22/07/2021

Rencontrer mon amoureuse de TikTok ? Il faut déjà convaincre ma mère !

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Rachel est amoureuse d’une fille… rencontrée sur TikTok. Elle n’ose pas en parler à sa mère, par crainte du jugement sur son orientation sexuelle et les rencontres virtuelles.

Nous habitons à plus de six heures de route l’une de l’autre. Malgré que l’on ne se soit jamais vues en présentiel, le manque est bien présent. On se le dit souvent sur TikTok.

Pour se voir, il faudrait l’accord de nos parents et trouver un moyen de se déplacer. Une fois, nous avons fait un « plan » de comment venir au cas où nos parents seraient d’accord. Mais avant de leur demander, il faut déjà leur parler de notre relation.

Plus que de l’amitié

J’avais posté un commentaire sur TikTok. Une fille m’a répondu d’une manière assez humoristique, ce qui a attiré ma curiosité.

Nous avons parlé en privé de tout et de rien. Petit à petit, nous avons eu des « délires » communs, comme vouloir partir faire un tour du monde à l’improviste avec un van bleu… Grâce à nos petites rigolades, nous nous sommes découvertes et nous nous sommes attachées. Nous sommes devenues amies.

On se parlait tous les jours, comme si on se connaissait dans la vie en dehors des écrans. Par messages sur d’autres réseaux, par photos et par vocaux aussi. Je me suis rendue compte que, si on ne devait plus se parler, je serais vraiment triste, comme lorsqu’on perd un ami dans la vie hors écran. De fil en aiguille, on a ressenti toutes les deux plus que de l’amitié.

Je me disais que c’était impossible donc je n’ai rien voulu dire. Mais elle m’en a parlé et je me suis dit que si c’était réciproque, pourquoi s’empêcher ? On est des « bonhommes », rien ne nous empêchera de vivre !

Elle penserait que c’est un hacker de 50 ans

Par contre, j’ai peur de la réaction de ma mère si je lui dis que je parle beaucoup à une personne que je n’ai jamais rencontrée. D’autant plus si c’est une fille. Elle penserait que c’est un hacker de 50 ans qui veut me kidnapper. Moi, je sais que ce n’est pas le cas, mais je ne sais pas si je pourrais la convaincre.

Maïa est musulmane et bisexuelle. Impossible pour elle de parler de son orientation sexuelle à sa famille. Alors c’est sur internet qu’elle se livre.

Habituellement, je parle de tout à ma mère. La première fois que je suis tombée amoureuse d’une fille, je lui avais dit dès que j’étais sûre de moi, mais elle me paraissait froide. Peut-être parce qu’elle ne s’attendait pas à ça ? Ça m’a quand même gênée qu’elle réagisse de cette manière.

Je pense que lui parler de ça serait encore plus « choquant » pour elle. Cette personne, je ne l’ai jamais vue en chair et en os.

 

Rachel, 14 ans, collégienne, Bonnelles

Crédit photo Unsplash // CC Sharon McCutcheon

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1 réaction

  1. Ce texte est révélateur de la nouvelle génération. Nous avons de plus en plus à faire à ce genre de situation. “tomber amoureux” sur internet. Beaucoup de personne pense que ceci est impossible, et ne comprenne pas ces personnes. Surtout que ce cas d’exemple montre une relation lgbtqia+. Une communauté qui se bat pour être vue normalement et pas comme des personnes appart de la société.
    À mon avis si cette relation est basée sur des bases saines et sincère, la mère de cette adolescente devrait comprendre la situation dont sa fille se trouve. Et normalisé ce cas de pouvoir avoir des sentiments pour une personne du même sexe rencontrée non dans la “vrai vie” mais sur internet.

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