ZEP 08/04/2022

Présidentielle : complètement déconnecté·e·s ?

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J-1 avant l'élection présidentielle 2022. Retour, avec des étudiant·e·s de Nanterre, sur une campagne un peu particulière, entre guerre en Ukraine et vidéos TikTok.

À la veille du premier tour de l’élection présidentielle, la ZEP revient sur cette campagne 2022 un peu particulière, presque inexistante. Une campagne électorale de laquelle les jeunes et leurs préoccupations ont été encore plus absent·e·s que d’habitude. Une campagne invisibilisée par l’onde de choc d’une guerre qui a éclaté en Ukraine, et par le Covid qui continue de faire des ravages.

Alors que le spectre d’une abstention massive, notamment chez les 18-30 ans, plane sur ce premier tour, la ZEP donne la parole à des étudiant·e·s de l’Université Paris-Nanterre. Ils et elles ont accepté de nous raconter le rapport et les relations qu’ils et elles entretiennent avec la politique, entre engouement, désintérêt, et vidéos TikTok des candidat·e·s, seul réseau social jusque-là épargné.

Moi, j’en peux plus de voir leurs gueules sur TikTok !

Léonie, Marguerite, Jordane, Anaïs et Marion s’apprêtent à voter pour la deuxième fois à une élection présidentielle. Mais quand elles vont sur TikTok, c’est pour se détendre… Pas pour voir les candidat·e·s parler de leurs programmes ou tenter de faire de l’humour !

« Ce qui me saoule, c’est les politiques sur TikTok […]. Je trouve ça ridicule. Je veux pas faire la meuf qui défend la jeunesse, mais ils ont pas les codes TikTok, ils ont pas leur place ici. Si ces gens doivent diriger un jour la France, tu peux pas faire des petites danses au Salon de l’Agriculture et après aller parler à Poutine… »

« Moi, je vais sur TikTok justement car j’en ai marre d’entendre parler d’eux sur Insta, Youtube, et sur les chaînes d’info… On entend parler que de ça. Je vais sur TikTok pour voir des chats trop mignons ou qui se battent, c’est tout. Ce serait bien que TikTok, ça reste un endroit où on se détend. »

« C’est n’importe quoi ! Ils font les clowns devant leurs téléphones, ça les décrédibilise de ouf. On n’apprend rien sur leurs programmes. »

J’ai développé une sorte d’obsession pour l’affaire Fillon

Floriane, Noé, Jules, Anatole et Léonard participent aussi à leur deuxième élection présidentielle. De leurs souvenirs d’enfance à leur première fois face aux urnes, ils et elles racontent les moments marquants de leurs (jeunes) vies de citoyen·e·s.

 « Le 6 mai 2007, j’ai 8 ans. Je me souviens de mes deux grands-pères se faisant une accolade au moment des résultats […]. J’ai compris, à ce moment-là, l’emballement de tout un peuple. C’est un rendez-vous démocratique. »

« En 2017, j’ai 20 ans, il faut que je vote. Pour moi, c’est une sorte de devoir moral et citoyen, donc je le fais. Mais de manière assez dépassionnée […]. L’affaire Fillon éclate. Et, pour moi, c’est un peu comme un cataclysme, puisque c’est quelque chose qui vient faire dérailler une campagne assez attendue, qui avait commencé tôt […]. Quelque chose qu’on a pas vraiment vu arriver. Je me sentais connectée aux autres, par cette condition commune qu’on avait de s’être faits entubés. »

Toutes nos créations sont disponibles sur notre site et sur les plateformes de podcast : Spotify, Apple podcast, Deezer, SoundCloud, Acast et Youtube.

« En 2017, j’avais 20 ans. J’ai voté Emmanuel Macron, qui à l’époque me semblait être le candidat jeune, le candidat des jeunes, et qui représentait un nouvel espoir politique, lui qui n’appartenait pas à l’un des partis. Cinq ans après, on a un peu la gueule de bois. »

Floriane, Noé, Jules, Anatole, Léonard, Léonie, Marguerite, Jordane, Anaïs et Marion, entre 23 et 25 ans, étudiant·e·s, Nanterre

Illustration © Merieme Mesfioui (@durga.maya) // Musique Kiala Ogawa

Journaliste : Elliot Clarke

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