Naël M. 12/07/2021

La chicha, une affaire de famille et d’amitiés

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Son père tient un bar à chicha, mais c’est avec ses potes que Naël fait tourner le tuyau. C’est leur moment de sociabilité, hiver comme été.

Il y a plusieurs sortes de tabac qui m’envoient dans un mood superbe, surtout si tu prends goût Love 66 ! J’ai commencé à fumer la chicha car je trouve ça kiffant ! Pour moi, c’est mieux que la cigarette, car on crapote la chiche. Alors que la cigarette, on doit aspirer la fumée et il n’y a pas tous ces goûts. Mon goût préféré c’est mangue, mais j’en ai goûté plein : poire givrée, prince William, Hawaï…

J’ai découvert grâce à mon père, qui a un bar à chicha. Ma mère gère les papiers du bar et s’occupe de la comptabilité. Toute la famille participe ! Par respect, j’évite de la fumer à côté de lui. Sinon, je me fais démarrer direct !

Quand j’étais petit, je trouvais mon père cool, mais trop sérieux aussi. J’attendais qu’il parte pour tirer des barres sur la chicha goût double pomme ! Ça ressemble à du réglisse, c’était dégueulasse. Il n’y a que les darons qui kiffent ce goût ! Tu peux aussi mettre de l’eau, ou de la vodka pour ceux qui veulent se défoncer (mais ça, j’ai jamais essayé), et c’est parti !

La série « Tu préfères » sur Arte raconte la vie d’un groupe de jeunes du quartier Place des Fêtes. Dans l’épisode 4, ils et elles se retrouvent à la chicha et entament discussions et débats.


En Turquie, d’où ma famille est originaire, on en trouve partout. Le problème c’est la qualité. Une fois, j’étais dans un bar-restaurant et j’en ai demandé une. Le mec m’a mis un charbon de barbecue sur la tête de la chicha, j’étais choqué à mort !!

Fumer entre potes

Je fume surtout avec mes potes. C’est comme aller au café. Il y a le petit Eren, il a 14 ans, il tire des grosses barres, je me demande comment il fait ! Mes potes ? C’est trop des radins, ils la passent jamais ! Quand on fait une chicha, c’est un peu le combat du tuyau, c’est rude ! On en a qu’un pour cinq personnes, donc faut faire tourner !

La plupart du temps, je fume dans des parcs avec mes potes parce que dans un bar, c’est cher : dix euros minimum. Dans la rue, avec dix euros, on en a cinq. On fume dehors même en hiver. C’est toujours moi qui amène la chicha parce que mes potes, c’est des radins. Mais ils paient leurs pizzas ! On dirait, les chichas c’est leur vie.

On fume souvent le soir, entre 22 heures et minuit, donc ça va on est tranquille, personne ne passe ou nous regarde mal. Une fois, on est même allés sous la tour Eiffel.

Anaïs a envie de fumer des cigarettes électroniques comme ses amies. Pour renvoyer, comme elles, « beauté, classe, indépendance et rébellion ».

J’ai six chichas en tout. Je les utilise toutes et je regarde souvent les nouveaux modèles sur Insta. Je les garde toutes précieusement. Comme ça, en cas d’extrême urgence, j’ai des stocks ! Je fume tous les jours : je suis un peu un crevard, j’aime bien l’avoir pour moi tout seul aussi !

 

Naël, 19 ans, volontaire en service civique, Stains

Crédit photo © Arte // Tu préfères

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