Gérald G. 18/07/2021

Accro au porno depuis mes 13 ans

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Gérald passe beaucoup de temps sur des sites porno. Il est conscient que ça ne reflète pas la réalité… mais ne peut pas s’en passer.

La plus longue période que j’ai passée sans consommer de porno, c’était durant un challenge populaire sur les réseaux : le No Nut November. Le but était d’éviter de se masturber pendant le mois de novembre : j’ai réussi à tenir deux semaines.

En quatrième, un ami m’a montré un site pornographique avec des mangas. Au début, ça m’a choqué, car c’était la première fois que j’en consommais. Mon ami m’a persuadé de regarder du « hentai », du porno sous forme d’animés. Ensuite, je suis parti sur mon navigateur : j’ai tapé « pornographie » et Google m’a suggéré des liens. Alors j’ai commencé à en consommer avec des personnes réelles.

 Je suis incapable de m’en passer

Je suis conscient que je suis accro. Ça va bientôt faire deux ans que je consomme tout type de pornographie dans la légalité. J’ai découvert mon addiction lorsque je me suis fait opérer d’une ectopie testiculaire. C’est une opération qui consiste à faire descendre une testicule dans la bourse. Dès que je suis sorti de l’hôpital et que j’ai pu avoir de l’intimité, je suis allé sur des sites pornographiques, même si ça me faisait mal.

Aujourd’hui, j’en parle, j’en rigole avec mes amis, mais je suis incapable de m’en passer. J’ai pris conscience que ma consommation était importante quand j’ai discuté avec mes copains du nombre de fois par jour. En même temps, ça n’a pas bouleversé ma vie quotidienne et ça ne me dérange pas tant que ça.

Comme si c’était un autre film…

Je sais que la pornographie est différente de la vraie vie. Un intervenant de mon ancien collège nous l’a expliqué car je ne suis pas le seul jeune à en consommer. Il nous a bien expliqué qu’elle montre une domination de l’homme. Ce sont des acteurs qui jouent des rôles avec des scénarios.

Comme toute addiction, arrêter du jour au lendemain est un sevrage compliqué. Laurent a tenté le NoFap Challenge pour voir combien de temps il pouvait rester « clean » de la masturbation et du porno.

Pourtant, je ne pense pas que la pornographie ait changé ma vision sur les relations hommes–femmes. Dans la vie réelle, j’imagine que c’est moins brutal, qu’il y a du respect entre les hommes et les femmes. Je ne pense pas que ce soit un fléau pour notre génération. J’ai même vu des films qui essayaient de faire passer un message sur le respect des femmes et qui prévenaient sur les façons de se protéger.

Je regarde comme si c’était un autre film. J’arrive à savoir que la pornographie est une fiction, même si je n’ai aucune expérience.

 

Gérald, 15 ans, collégien, Bonnelles

Crédit photo Unsplash // CC Jasmin Sessler

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