Fanta T. 22/10/2021

Le voile, c’est ma couronne

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Musulmane pratiquante, Fanta ne portait pas le voile, par peur des réactions. Un jour, elle a osé. Et ce fut le plus beau jour de sa vie.

Un jour, comme ça… j’ai mis un jileb et je suis sortie avec !!! Il y avait tellement de regards sur moi, je ne comprenais pas. Limite, je culpabilisais, alors que c’était un choix que j’avais fait !

Musulmane pratiquante, me voilà ENFIN voilée ! Ça faisait longtemps que j’y réfléchissais, et j’ai fini par prendre ma décision pendant le confinement. Avant, je pensais à ce que les gens de mon entourage allaient dire de moi, j’avais beaucoup de questions. Puis, je me suis rappelée que je me fichais complètement de l’avis des autres.

Chez moi pendant six mois, rester enfermée à la maison à ne rien faire m’a beaucoup rapprochée de ma religion. Alors que quand il y avait cours, je n’avais pas trop le temps de me consacrer à la vie spirituelle. Des fois, quand je rentrais, j’étais super fatiguée, je devais rattraper mes prières, parfois même j’avais l’impression de prier juste comme ça, sans être concentrée sur ce que je faisais.

Al hamdoulillah x 1000

J’ai donc enfin décidé de le mettre, et pour toujours. C’était après le ramadan. Le plus beau jour de ma vie ! Al hamdoulillah x 1 000. Je viens d’une famille musulmane et pratiquante, mais le port du voile, mon père n’a jamais été d’accord. Avec tout ce qui se passe en France, toutes les polémiques qu’il y a sur le voile, les voilées, l’islam, que nous sommes radicalisées, soumises… Franchement, il a grave peur que je me fasse agresser. Je comprends mais, pour moi, il est censé m’encourager et être heureux.

Pour donner la parole aux personnes directement concernées par l’islam et le port du voile, StreetPress a réalisé une série de reportages intitulée « La vraie vie des musulmans ». Parmi les témoignages recueillis, celui d’Anlya, l’une des seules blogueuses mode voilées de France.

Parfois, avant de sortir de la maison, quand il me voit, il me dit : « Faut enlever ce machin sur ta tête, tu peux très bien pratiquer ta religion sans pour autant la montrer à tout le monde. » En vrai de vrai, je m’en fous ! Il me parle, ça rentre par l’oreille droite et ça ressort par l’oreille gauche… Mon voile, c’est une couronne pour moi ! C’est ma force !

En revanche, j’ai perdu énormément d’amies. À partir du moment où tu te voiles, tu fais un choix dans ta vie qui est la droiture. Et, avoir un entourage qui aime faire la fête – aller à la chicha, faire des soirées appart’, ça ne colle plus. Avant, moi aussi j’étais « fête, fête, dans ma tête », je parlais avec beaucoup de garçons… Puis, j’ai décidé de me ranger dans le droit chemin. J’ai préféré mettre un terme avec certains et certaines car les fréquentations, ça joue beaucoup sur l’apprentissage de la religion.

Même avec mon voile, ça me siffle comme si j’étais un oiseau !

Il y en a qui me regardent avec respect et d’autres qui sont choqués par mon « changement ». Il y en a qui sont contents, et d’autres qui se posent des questions du genre : « Mais pourquoi elle a mis ça ? Elle était trop belle avant ! Ça gâche toute sa beauté… » ; « Ils sont passés où tes magnifiques cheveux ? Pourquoi tu les caches ? » Je suis vraiment abasourdie par ce genre de propos !

Dans la rue, il y a des hommes respectueux qui te regardent avec respect, et d’autres qui te dévorent du regard en mode drague. Je ne comprends pas ! Le voile est censé les éloigner de nous, mais au contraire, la drague, c’est pire qu’avant ! Ça me siffle comme si j’étais un oiseau !

Fatima porte le voile, mais a été obligée de l’enlever pour trouver un travail. Elle regrette, aujourd’hui, d’avoir cédé à la pression.

Une femme voilée de dos, foulard bleu ciel, une main baguée posée sur la nuque.

 

Sur les plateaux, on voit toujours des hommes blancs ! Non musulmans ! Tout le temps en train de parler du voile et de l’islam ! Ils invitent des troubadours qui ne maîtrisent rien, juste pour dire des bêtises sur l’islam ! Pourquoi ne pas inviter les femmes voilées, les personnes concernées, pour débattre ?

 

Fanta, 18 ans, lycéenne, Aubervilliers

Crédit photo Unsplash // CC Nasik Lababan

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