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Avec des parents et des grands-parents agriculteurs, Ludivine a grandi entre le travail à la ferme et les fins de mois parfois difficiles. Elle n'y travaillera pas, malgré son attachement à ce mode de vie.

Avoir des parents agriculteurs, c’est avoir des parents qui travaillent sept jours sur sept, qui se soucient H24 de savoir si leurs animaux vont bien, si les fins de mois ne seront pas trop compliquées. Depuis toute petite, j’ai appris à savoir ce qu’était le coût d’exploitation, à apprendre à faire la traite, à conduire un tracteur. Mais j’ai vu aussi mes parents rentrer tard le soir parce que il y a eu un vêlage qui s’était mal passé ou une vache qui était malade.

Le métier d’agriculteur, c’est plus qu’une passion c’est un métier qui se transmet de génération en génération. Mon père était la quatrième génération à avoir repris, et mon frère reprend d’ici l’année prochaine l’exploitation familiale.

Même pour mon grand-père, c’est une fierté, parce que c’est  la cinquième génération qui reprend la ferme et il sait qu’il pourra partir tranquille, que la ferme sera reprise, et qu’elle sera entre de bonnes mains.

« Pas ce mois-ci, mais le mois prochain »

Le milieu de l’agriculture fait partie de moi, mais je n’ai pas envie d’avoir cette vie, parce que c’est un métier qui est très dur. Qui est très beau aussi, mais qui est très, très dur. Mes parents avaient souvent des problèmes avec la banque. Ma mère me disait : « Pas ce mois-ci, mais le mois prochain. » C’est un métier très compliqué et où il y a un taux de suicide très haut. Et moi, j’ai décidé de ne pas travailler dans ce milieu.

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Cinq jeunes posent devant notre caméra, notre logo incrusté à leurs pieds.

Je travaillerai plus dans le milieu du social. J’ai décidé d’aller à Brest pour faire mes études parce que je voulais partir de là où j’étais. Je voulais voir autre chose que ma ville. J’avais envie de vivre ma vie et de ne pas vivre pour l’agriculture, de ne plus être dans ce milieu tout le temps. C’était un moyen de m’émanciper un peu aussi de tout ça.

Je garde toujours cette attache à la ferme, parce que c’est un endroit où j’ai toujours vécu, où j’ai grandi et que, pour moi, c’est une fierté d’avoir des parents agriculteurs et d’avoir grandi dans ce milieu.

Ludivine, 22 ans, étudiante, Brest

Musique : Kiala Ogawa

Réalisation : Elliot Clarke / © ZEP

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