Amar B. 07/05/2026

Le bonheur des courses à Casa

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Pendant les vacances, Amar se rend à Casa chez sa grand-mère. Il y retrouve toute sa famille, mais le moment qu'il préfère, c'est celui où il déambule seul dans les rues de la ville pour aller faire les courses.

Pendant les vacances d’été à Casablanca chez ma grand-mère Mima, on prépare le repas pendant une demi-journée. Mon rôle, c’est d’aller faire des petites courses pour acheter des boissons, des ingrédients ou parfois un dessert.

J’aime bien en profiter pour me balader dans Casa seul, la tête remplie de rêves. Marcher entre les Twin Towers, passer sur les grands boulevards, regarder les gens courir un peu partout, prendre des photos des passants…

Dans le quartier Racine, on retrouve une certaine fraîcheur, il y a une atmosphère particulière : celle des grandes vacances. Je sais que dans quelques semaines, je serai certainement en France, alors j’en profite. Je m’y sens bien, je suis content d’aller faire les courses.

C’est un peu un moment rêveur où je suis seul.

Ça fait quelques années que je peux sortir faire des petites courses, mais ça ne fait pas très longtemps que j’ai le droit de me balader dans les petites rues et le grand boulevard.

Pas besoin de prendre les transports : je sors de chez moi, y a un boulevard. Je peux me déplacer librement. Alors que chez mes parents en France, on a vite fait le tour : c’est une petite ville avec juste une entrée et une sortie.

Je reste dans les arrondissements proches. À l’Ouest, je passe par une rue animée, pas très large, avec beaucoup de primeurs, d’épiceries, de boulangeries. Y a une grande esplanade avec des fontaines qui mènent dans un autre arrondissement. La partie Est est plus ombrée. Elle mène vers un vieux marché et le grand boulevard.

À Casa, la vibe est particulière

Certains commerçants me reconnaissent. Ils rigolent, ils me demandent comment ça va, des trucs basiques.

Dans les épiceries Hanout, on retrouve tout et n’importe quoi. On peut acheter à 23h la gaufrette emblématique des MRE (marocains résidant à l’étranger) : le fameux Tonik, accompagné de sa boisson à la grenadine. Il a la forme d’un yaourt mais se boit par-dessous quand on y fait un petit trou. C’est ce type de choses que je ne retrouve pas en France.

Quand je rentre en France et que j’ai ma grand-mère au téléphone, elle me dit que quand elle va chez l’épicier, il lui demande si j’ai déménagé parce que ça fait longtemps qu’on ne m’a pas vu. Ce relationnel de proximité, je ne le retrouve qu’au Maroc. La vibe y est particulière.

Pour toucher au vrai bonheur, il me suffit de passer du Bonjour au Salam et de déambuler dans les rues de Casa pour faire des petites courses.

Dans cette ambiance particulière de vacances où autour d’un plat, ou d’un thé à la menthe avec des cornes de gazelle, on refait le monde avec ma famille.

Il est là le bonheur pour moi, chez moi à Casa.

Amar, 16 ans, lycéen, Dugny

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