Esther M. 11/01/2021

Ma mère ou mon père ? La juge et moi avons tranché

tags :

Après le divorce de ses parents, la garde alternée ne convenait pas à Esther. Résultat : rendez-vous devant la juge.

Je me souviens de la joie que j’ai ressentie quand nous avons reçu le compte-rendu du jugement des affaires familiales. Ma mère m’a tendu une lettre et j’ai ressenti une grande vague d’énergie. J’allais enfin savoir si l’enfer de ma garde alternée allait s’arrêter.

Ma maman m’a alors dit de me calmer et qu’elle allait me faire lire l’extrait où c’était marqué… Génial ! Enfin, j’allais pouvoir revivre. Je n’allais plus être chez mon père une semaine sur deux, mais seulement un week-end sur deux.

L’adolescente rebelle est en dépression

Pourquoi « l’enfer » ? À cause de Lucifer, ma belle-mère. Celle qui me rabaisse en permanence, celle qui a pour unique but de me faire sortir de sa vie, de me rabaisser auprès de mon père. Celle qui est complètement déconnectée et croit que la terre toute entière est contre elle.

Elle raconte à sa propre famille qu’elle vit un enfer quand je suis chez elle, et que je suis l’adolescente rebelle typique. C’est sa passion. Quant à critiquer l’éducation de ma mère, elle ne s’en prive pas, ce que je ne supporte pas. Et pendant qu’elle pratique sa passion, l’adolescente rebelle est en dépression.

Pour ces multiples raisons, nous avons décidé, avec ma mère, de démarrer un jugement à l’amiable avec mon père. Sauf que pour lui tout allait bien, alors que je ne dormais pas, ne travaillais pas, ne vivais pas… Quand il venait me parler, il me faisait culpabiliser en disant qu’il allait passer ses nuits à pleurer, que j’allais l’abandonner, déménager et qu’il fallait que je sache que j’allais toujours passer avant Lucifer…

Mon père essayait de me faire culpabiliser

Après avoir essayé plusieurs fois le jugement à l’amiable, ma mère a décidé à la fin de mon année de cinquième de prendre un avocat et de passer devant le tribunal. Pendant la démarche, mon père essayait encore de me faire culpabiliser.

Au collège, je ne faisais plus rien, mes devoirs étaient faits le matin en catastrophe sur mon lit avant de partir. Je ne dormais plus, je passais mes nuits jusqu’à 2–3 heures du matin sur mon portable. J’étais aussi très rejetée au collège car je ne me comportais pas normalement là-bas. Dans la vie quotidienne, dès que je parlais, une remarque suivait.

En mars, je suis passé devant la juge, avec mon avocat rencontré le jour-même en rentrant dans le tribunal. Je suis allée dans une salle avec lui et il m’a posé des questions classiques, comme le métier de mes parents. Puis, nous avons parlé du sujet de ma présence.

C’était mon père qui m’avait accompagnée jusqu’au tribunal. C’était tendu, car il savait très bien que j’allais demander d’être avec ma mère. Après, nous avons attendu dans « une salle d’attente ». Une jeune fille de mon âge est passée juste à côté de moi avec ses parents, elle voulait faire l’inverse de moi : partir en garde alternée.

Mon tour est arrivé, mon avocat déjà dans la pièce, avec la greffière et la juge. Elles étaient très douces, j’avais l’impression de parler à ma mère. La juge m’a demandé si je voulais que ce soit uniquement mon avocat qui parle, ou moi, ou les deux. J’ai répondu les deux.

J’étais fière d’avoir réussi à parler

J’ai pris mon courage à deux mains et elle m’a posé plusieurs questions. Ensuite, elle a demandé à mon avocat s’il voulait ajouter quelque chose. Il a dit que j’avais été parfaite et qu’il n’avait rien à rajouter. La greffière m’a ensuite lu ce qu’elle avait écrit, c’était parfait. Tout ce que je voulais dire était écrit. Voilà, c’était terminé, j’étais tellement soulagée et fière d’avoir réussi à parler et à dire ce que je voulais.

Aujourd’hui, je vais beaucoup mieux, j’ai pas mal repris confiance en moi. J’ai la chance d’être très bien entourée par des amis, et par ma mère et sa famille qui me soutiennent à 100 %.

 

Esther, 16 ans, lycéenne, Paris

Partager

Commenter