Léo C. 03/04/2025

Se raconter à coups de crayon

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Plus qu'une passion, le dessin est devenu pour Léo le moyen de s'exprimer et de gérer ses émotions.

En primaire, dans la cour de récré, je dessinais assis à une table ronde. Certains passaient, s’arrêtaient pour poser des questions sur mes dessins. Quand ils en trouvaient des beaux, je leur donnais. Quelques fois, je transmettais même des techniques que j’avais apprises dans des livres.

J’ai grandi dans une famille portée sur l’art. J’ai commencé à dessiner quand j’étais petit, un peu machinalement et en regardant ma mère et mon frère peindre. Je dessinais quand je m’ennuyais. Et à chaque fois que j’avais un stylo sous la main.

Au fur et à mesure, c’est devenu une passion. Avec, je peux transmettre des émotions. Ce qui me motive le plus à dessiner, c’est la joie que je ressens à chaque fois que j’utilise mon crayon pour marquer le papier et la satisfaction après chaque illustration terminée. Il y a un avant et un après. Au début, j’appréhende, puis je me lance. Quand j’ai une idée en tête, je tente de l’appliquer. Si ça marche je suis heureux et si ça ne marche pas, ça me rend curieux et ça me pousse à tester de nouvelles choses.

L’exutoire des pensées bousculées

Il y a quatre ans, un soir, j’ai dessiné sans m’arrêter. Jusqu’à l’aube. C’était dans ma chambre. J’ai dessiné un dragon. J’avais un modèle de dragon que j’apprécie, je le trouvais compliqué parce qu’il avait beaucoup de précisions au niveau de ses écailles, mais au final, j’ai profité de chaque minute. Je me suis attardé sur chaque détail.

Je n’avais aucun repère temporel cette nuit-là. Ce sont les changements de luminosité par la fenêtre qui m’ont fait me rendre compte qu’on était le lendemain. À la fin de cette nuit, j’étais exténué mais heureux. J’étais comme en transe, comme si la passion m’avait possédé et que j’étais au-delà de mes limites.

Ma mère m’a dit que j’avais appris à dessiner avant de parler. Je ne m’en souviens que vaguement, mais ça m’a fait prendre conscience de ce que le dessin m’apporte au quotidien. Je suis tout le temps envahi par les réflexions et les émotions. C’est énergivore et désorganisé. Même si j’aime réfléchir. Quand j’ai trop d’idées, je me pose un peu et je dessine. C’est une sorte d’exutoire. Au lieu d’avoir toutes les pensées qui vont se bousculer dans ma tête, le dessin me permet d’avoir un truc à faire.

Une fois, je me suis retrouvé dans une salle remplie de monde. Je ne me sentais pas à l’aise. Quand j’ai sorti une petite feuille que j’avais dans ma poche et que j’ai dessiné, je me suis senti apaisé. Le dessin m’évite d’être dans la suranalyse de tout ce que je ressens et de tout ce à quoi je pense. De retourner doucement dans l’instant présent une fois que j’ai terminé.

Léo, 20 ans, en formation, Île-de-France 

 

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