Manon W. 22/01/2026

La violence à l’écran, c’est pas que du cinéma

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Du sang, des morts, des scènes trash... Cette violence presque banale au cinéma, Manon l'a découverte à ses dix ans. Depuis, il est difficile pour elle de commencer un film sans appréhension.

En CM2, j’ai vu Robespierre se prendre une balle dans la mâchoire puis se faire guillotiner.

Notre prof nous a montré un film atroce sur la Révolution française. On a vu Louis XVI et Marie-Antoinette se faire couper la tête, la prise de la Bastille… plein de morts, plein de sang. C’est comme si on y était.

On a aussi travaillé sur les viaducs et le prof nous a montré le film San Andreas. Après un séisme, un pont s’écroule et plein de gens se font écraser par des pierres. Les immeubles en verre se brisent et les morceaux tombent sur ceux d’en-dessous. Certains meurent tout de suite, d’autres plus tard, car ils sont blessés. On voit des gens grimper en haut des tours pour attendre les secours, mais lorsqu’elles s’effondrent, ils s’écrasent.

On voit bien le sang, c’est horrible.

S’habituer à la violence

L’année dernière, pour la première fois, j’ai vu un film d’horreur avec deux amies : Conjuring. L’une d’elles n’avait pas du tout peur, elle en regardait déjà avec sa mère, mais moi j’appréhendais. C’était en pleine nuit, il devait être 3 heures du matin. J’avais mon casque avec de la musique dans les oreilles, et je fermais les yeux au cas où. Mais finalement, il n’y a aucun mort dans le film, sauf le chien de la famille.

En fait, je suis surtout sensible quand il y a des morts et du sang.

Je m’habitue en regardant des films tous les vendredi soir avec mes parents et mon petit frère qui, lui, n’a pas vu La Révolution française et supporte mieux la violence. Parfois, je ferme encore les yeux, mais je le fais de moins en moins. Star Wars, Le Seigneur des anneaux, Matrix, Men in Black, Fast and Furious… j’ai l’impression qu’il y a moins de sang dans ces films-là. Ça ne gicle pas partout.

Le soir, quand je suis seule et qu’il n’y a pas beaucoup de lumière, je repense encore à la guillotine et aux scènes de la Révolution. J’en fais des cauchemars. Ça fait quatre ans et demi mais, quand je me réveille, c’est comme si je les avais vues hier.

C’est vraiment horrible.

Manon, 14 ans, collégienne, Essonne

Crédit Unsplash

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