Mon plaisir coupable
Mon téléphone est à la fois un ami et un ennemi.
Je l’utilise pour beaucoup de choses. Lorsque je veux me détendre, j’écoute de la musique et je me sens bien. Lorsque je veux communiquer, je discute sur WhatsApp.
Mais c’est lorsque je veux me distraire que les choses se compliquent : lorsque je vais sur Instagram, Netflix ou sur un jeu vidéo, je peux y passer beaucoup de temps. Et quand je dis « beaucoup de temps », je veux dire : entre deux et trois heures. Et lorsque j’additionne ce temps à celui que je passe sur d’autres applications, mon temps d’écran total peut atteindre six heures, et même parfois dix en une journée.
Si ce n’était que cela, et qu’à la fin je me sentais satisfait, ça irait. Mais non. Et c’est là qu’arrive le vrai problème : lorsque je m’arrête, je me sens sale, honteux et vide.
J’ai l’impression que toutes ces heures que j’ai passées sur ces applications se sont envolées, et je me sens coupable.
Et pourtant, je recommence. C’est cela, un plaisir coupable. Je scrolle, je joue et je perds du temps dans un monde inexistant, fictif.
Pour moi, le fait de scroller est une drogue. Et dans une drogue, il y a des effets négatifs comme positifs. Les effets positifs, c’est l’accès à des informations en illimité : sur mon compte Instagram, j’ai des débats politiques et des faits d’actualité scientifique à l’infini. Scroller me procure des shots d’émotion instantanés, surtout lorsque je tombe sur des vidéos drôles qui me rendent joyeux, comme euphorique.
Les effets négatifs, je les ressens difficilement sur le moment, mais c’est plus tard, lorsque j’y repense, que je me rends compte que j’ai perdu mon temps, que je n’ai presque rien retenu de ce que j’ai vu et que je me sens mal.
Difficile de ne pas rechuter
Après que ma mère a confisqué mon téléphone, j’ai trouvé une solution plus ou moins efficace pour rompre l’addiction : j’ai commencé à supprimer Instagram et Snapchat, à faire des cures. Mais je finis toujours par les réinstaller et par me remettre, au fur et à mesure, à y passer trop de temps.
Toutes les semaines, je regarde mon décompte de temps d’écran.
Dès qu’une application pose problème, j’ai pris l’habitude de la supprimer pendant une semaine ou deux et de la réinstaller lorsque j’en ai vraiment besoin. Cela m’a permis de casser une routine, de me déshabituer et finalement, de diminuer mon temps d’écran par semaine.
Quand je n’ai pas en permanence la tentation de cliquer sur l’icône d’Instagram et de scroller pendant des heures, c’est bien plus facile de passer plus de temps sur d’autres choses que le portable. La tentation est moins forte.
Mais même si je ne ressens pas de manque après avoir désinstallé les applications, il est difficile de ne pas rechuter lorsque l’icône de l’application réapparaît sur mon écran d’accueil.
Kolia, 15 ans, lycéen, Paris
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