Chloé H. 03/02/2021

Écologie : je mets les petits pas dans les grands

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De ma conso à mes assos, de mes lectures engagées à la formation citoyenne, je me bats quotidiennement pour l'écologie, à mon échelle.

Je me revois, comme chaque été, travaillant pour la sécurité communale sur les plages qui ont bercé mon enfance. En tant que nageuse sauveteuse, mon rôle est d’observer, de surveiller, d’être auprès des gens. Mais cet été 2018, je prends conscience que je n’observe pas si bien que cela.

Je n’avais pas observé le nombre de macro et micro-déchets qui bordaient nos plages : les mégots de cigarettes, les emballages plastiques, les bâtonnets de sucette, les bouteilles en plastique, et j’en oublie bien d’autres.

L’électrochoc traverse mes cinq sens. La vue de ce que l’on abandonne sur nos plages, l’odeur âcre du mégot qui se décompose, l’écoute de ceux et celles qui m’entourent (« Non ne ramasse pas ça, c’est sale »… et qui dès lors repart dans la lèze de mer), le geste pourtant si simple de ramasser chaque déchet et d’observer entre mes mains sa décomposition, et puis le goût de tristesse qui m’envahit.

Comment n’ai-je pas pu voir ce qui était pourtant juste sous mes yeux ? Ça a été l’élément déclencheur et ça fait bientôt trois ans que j’ai commencé à dessiner mon nouveau monde et que je me suis engagée à le faire grandir.

La règle des 5 R…

Il était inconcevable de faire un pas en arrière : j’avais besoin de comprendre. Alors j’ai commencé à lire, à me documenter sur le pourquoi du comment nos sociétés en étaient arrivées jusqu’à ce stade. J’ai écouté, je me suis imprégnée de ces chiffres qui ne trompent pas et, à chaque phase d’apprentissage, une phase d’engagement émergeait. De la réduction de mes déchets au passage au vrac. De l’achat sans questions au choix de connaître la provenance de ce que je mangeais/achetais. De l’achat neuf à celui d’occasion. Aujourd’hui, j’incarne la règle des 5 R : refuser, réduire, réutiliser, réparer et recycler.

Dans sa série « Il est temps », Arte présente les résultats de son enquête participative sur la perception de l’écologie par les Français.es et les Allemand.e.s. Ce premier épisode fait voler en éclats le cliché de l’écolo-bobo : toutes les personnes interrogées estiment que l’urgence écologique est à son maximum.

 

Tous ces « petits » changements ne sont pas apparus en un coup de baguette magique de bonne fée. Au contraire, ils sont arrivés à des moments qui ont résonné chez moi, et à leur rythme me permettant de comprendre leur importance et de les intégrer.

Écologie : passer de ramasser seule les déchets sur la plage à m’engager dans une asso

Depuis cet été-là, je comprends le sens de s’engager « à petite échelle ». Petit dans le sens local, inclusif, à son échelle personnelle et géographique, ensemble, en réseau, en connexion, intergénérationnel, et quotidiennement. Et surtout en communauté.

Alors, je suis passée de ramasser seule les déchets sur la plage à m’engager bénévolement chez Surfrider. J’organise et participe à des nettoyages de plages, je sensibilise les vacanciers sur l’impact des déchets plastiques sur nos écosystèmes.

Je me suis aussi engagée bénévolement au sein d’une autre association, CliMates, pour comprendre les enjeux environnementaux entre jeunes. Pour sensibiliser et manifester pour une transition environnementale, sociétale, démocratique, juste et inclusive. Pour cela, l’association est découpée en projets, dans lesquels les bénévoles se sensibilisent et inventent (des jeux de simulation par exemple) sur une thématique en lien avec l’environnement : le genre, les déchets, la finance, l’énergie, les migrations, la coopération, etc. Aussi, les bénévoles publient des articles, réalisent des livres, ou partent plaider auprès d’institutions publiques nationales et internationales (les COP par exemple) lors d’évènements publics.

Je me suis ainsi formée, chez CliMates, à devenir actrice du changement que je souhaite voir.

Une année de pause pour aller voir des éco-lieux, des Amap et des artisans

Je prends le temps de repenser mon rôle et ma place dans notre société. Cette année, je fais une pause dans mes études afin d’aller à la rencontre de ceux et celles qui mettent déjà en marche ce changement (les éco-lieux, les Amap, les artisans) et d’apprendre de leurs expériences. Dans mon village côtier, j’échange avec ceux et celles qui font vivre nos petits commerces de proximité. Certains sont des amis et je vois avec eux comment leur entreprise peut, elle aussi, agir : en se fournissant localement, qualitativement et non quantitativement, en étant en adéquation avec les ressources naturelles disponibles, et ainsi voir comment il est envisageable de sortir pas à pas du business as usual.

Flexitarien, végétarien, et maintenant « détritivore ». Au fil de ses études, Nicolas a découvert l’écologie et pris le chemin de l’engagement en changeant sa façon de consommer.

J’ai recalculé mes besoins réels pour me détacher d’achats superficiels en désaccord avec la protection de notre environnement. Je me suis créée un plan budgétaire mensuel qui me permet d’observer ce dont j’ai besoin, ce qui est vital (loyer, alimentation, mobilité). Pour les autres achats, je me pose la suite de questions proposées par @sorteztoutvert de Julie Bernier. J’ai aussi compris l’importance de placer mon argent dans des coopératives financières qui le réorientent vers des projets avec une utilité sociale, écologique, humaine, locale et responsable, telle que la Nef. Mon argent n’est plus employé pour spéculer sur les marchés financiers, ou pour des projets désastreux pour l’environnement.

 

 

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Actuellement, pendant trois semaines, je réalise avec des ami.es des défis écologiques lancés par Ma Petite Planète. Notre mission : sensibiliser et faire passer à l’action un maximum de personnes dans la préservation de notre environnement !

Tous les jours, il est possible d’apprendre de nouvelles façons de réaliser de nouveaux petits pas. Alors qu’importe la grandeur du pas. Chaque centimètre compte. Car si sept milliards d’humains s’engagent, planifient leurs prochains petits pas, imaginent, agissent, co-créent, actent le changement, boycottent, s’expriment et coopèrent, alors je me dis que cette société consumériste, extractiviste et matérialiste n’offre qu’à être repensée et reconstruite.

 

Chloé, 23 ans, étudiante en césure, nomade

Crédit photo Unsplash // CC Markus Spiske

Ce témoignage a été écrit dans le cadre d’une formation de « Fertîles », un projet immersif et pédagogique pour s’engager autrement et en commun pour l’écologie. Découvrez cette « école de la coopération et de l’engagement, au service des transitions écologique, sociale et démocratique » sur leur site.

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