L’école de la seconde confiance
Pendant toute ma scolarité, j’étais très timide. Je ne parlais pas. Je ne voulais pas me faire remarquer. C’était impossible de répondre aux questions des profs, ou même d’interagir avec les autres élèves. Mes pensées allaient très vite dans ma tête, mais je n’arrivais pas à faire de choix. J’avais peur du regard des autres.
En rentrant chez moi, j’étais fatigué, épuisé par le stress.
En plus des problèmes avec les autres, j’avais un paquet de problèmes persos : mes parents se sont séparés quand j’étais en cinquième, j’ai eu des problèmes de santé qui m’ont conduit à l’hôpital plusieurs fois, et j’ai dû arrêter de voir mon père.
Et puis en première, j’ai totalement arrêté les cours. Ça m’a soulagé : je ne subissais plus de pression scolaire. Mais dans un sens, je me sentais encore plus mal : je ne voyais plus mes amis, je n’avais plus aucune interaction sociale. Je me sentais seul. Et je me demandais ce que je pouvais faire si je n’allais plus au lycée.
Entre-temps, je me suis inscrit à la Mission Locale. J’ai fait une formation d’un mois dans l’informatique. Mais rien d’autre pendant deux ans. J’ai voulu retourner en formation, je ne faisais rien. Je voulais sortir, faire des choses et construire mon avenir professionnel. Alors ma conseillère m’a fait connaître l’EPNAK.
J’ose plus montrer qui je suis
J’ai compris que l’EPNAK, c’est un établissement qui accompagne les personnes handicapées pour les aider à contribuer pour leurs insertions professionnelles. Ça m’a convaincu.
Dès la première semaine en EPNAK, je me suis senti mieux. Pas jugé. Je me suis dit que s’il y a des personnes qui étaient là comme moi, c’est qu’il y avait une raison médicale.
Au collège et au lycée, j’étais souvent le seul ou presque à être à la MDPH. À l’EPNAK, on y est toustes. Chacun a ses problèmes. Je n’ai pas besoin de connaître précisément le vécu de chacun. Je ne suis plus seul.
J’ai plus confiance en moi grâce aux ateliers. Je ne suis plus vraiment stressé par rapport au travail à faire : les travaux demandés sont pour moi moins compliqués. Quand j’étais au lycée, je pouvais rester jusqu’à très tard chez moi pour faire mes devoirs.
Le théâtre m’aide beaucoup : je fais confiance aux personnes de mon groupe, alors je tente plus de choses. Je me sens moins gêné, j’ose plus montrer qui je suis.
Je ne sais pas ce que l’EPNAK m’apportera par la suite, mais je suis sûr que le futur sera rempli de positivité. Je vois que ça m’apporte déjà des choses socialement, et ça va sûrement m’aider professionnellement.
En fait, j’ai presque peur que mon année à l’EPNAK se finisse plus tôt que prévu si je trouve une école dans le graphisme avant.
J’aimerais garder contact avec certains des élèves. Rencontrer des gens ne me fait plus peur, au contraire : ça me donne envie de découvrir un nouveau monde. Avant je n’aurais pas voulu, mais maintenant, je me sens prêt.
Théo, 18 ans, en formation, Lieusaint
Crédit Unsplash
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