Mon anxiété, un cas d’école
Depuis toute petite, je fais des crises d’angoisse.
J’en fais assez régulièrement, sans forcément savoir pourquoi elles apparaissent. Elles arrivent souvent dans des moments stressants, comme si mon corps réagissait avant même que je comprenne ce qui se passe réellement.
Quand une crise arrive, je ressens une boule au ventre, ma gorge se serre, et j’ai du mal à respirer. Les larmes viennent presque automatiquement, sans que je puisse les contrôler. C’est une sensation très envahissante. Même si ça ne dure pas toujours très longtemps, sur le moment, ça paraît interminable.
Mais le plus difficile pour moi, c’est de ne pas réussir à les gérer correctement.
Au collège, j’ai souvent dû faire face à des moqueries à répétition. Certains élèves ne comprenaient pas ce que je vivais, ils riaient, ils jugeaient mes réactions.
Les élèves me disaient tous les jours « faut arrêter de pleurer, tu n’es pas une fontaine à eau » ou « arrête de pleurer, tu n’es pas un bébé ».
À ce moment-là, je ressentais un grand vide en moi. Je ne savais plus comment faire, j’étais très triste que personne ne me comprenne et qu’on me juge comme ça. Chaque crise devenait encore plus une honte.
Même les profs ne me comprenaient pas : ils me laissaient pleurer sans me demander comment j’allais. Ils n’intervenaient pas lors des moqueries des élèves. De toute façon, il n’y avait pas de professionnel adapté dans le collège.
J’ai eu beaucoup de chance
Quand je suis arrivée au lycée, j’ai eu la chance d’avoir une prof principale qui était une ancienne infirmière. Elle me comprenait et m’aidait à gérer mes crises d’angoisse.
Elle m’accompagnait les premiers jours de stage et aménageait mes horaires pour les premières semaines. Elle me faisait faire des exercices de respiration, se montrait bienveillante et me parlait pendant les crises pour me faire penser à autre chose. Elle a même expliqué à mes amies comment réagir quand ça m’arrivait.
Plus d’un jeune sur quatre a un trouble anxieux généralisé. C’est un peu flippant qu’il y en ait autant, alors qu’on a toujours l’impression qu’on est seul à vivre ça.
Il y a tellement de handicaps invisibles, on ne sait jamais ce que les gens vivent vraiment au-delà des apparences.
J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur une prof qui m’a comprise et aidée.
Par Elisa, 21 ans, en formation, Soisy-sur-Seine
Crédit Pexels
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