Anaïs R. 18/10/2021

1/5 Mes tiktokeurs préférés ont la même vie que moi

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Des jeunes de banlieue, fiers de leurs origines, voilà les tiktokeurs que suit Anaïs. Des gens comme elle, et des modèles de réussite.

Je passe mes journées sur TikTok. Une fois que je fais le geste swipe, c’est fini. On dirait que mon téléphone me dit « reste ! », c’est comme une drogue. Le mieux, c’est de suivre les tiktokeurs, mais pas les gros qui ont des millions d’abonnés. Je préfère ceux qui me ressemblent, ceux qui ont la même vie que moi. Ils montrent leur famille, ils vont à l’école, comme moi.

Ils ont entre 45 K et 119 K abonnés chacun, ils font tout le temps des vidéos drôles et, dans la rue, les gens les reconnaissent. Je suis Naël et Momorze (@momorze) à fond parce qu’ils sont plus drôles que les autres. Mais aussi Marokino, Raf Cpl (@wasupitsraf), Sanaa ou Abdel. Ils se filment en racontant leur vie, ils font des blagues. Ces tiktokeurs, ce sont des gens normaux, ils ne se prennent pas pour des stars. Ils viennent du 93 ou du 95.

Abdel, c’est un tiktokeur connu mais « normal », il montre sa famille. Des fois, dans les vidéos, on entend son père qui lui dit : « Arrête avec tes tiktoks, range ta chambre, tu ferais mieux de travailler. »

Le jardin des Tuileries, ce spot de tiktokeurs

L’autre jour, il a posté un tiktok en chantant : « Désolé d’être jeune et d’être moi-même », en reprenant les paroles de Lydia, une chanteuse algérienne. Sur sa vidéo, il a écrit : « Ma mère : TikTouk TikTouk, arrête un peu c’est pas TikTok qui va te donner du travail ! » Cette vidéo m’a fait rire parce que ma mère aussi me dit tout le temps ça quand elle me voit faire mes vidéos.

Souvent, les tiktokeurs disent où ils vont. Genre aux Champs-Élysées ou aux Tuileries, et ils nous disent de passer les voir… Le jardin des Tuileries à Paris, c’est vraiment un spot de tiktokeurs. Pendant le confinement, on y allait avec mes potes pour les croiser. On les a vus souvent. Ils sont cools, bon délire, accessibles. Je me sens proche d’eux.

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J’ai même participé à une vidéo de Momorze, un tiktokeur qui a 119 K ! Il fait souvent des vidéos humoristiques, où il va vers les gens, au hasard en les filmant. Ça s’appelait : « Comment redonner le sourire aux gens ? » Il est venu vers moi et ma copine. Ensuite, il est reparti et ma pote m’a convaincue d’aller prendre une vidéo avec lui. J’avais peur de passer pour une fan, mais elle m’a dit : « Va parce que quand il sera avec tous ses potes les tiktokeurs, ça sera trop tard. » Bref, j’ai pris un Snap avec lui. Je lui ai envoyé notre photo et il m’a répondu avec un vocal en se marrant parce que j’avais mis un filtre de meuf.

Ils sont au lycée et vivent en banlieue, comme moi

J’avais aussi contacté Sanaa sur Snap pour lui dire : « Continue tes vidéos et ne change pas. » Elle m’a répondu avec trois cœurs. La dernière fois aussi, j’ai repost une photo de Momorze et il m’a DM [envoyé un message privé] pour répondre à ma Story. Il m’a même repost. Ça me fait plaisir de discuter avec eux. Au final, c’est un peu comme mes potes. Il y en a quand même certains qui ne répondent pas, genre Naël ou Abdel. Ils font trop les stars.

En vrai, ils ont la même vie que moi, ils sont au lycée, ils vivent en banlieue, ils sont fiers de leurs origines. Comme moi ! Être algérienne, c’est ma plus grande fierté. Ma mère vient de Béjaïa en Algérie et mon père de Tlemcen, mais ils sont nés à Creil et à Saint-Denis. Chez moi, j’ai le drapeau, les trois maillots, le short et l’écharpe de l’équipe de foot nationale. Sur mon fond d’écran, j’ai mis Mahrez [footballeur algérien] et le drapeau algérien.

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Je voudrais trop percer sur TikTok et devenir connue comme eux. Ils n’ont pas de talent particulier et sont moins célèbres que les influenceurs de la téléréalité, mais moi je voudrais leur ressembler. Surtout parce qu’ils font rire. C’est important de rire. Leur monde, ça m’intéresse de ouf. J’aimerais trop passer du statut de fan à celui de célébrité. Pour continuer à aller aux Tuileries, mais que les jeunes me courent après et pas l’inverse.

 

Anaïs, 17 ans, lycéenne, Paris

Illustration © Merieme Mesfioui (@durga.maya)

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