Posty H. 18/05/2021

2/2 Mes potes font le taff d’un sexologue

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16-17 ans, c’est l’âge moyen du premier rapport sexuel. Pourtant, l’éducation sexuelle n’a quasiment pas sa place dans les établissements scolaires. Collégien·ne·s et lycéen·ne·s doivent se débrouiller avec des conseils glanés sur internet ou auprès de leurs proches, mais surtout avec leurs questions sans réponse. Posty et Noah souhaiteraient tou·te·s les deux un·e sexologue dans leur lycée, comme dans la série Sex Education.

Je parle rarement de sexualité avec mes parents. J’arrive à en parler avec mes cousins, cousines et des amis plus âgés. Je me sens libre de parler avec eux de tout ce qui touche aux maladies, au sida, au fait d’utiliser des préservatifs, parce que ça reste entre nous. Les réponses qu’ils m’apportent sont pertinentes mais, parfois, j’ai l’impression que ça ne me suffit pas. Ils savent plus de choses que des gens de mon âge, mais ils en savent quand même moins que les adultes.

J’aurais besoin d’un cadre sérieux avec des personnes sérieuses

Il y a un mois, j’ai regardé la série Sex Education. Deux jeunes aident d’autres jeunes par rapport à leurs problèmes sexuels. Vu que tout le monde rencontre ce genre de problèmes, c’est une série que je trouve particulièrement intéressante. S’il y avait un jeune sexologue dans mon lycée, je pense que ça m’aiderait.

La série Sex Education, lancée par Netflix en 2019, aborde la sexualité des jeunes sans tabou, en trouvant l’équilibre entre humour, compassion et éducation. Otis est un adolescent très renseigné sur le sexe grâce à sa mère, sexologue. Face à l’ignorance et aux problèmes sexuels de ses camarades, il décide de s’improviser thérapeute :

Souvent, avec les gens de mon âge, on échange sur ce qu’on a fait ou ce qu’on aimerait faire, on se questionne ensemble sur notre sexualité. On peut aborder ces sujets avec humour, on se fait des blagues, c’est léger mais ça arrive qu’on se fasse des remarques blessantes, sans réfléchir. Par exemple, se moquer des goûts des uns et des autres en matière de filles. Alors que les filles que j’aime bien, ça ne regarde que moi, ils n’ont pas à juger. Mais la plupart du temps, on s’écoute les uns les autres.

Avec les adultes, on ne peut pas faire ça. Alors qu’ils peuvent nous apporter des réponses qu’entre jeunes on n’a pas. Ils ne veulent pas nous répondre : ils nous disent d’aller parler à des gens de notre âge. Je ne le prends pas mal, je pense juste que c’est plus simple pour eux de nous renvoyer vers des amis plutôt que de prendre le temps de nous expliquer les choses.

Par moment, je sens que j’aurais besoin d’un cadre sérieux avec des personnes sérieuses pour en parler. J’aimerais pouvoir leur demander si je suis trop jeune pour commencer à avoir des relations sexuelles par exemple, s’il faut que j’attende, etc.

Les intervenants, ça ne suffit pas

Au collège, des intervenants sont venus pour parler du sida et de l’éducation sexuelle. Au début de cette année, au lycée, il y a eu une visite médicale avec l’infirmier. Il m’a rappelé qu’il fallait se protéger. Mais on a besoin de parler plus profondément et plus longtemps de toutes ces questions.

À notre âge, on s’en pose beaucoup, mais on ne sait pas forcément à qui les poser. Alors on se sent seul. Mais si on avait la possibilité d’en parler, librement, avec quelqu’un de compétent et d’à peu près notre âge, par exemple à un jeune sexologue, ce serait vraiment libérateur pour beaucoup d’entre nous, filles comme garçons.

 

Posty, 16 ans, lycéen, Aulnay-sous-Bois

Crédit photo Allociné // © Sam Taylor/Netflix

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