Chris B. 23/01/2021

1/2 Dadju et Gims font rayonner ma langue, le lingala

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Jeunes aux cultures métissées, Mohamed et Chris sont fiers de retrouver leurs origines dans le rap français. Dadju ou Gims qui chantent en lingala, Booba qui montre la beauté du Sénégal dans ses clips, autant de ponts entre leurs cultures et la France.

Je regardais une courte vidéo de Beyoncé, de sa campagne pour Vogue Magazine. Et là, en musique de fond, j’entends du lingala. C’était le titre « Ngai tembe eleka ngai » de Luambo Makiadi Franco. Un choc et un plaisir, j’ai vu comment ma langue maternelle avait pris de l’ampleur dans le monde.

Un multiculturalisme, une richesse

La musique est fortement présente dans ma vie. Dommage que je n’ai pas fait carrière dans ce domaine… Je n’ai jamais eu l’occasion d’apprendre un instrument ou de participer à une chorale. En tous cas, quand je vois certains de ces artistes, chanteurs ou rappeurs, la plupart sont nés à l’étranger, en France, en Belgique ou ailleurs, mais ils gardent toujours leurs côtés africains ou congolais. Ce multiculturalisme crée une richesse pour les générations à venir. Ça me provoque un sentiment de fierté.

Et surtout de voir ma langue maternelle, le lingala, qui prend place sur la scène internationale comme en France avec des artistes comme : Maître Gims avec le titre « Na Lingui Yo » qui veut dire « Je t’aime », Dadju avec le titre « Mwasi Ya Congo », Ninho, Niska, Keblack, etc. Tous représentent cette langue au niveau international.

Des rues de Kinshasa au clip de Solange, les sapeurs congolais sont à la conquête du monde. Mariana Benenge, artiste originaire du Congo-Kinshasa, a crée la marque Tantine de Paris. À travers ses vêtements, elle fait rayonner son multiculturalisme et son amour de la sape.

 

 

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C’est important que l’Occident montre une autre facette de l’Afrique ; en dehors de la guerre, la misère, la pauvreté. L’Afrique est tellement en marge sur tout (technologie, économie, etc.) que, si elle est valorisée par la langue dans la musique, ça fait du bien aux représentations. Moi, ça me permet de ne pas perdre mes repères, de toujours avoir une pensée pour ma culture et de pouvoir la transmettre à d’autres personnes. Avoir cette représentation dans le milieu musical, ça me permet de garder mon identité congolaise, en France ou ailleurs.

Le lingala est reconnu à l’international et j’en suis fier

Je me suis intégré à la culture française, sa langue, son mode de vie, sauf que j’ai toujours ma culture à moi. Je n’adhère pas à tout dans la culture française : le rapport à la famille par exemple. Mais je mélange les deux. Je me sens à moitié français, même si je n’ai pas la nationalité.

Comme Gims, en fait ! Il n’a pas la nationalité française mais est reconnu comme artiste français. Depuis qu’il a dit ne pas avoir la nationalité française, on ne parle que de sa musique et plus du tout de ses origines, comme s’ il était un artiste français « en tout », alors que sa musique représente son mélange de cultures à lui, et celui de la musique française.

Aujourd’hui, quand les gens me demandent mes origines, ils font directement référence à la musique ou me disent quelques mots en lingala. Je vois que ma langue maternelle est reconnue et acceptée, à l’international. C’est un plaisir, une fierté. Pour moi, c’est un moyen de toujours avoir mes repères culturels mais aussi… De montrer que le Congo est un beau pays.

 

Chris, 20 ans, en formation, La Courneuve

Crédit photo Youtube – Clip vidéo / © Dadju – Mwasi ya Congo 

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