Partager sa vie… en story
Les stories, c’est des vidéos que l’on poste dans l’espoir que quelqu’un réagisse, que nos amis likent et que nos simples connaissances (à qui on ne parle plus depuis des années) se souviennent de nous, pensent un peu à nous, ou aillent même jusqu’à nous demander des nouvelles.
Pendant longtemps, je n’ai pas posté de story. Ça ne m’intéressait pas d’afficher ma vie. J’avais peu de contacts, les réseaux ne m’intéressaient pas. Parfois, je relisais des conversations datant d’un mois. Je ne postais pas, parce que j’avais l’impression de ne rien avoir à dire, à montrer. Comme si ma vie n’étais pas assez magique, pas assez excitante, trop ennuyante pour être montrée à d’autres. Je ne me sentais pas légitime de montrer quelque chose de moi.
Mais un jour, je me suis créé un deuxième compte sur Snap. Je n’y ai ajouté que mes amis proches. Parmi eux, mes deux meilleurs amis que je connais depuis la sixième, mais aussi des gens que j’ai rencontrés sur TikTok ou Snap et qui sont devenus des « amis des réseaux » (« amis virtuels », c’est une expression un peu bizarre, alors je préfère dire « amis des réseaux »).
Je fais souvent plein de Snap pour raconter ma vie à mes amis. Je trouve que ça me permet de me sentir plus proche d’eux. Le truc, c’est que je ne veux pas non plus m’imposer et déranger les autres en les noyant de messages, juste parce que je m’ennuie. Alors cet été, pour continuer à raconter ma vie sans déranger tout le monde, j’ai créé une story privée.
J’étais vraiment trop contente : j’allais pouvoir garder contact avec mes amis pendant l’été, leur raconter mes vacances, faire des hauls avec mes achats, montrer de beaux paysages… Bref, parler de moi ou de choses qui m’intéressent. J’ai ajouté seulement huit personnes : les amis qui me manquent le plus pendant les vacances et mes cousines. Pour le nom de ma story, j’ai choisi quelque chose de simple: un cœur rose.
Je leur ai parlé de de ma chambre chez mes grands-parents en Finlande, de la chaise à bascule de mon arrière-grand-mère, et des longs escaliers de la maison qui sentent plus le pain d’épice que le bois… Ces choses ont une valeur sentimentale pour moi. J’étais fière de leur montrer.
D’habitude, je ne parle pas trop à mes amis pendant les vacances. Mais là, je me suis sentie proche d’eux tout l’été.
Lilja, 15 ans, lycéenne, Paris.