Assila A. 23/11/2022

J’ai peur de me lasser de mon métier

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Assila n'est pas sûre de ce qu’elle veut faire plus tard. Dans son futur travail, elle veut être passionnée, libre et stimulée.

Le problème, c’est que je m’intéresse à tout, mais que je me lasse vite.

En 2019, il fallait impérativement que je rentre mes vœux sur Parcoursup. Je me suis donc dirigée vers un BTS Tourisme. J’ai fini par l’obtenir, mais j’ai commencé à tout remettre en question. C’était bien, mais ça ne me correspondait pas. Les débouchés ne me plaisaient pas.

J’ai donc décidé de faire une pause, une année sabbatique afin de prendre mon temps pour réfléchir. Durant cette année, je me suis dirigée vers un service civique. Je suis donc ambassadeur du numérique chez Unis-Cité. Être volontaire dans le numérique, c’est aider les personnes en précarité numérique, en les accompagnant dans leur démarches administratives, ou même en leur apprenant à utiliser les outils numériques.

J’ai commencé en février. Au début, j’ai vraiment aimé ce que je faisais. Aider une personne et voir à la fin qu’elle est contente et soulagée ça fait plaisir, tu te sens utile. J’étais donc motivée à l’idée d’aller travailler. Je me suis demandé si le travail dans le social pourrait me correspondre. Les mois passent, et petit à petit je me rends compte que je me lasse. Moi qui attendais avec impatience que les gens entrent dans la salle, maintenant je les fuis.

Toujours les mêmes soucis, avec les mêmes personnes qui ne comprennent pas. Je dois expliquer les mêmes choses à chaque fois, j’ai l’impression que mes journées se ressemblent et se suivent. À force de faire les mêmes démarches à plusieurs reprises, je me suis lassée. Cette expérience me montre encore que je vais forcément me lasser même si j’aime bien ce que je fais. Je me demande si ça vaut la peine que je me casse la tête pour trouver mon alternance afin de valider un diplôme pour faire un métier que je ne vais peut-être pas faire ?

Travailler, libre et passionnée

Mes parents m’ont toujours laissé le choix de faire ce que je voulais. Mais là, en me voyant en difficulté, ils me mettent un peu la pression pour que je choisisse vite un secteur de travail. Ils n’ont pas compris pourquoi j’ai quitté le tourisme. Pour eux, il faut finir ce qu’on commence. J’ai pris du temps pour leur expliquer que ça ne me plaisait pas. Au final, discuter avec eux me met plus la pression qu’autre chose.

J’ai toujours voulu travailler dans un domaine qui me plaît, car faire un métier par passion demande de l’énergie mais en retour ça apporte du bonheur. Tandis que faire un métier par contrainte, ça demande énormément d’énergie mais t’as rien en retour. C’est ce que m’a dit une ancienne collègue à moi avant de quitter son travail. Elle était passionnée de musique mais n’a jamais osé se lancer dedans. Elle a changé plein de fois de métier par manque de motivation, un peu comme moi : elle était professeure de français, de philo, de langues, et elle est même partie vivre en Australie pendant neuf ans. Mais là, elle s’est enfin décidée à faire un métier par passion.

Elle m’a inspirée. Je pense me diriger vers l’événementiel car c’est un métier qui bouge et qui n’est pas monotone. J’ai envie qu’il y ait du changement !

Assila, 20 ans, volontaire en service civique, La Courneuve

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