Aouzani Z. 11/01/2021

Violence : à Marseille, ça tire sous mes fenêtres

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Aouzani ne se sent plus en sécurité dans sa cité des quartiers nord de Marseille. Le trafic de drogue prospère et la violence avec…

Il y a quatre ans, j’ai déménagé à la Busserine, une cité des quartiers au nord de Marseille, située dans le 14e arrondissement.

Un soir, tout est calme, on entend le bruit du vent. Vers minuit, alors que tout le monde dort, un bruit retentit. Je me réveille en sursaut. Des feux d’artifice ? À la fenêtre, je vois la police, les pompiers, le Samu. Deux hommes ont été visés par des tirs d’armes à feu.

Le matin, en partant prendre les transports, je trouve des policiers devant la porte de mon immeuble en train de le surveiller. À mon retour de l’école, ils sont toujours là. L’un d’eux vient me voir : « Est-ce que vous habitez ici ? Et depuis quand ? Montrez-moi vos papiers. Est-ce que vous connaissez les personnes qui ont été tuées ? »

Plus tard, j’apprends dans le quartier qu’il s’agit de deux hommes de 40 et 44 ans. Visés par un fusil d’assaut. L’un d’eux est mort, l’autre est dans le coma. La police ouvre une enquête dans la cité. Et celle-ci reprend sa petite vie.

Ces jeunes guetteurs gagnent plus que le SMIC

Début 2021, un autre règlement de comptes a lieu. Je suis dehors, en train de rentrer chez moi, quand j’entends une dispute. Je me retourne et j’aperçois beaucoup de monde en train de crier, de hurler, de se frapper. Soudain, j’entends des tirs. Je me précipite chez moi. J’ai le cœur qui bat fort.

Plus tard, la voisine vient nous raconter qu’il s’agissait d’un jeune de 22 ans, de la Busserine, tué par arme à feu, par d’autres jeunes. Un règlement de comptes lié au trafic de drogue ?

Dans la cité, il y a des jeunes, entre 15 et 25 ans, appelés les « guetteurs » qui avertissent quand des policiers entrent dans le quartier. Ces jeunes gagnent plus que le SMIC ! La plupart circulent en scooter volé, sans être ennuyés.

Dans ma cité je me sens en insécurité

Depuis que j’ai déménagé, il y a eu énormément de règlements de compte, certains moins graves. Les quartiers comme la Busserine ou les Flamants (dans le 14e arrondissement, à trois minutes de chez moi), devraient être surveillés par des policiers, mais ils ne font rien contre le trafic de drogue. Sans présence policière, tout cela continue. Il y a moins de policiers dans ces quartiers dangereux, qui posent problème que dans le reste de la ville ! Cela me met hors de moi !

Pourquoi cette violence ? Pourquoi se tirent-ils dessus ? Pourquoi personne ne fait rien ? Les habitants en ont marre. Dès que je sors de chez moi, ou que j’y rentre, je traverse la cité et je ne me sens pas en sécurité.

 

Aouzani, 19 ans, E2C, Marseille

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