Jeanne F. 21/06/2024

« J’ai fait un déni de grossesse »

Découvrir qu’on attend un enfant au moment de l’accouchement concerne des milliers de femmes chaque année en France. Jeanne venait de fêter ses 15 ans lorsque ça lui est arrivé.

  • ZEP 20/06/2024

    ZEP 20/06/2024

    Sous les JOP, le sport du quotidien

    Pendant six mois, nous avons accompagné quelque 250 jeunes dans l’écriture de récits sur leurs pratiques sportives du quotidien. Morceaux choisis dans un recueil accessible en pdf et intitulé « Nos terrains de jeux ».

  • Camille V. 18/06/2024

    Camille V. 18/06/2024

    Pas handicapée aux yeux des autres

    Dans la rue, le métro, au supermarché, au musée, Camille, 34 ans, croise souvent quelqu’un qui met en doute sa situation de handicap. Une violence psychologique qui ajoute à la douleur et à la complexité de sa vie quotidienne.

  • Éléana L. 17/06/2024

    Éléana L. 17/06/2024

    Borderline à 17 ans

    TPB. Trois lettres pour « trouble de la personnalité borderline ». Éléana a découvert qu’elle était atteinte de ce trouble lorsqu’elle a été admise à l’hôpital. Un épisode synonyme à la fois de mauvais souvenir et de soulagement.

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30/04/2024

Pédaler contre les rixes

Réconcilier des jeunes de quartiers voisins – « en guerre » – en leur faisant parcourir des centaines de kilomètres à vélo depuis la Seine-et-Marne (77), a tout d’une idée assez dingue. C’est le défi qu’Ali Matelo – déterminé à prendre sa part dans la lutte contre les rixes entre les ados de Torcy, Noisiel, Lognes, Saint-Thibault-des-Vignes, Champs-sur-Marne – leur propose depuis trois ans (lire encadré). Après le décès d’Iderlindo, 21 ans, ce directeur adjoint d’un centre social a décidé de leur faire vivre ensemble cette aventure sportive et humaine hors du commun. En 2023, 24 jeunes hommes ont été sélectionnés pour relever ce défi : passer quatorze jours à cohabiter H24 et à pédaler sur 800 kilomètres, de Torcy à Auschwitz en Pologne, en plein mois d’août. Zako, Yanis, Yassine, Ismo et Souleymane en étaient. Cinq mois après leur retour, ils se sont attaqués à un autre genre d’épreuve : se souvenir et raconter cette expérience par écrit, accompagnés par les journalistes de la ZEP, à la maison de la jeunesse de Noisiel. Ils ont livré des récits joyeux. Des témoignages de compétition et d’entraide, de dépassement de soi et de découverte de ses limites, d’esprit d’équipe et de singularités, de différences et de points communs. Des histoires d’amitiés qui se nouent, les mains sur le guidon comme dans les chambres. Loin des guerres entre quartiers. La rédaction   « Faire en sorte que nos jeunes arrêtent de se taper dessus »   Ali Matelo, ancien directeur adjoint chargé de la jeunesse au centre social Omac, à Torcy, revient sur ce qui l’a convaincu d’embarquer des jeunes de quartiers rivaux en Seine-et-Marne dans un projet sportif et humain ambitieux.   Comment est né le « 77 à vélo » ? Je suis parti des problèmes liés aux rixes sur notre territoire, Paris Vallée de la Marne (Lognes, Torcy, Noisiel, et Torcy), et sur une partie d’un autre territoire, Marne et Gondoire (Saint-Thibault-des-Vignes). Sur deux ans, il y a eu quatre décès. Il y a eu une marche pour rendre hommage à un jeune qui a été tué : Iderlindo. Face au regard d’un parent qui a les yeux en larmes, tu te sens impuissant. Je me suis dit que ça serait une bonne chose si on pouvait faire en sorte que, sur notre territoire tout du moins, on puisse avoir un impact, pour que nos jeunes arrêtent de se taper dessus jusqu’à conduire à des morts.  S’en est suivie une rencontre avec une prof d’histoire lors d’une réunion avec des élus municipaux. Cette prof d’histoire était aussi élue. Je me suis dit : « Je pense qu’on peut faire un truc ensemble. » Je l’ai sollicitée et elle a tout de suite été partante. Le projet devait se baser sur la guerre, parce que les jeunes de nos quartiers pensent se faire la guerre, mais en réalité ce n’en est pas une.   Pourquoi as-tu décidé de faire pédaler des adolescents sur 800 kilomètres ? Le vélo, c’est un sport qui me fascine. Je me suis toujours demandé comment un être humain pouvait pédaler 200-300 km par jour. Et je me suis dit : tiens, peut-être qu’avec nos jeunes ce serait bien ? Ce sport-là est un peu fermé. Ça permet de casser les mœurs et d’ouvrir ces jeunes des quartiers populaires à d’autres disciplines. On aurait pu partir à pied, mais le petit plus, c’était la récompense du vélo. C’est un outil de travail avec lequel tu repars. Comme une médaille. Je ne regrette pas ce choix car ça a bien pris. Tu peux être de Lognes, de Noisiel, de Torcy et être un élément très athlétique. Ce côté athlétique n’a pas de ville. C’est entre toi et toi. À vélo, ils sont obligés de communiquer, s’encourager, attendre l’autre…   Quel était ton objectif en les emmenant à Auschwitz ? On a tendance à taxer les jeunes de quartier, généralement musulmans, d’antisémites. J’avais non seulement besoin de rendre hommage à toutes les victimes de la Shoah mais aussi de démontrer que les jeunes de quartier, musulmans ou pas, sont sensibles à ce qui arrive à d’autres communautés. Contrairement à ce que des médias véhiculent.

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28/03/2024

Chroniques d’une jeunesse mauricienne 

À l’invitation de l’Institut français de Maurice, la ZEP s’est délocalisée pour déployer son dispositif d’accompagnement à l’écriture auprès d’une équipe de journalistes, d’écrivain·es et d’enseignant·es. L’objectif est de créer une plateforme d’expression des jeunesses de l’océan Indien.  Les premiers ateliers ont fait émerger une dizaine de récits qui nous offrent une plongée inédite dans la société mauricienne. Ces jeunes de 17 à 25 ans nous racontent ainsi la prégnance des traditions familiales, les contraintes de l’insularité, la force du trilinguisme, le multiculturalisme à l’épreuve des hiérarchies communautaires, l’urbanisation pas toujours maîtrisée, ou encore les impacts écologiques sur ce territoire. Un territoire fragile, riche et complexe. Loin des clichés touristiques auxquels cette île est souvent réduite. Avec plus d’un million de touristes par an pour 1,2 million d’habitant·es, le tourisme est une activité essentielle sur l’île. C’est aussi un secteur dans lequel il ne fait pas bon se projeter quand on est une jeune femme créole, comme Yana, 23 ans. Contre l’avis de son entourage, qui l’imaginait avocate ou médecin, elle persévère. De son côté, Ségolène a renoué récemment avec la langue de son île : le créole. En voulant lui offrir un français parfait, et la réussite qui va avec, ses parents l’ont privée de leur langue… et d’une partie d’elle-même.   La connaissance de son île, Jean-Jacques l’a héritée de son père, apiculteur. Ils la sillonnent ensemble depuis qu’il a 5 ans. Cette exploration lui a permis d’apprendre à en contempler les beautés naturelles, aujourd’hui menacées par les changements climatiques. Damien, lui, nous emmène visiter l’envers du décor d’une île Maurice de carte postale. À 21 ans, il habite à Vacoas, un désert urbain qu’un homme politique local rêve de transformer en « Manhattan ».  La rédaction

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08/03/2024

Avorter avant 18 ans : un droit mais toujours une épreuve

C’est une réforme historique qui a été adoptée définitivement le 4 mars 2024 par les deux chambres du Parlement réunies en Congrès à Versailles. La France est le premier pays à inscrire la « liberté garantie » à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution du pays, c’est-à-dire la loi des lois. Une décision importante prise près d’un demi-siècle après la promulgation de la loi dite « Veil » – portée par Simone Veil – autorisant l’IVG, le 17 janvier 1975. L’objectif ? Éviter que ce droit puisse être remis en question dans notre pays. Il faut dire que l’avortement reste, aujourd’hui encore, un sujet à la fois très intime et hautement politique. En 2022, la révocation de l’arrêt Roe vs Wade, garantissant le droit d’interrompre une grossesse aux États-Unis, a rappelé combien ce droit reste fragile. 14 États américains ont interdit depuis l’avortement sur leur territoire, même en cas de viol. En Europe aussi, le droit à l’IVG a été remis en question en 2021, en Pologne, où il est quasiment interdit, sauf pour des femmes victimes d’inceste et de viol. Sur le continent africain, l’accès au libre choix de poursuivre sa grossesse reste souvent réservé aux seuls cas où la grossesse met en danger la santé de la personne enceinte. Au Maroc, avorter peut vous mener en prison. Dans le monde, 22 pays interdisent encore tout bonnement aux femmes d’avorter. Résultat ? Les avortements clandestins, non-sécurisés, tuent encore près de 40 000 femmes chaque année, selon une estimation de l’Organisation mondiale de la santé.  Actuellement, en France, l’avortement est légal jusqu’à 14 semaines de grossesse. Mais il existe encore de nombreux freins à son accès. La crainte que cela puisse se savoir n’est pas des moindres, chez les plus jeunes notamment. Et le jugement négatif de certain·es adultes peut malheureusement s’ajouter à la difficulté à aller chercher de l’aide, voire aux violences déjà subies. Si une personne mineure peut accéder à une IVG sans en informer sa famille, elle doit obligatoirement être accompagnée par une personne de plus de 18 ans. « Aucune femme ne recourt de gaîté de cœur à l’avortement », assurait Simone Veil, devant l’assemblée très majoritairement masculine des députés français. « Il suffit d’écouter les femmes », ajoutait-elle. Écoutons-les ! Trois d’entre elles, mineures au moment où elles ont choisi d’interrompre une grossesse, partagent cette épreuve. Vanessa, 20 ans, qui, huit ans après les faits, n’a pas oublié le regard accusateur du médecin traitant, la violence du gynécologue et les commentaires acerbes du psychologue. Elle n’avait que 12 ans quand elle a subi un viol puis avorté, chez elle, en prenant des médicaments. Comme 80 % des femmes, Vanessa a opté pour l’IVG médicamenteuse à domicile, plutôt que l’IVG chirurgicale, qui nécessite une courte hospitalisation. Mina, elle, a fait le choix d’être encadrée médicalement. Hospitalisée un jour d’école, l’adolescente de 14 ans a alors pu compter sur la complicité d’une infirmière du service pour couvrir un mensonge fait à sa mère, de crainte d’être « mise à la porte ». De son côté, Kaïna a choisi de se confier à l’une de ses enseignantes, qui l’a accompagnée dans sa démarche. La rédaction

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08/01/2024

Rendez-vous à la salle

Le nouveau rendez-vous après le lycée, c’est la salle de muscu. Écouteurs dans les oreilles et haltères aux mains, les 16-25 ans rêvent de sixpack, d’épaules développées, de pecs saillants, de fesses bombées… 43 % d’entre elles et eux pratiquent la musculation, selon le baromètre 2022 de l’UCPA-Crédoc sur les loisirs sportifs. Si la multiplication des influenceurs et influenceuses fitness sur les réseaux a sûrement un rôle à jouer dans cet engouement, le sociologue Guillaume Vallet, auteur de La Fabrique du muscle, l’explique par la multiplication des crises et des incertitudes ces dernières années : le corps et la santé sont devenus un « capital » dans lequel les jeunes investissent pour mieux les traverser. Maîtriser son corps et se surpasser prouverait ainsi que l’on est capable d’en faire de même avec sa vie. Une obsession croissante pour les muscles qui, en creux, nous rappelle comment cette société reste intraitable avec les corps qui s’écartent de la norme. Hugo veut surtout « prendre de la masse », parce qu’en gagnant du poids, il gagne en confiance. Didi vise le même objectif, mais seulement dans les hanches et les fesses. Elle a d’ailleurs changé son alimentation et compte les calories pour y arriver. En quelques mois d’entraînement intensif à la salle, le corps d’Adarsh s’est transformé. Même chose pour le regard des autres. La vie d’Arsène tourne aussi autour de la salle. Pour devenir plus fort que son frère, quitte à mettre les cours de côté. Pour les potes et les camarades de Guillaume, c’est même devenu un lifestyle. Lui aussi s’est laissé séduire par cette vie protéinée, baskets aux pieds. Avant de laisser tomber : ça ne lui ressemblait pas. La rédaction

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13/11/2023

L’éducation sexuelle, la grande absente de l’école

Au moins trois cours d’éducation à la sexualité par an. C’est ce qui est inscrit dans la loi depuis 2001, mais entre les murs des établissements scolaires, la réalité est tout autre. Moins de 20 % des collégien·nes en bénéficient. Ce chiffre tombe même à 15 % au lycée. Les associations SOS Homophobie, Sidaction et Planning familial ont donc attaqué l’État en justice en mars dernier pour qu’il respecte ses obligations. Et pour cause : les préjugés ont la vie dure (selon un·e élève sur deux, être LGBTQIA+ est un choix) et les plaintes pour violences sexuelles sont en augmentation. Les jeunes sont pourtant en demande, mais faute d’interlocuteurs et interlocutrices à l’école, nombre d’entre elles et eux se tournent vers internet. Pour le meilleur et pour le pire. Warren se pose plein de questions depuis la cinquième. Il est aujourd’hui en seconde mais l’éducation sexuelle n’est toujours pas au programme. Le cours donné par l’infirmière du collège n’a pas permis à Cassandra d’avoir des réponses précises, et le consentement n’a jamais été abordé. Une notion que Julie aurait d’ailleurs voulu découvrir plus tôt, avant que son premier copain ne lui fasse du chantage pour obtenir un rapport sexuel. Noah est en colère contre l’école : si on y parlait des identités LGBTQIA+, beaucoup de violences pourraient être évitées. Les femmes de la famille d’Alexa ont pris les devants quand elle avait 12 ans. Maintenant, c’est elle qui répond aux questions de ses ami·es. La rédaction

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09/10/2023

La fin du mois, j’y pense déjà

Vendredi 13 octobre, c’est jour de grève nationale. Les syndicats appellent à une mobilisation, notamment contre l’austérité et pour une revalorisation des salaires. Et pour cause : le coût de la vie a largement augmenté en 2023, notamment de 11 % sur les produits alimentaires. Remplir le frigo, une mission d’adulte ? Alors qu’elles et ils ne connaissent pas forcément le mot « inflation », les ados subissent parfois ses conséquences au quotidien. Amélia ne reçoit plus d’argent de poche depuis cette année. Ses parents cumulent les emplois, mais ont désormais du mal à joindre les deux bouts. Quand elle fait les courses pour les jeunes du foyer dans lequel elle est hébergée, Maïssa voit bien que son panier, qui ne doit pas dépasser les 25 euros, a diminué de moitié. Wilfried parle comme un homme abîmé par les années de galère : chez lui on ne vit pas, on survit. Il connaît par cœur le budget très serré avec lequel sa mère lutte tous les mois. Une réalité qui force Xavier à être beaucoup trop organisé pour ses 15 ans : pour aider la sienne, il travaille à côté du lycée. La rédaction

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11/09/2023

Le lycée Rabelais, hors les murs

« Allô la ZEP, ici Libé, on a une idée à vous proposer ! » Cette aventure a commencé à peu près comme ça. Depuis près de dix ans, Libération publie une fois par mois une double-page de témoignages des jeunes que nous accompagnons en atelier. Jusque-là, nous étions à l’initiative. Les coups de fil se passaient dans l’autre sens. « Allô Libé, ici la ZEP, on a une double à vous proposer. » Ensemble, on a essayé de raconter le sport du bas de l’immeuble, les stratégies écolos, la police de (trop grande) proximité ou le 115 à 15 ans. Cette fois-ci, on s’est retrouvé·es autour de la grande table du sous-sol, celle des conférences de rédaction, pour parler des 50 ans du quotidien. Paul Quinio, le directeur de la rédaction, avait une idée : « Libé a 50 ans et le lycée Rabelais, Porte de Clignancourt à Paris, aussi… » Il nous donnait l’opportunité d’une aventure commune, d’une année partagée. Pour ses 50 ans, Libé souhaitait s’offrir une cure de jouvence en ouvrant ses colonnes aux récits des adolescent·es et des jeunes adultes scolarisé·es à Rabelais. Une jeunesse loin d’être privilégiée. Les journalistes de la ZEP ont donc passé plusieurs mois dans cet établissement enchâssé entre le boulevard extérieur et le boulevard périphérique. Un lycée à la frontière du périph’, mais avec une adresse parisienne. Un lycée malmené mais avec une équipe pédagogique au taquet. C’est donc stimulé·es par l’enthousiasme de la direction, incarnée par Patricia Jourdy et Mélanie Puel que nous avons cheminé au cours de l’année en compagnie des quatre classes de seconde, des quatre classes de première et d’une section BTS de la « promo » 2022-2023. Et la rencontre a eu lieu. Investi·es, concerné·es, les lycéen·nes ont livré des textes et des témoignages qui éclairent sur leurs réalités, souvent âpres, et notre époque assez confuse. Nous sommes très fier·es à la ZEP de la confiance qu’elles et ils nous ont donnée en acceptant que nous les assistions dans l’élaboration de leurs récits. Nous nous réjouissons aussi que le lycée, menacé de fermeture au début de l’année, ait été « sauvé » par l’ancien ministre de l’Éducation nationale qui lui a octroyé un sursis de cinq ans. Le 15 septembre prochain, notre recueil Rabelais, hors les murs sera disponible et consultable sur notre site. Vous pourrez également retrouver en kiosque une sélection de récits issus de cette aventure, dans un supplément inédit du journal Libération. La ZEP vous propose d’en découvrir cette semaine cinq,  en avant-première : ceux de Safi, Gor, Rayan, Rosa et Christophe. La rédaction Crédit photo © James Albon / Libération

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06/09/2023

La ZEP fait sa rentrée au Maroc

Cette année, on fait notre rentrée au Maroc, et pas n’importe où : dans le plus vieux lycée français du pays, le lycée Regnault de Tanger. Deux journalistes de la ZEP, Aïda Amara et Elliot Clarke, sont parti·es en immersion pendant deux semaines dans cet établissement d’excellence qui a ouvert ses portes en 1913. Depuis 110 ans, 600 jeunes Marocain·es et Français·es y sont scolarisé·es chaque année, de la sixième à la terminale. Une institution prestigieuse, par laquelle sont passés plusieurs ministres marocains, l’écrivain et lauréat du prix Goncourt Tahar Ben Jelloun, ou encore Jean-Luc Mélenchon. Être scolarisé au lycée français, c’est une chance pour Safir. Cet établissement, il le voit comme un modèle de tolérance. Mais pour Elinor, cela veut surtout dire qu’on est privilégié·e, qu’on fait partie d’une élite coincée dans sa bulle, bien loin des conditions de vie parfois difficiles des Marocain·es. C’est aussi un lieu intransigeant, où les différences entre élèves locaux et élèves venu·es d’ailleurs se font sentir. Bien que Marocaine, Ellie n’a pas été très bien accueillie. Bilal, lui, ne veut pas venir faire ses études ici : la France de là-bas, comme il dit, lui fait peur. La rédaction  

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19/07/2023

Nos vacances au bled

Chaque été, pour des milliers de familles en France, c’est le même rituel : on fait les valises, on charge la voiture, on vérifie qu’on a bien les passeports, les visas, les billets d’avion ou ceux pour le bateau. On entasse les cadeaux au milieu des maillots de bain, et on prend la route : on rentre au bled, au pays. Celui où l’on a grandi, celui de nos parents ou celui de nos ancêtres. Pour Néliya, c’est le Maroc et chaque été, c’est le meilleur moment de l’année. Maeva, elle, rentre en Italie, retrouver les bras de sa nonna (et sa divine sauce tomate). Pour Coralie, c’est les Antilles : fatiguée d’y être considérée comme une touriste, elle a voulu y passer plus de temps, et voir de ses propres yeux l’envers du décor paradisiaque. Bouba, lui, a carrément décidé que les vacances au quartier, c’est mieux que la Gambie : flemme d’aller encore s’ennuyer là-bas, alors qu’ici, il y a tous les copains. La rédaction

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26/04/2023

Tu seras belle, ma fille

« Miroir miroir, dis-moi qui est la plus belle… » Cette question, nombreuses sont celles qui se la sont posée en croisant leur reflet dans la salle de bain. Les adolescentes passent en moyenne près de huit heures par semaine à prendre soin de leur apparence. L’idée qu’il faut être belle pour être heureuse est transmise dès l’enfance. Cinq adolescentes témoignent de la place qu’occupe leur apparence dans leur vie. Cheveux lissés, visage crémé, regard intensifié avec du mascara. Jusqu’à très récemment, Maëlys n’avait jamais questionné sa « morning routine ». Amandine, elle, pensait qu’elle ne pouvait pas s’accomplir sans être « la plus belle ». Sa préoccupation principale : son poids. Sabrina aussi, parce que ses proches lui font constamment des remarques « pour son bien ». Conséquence : elle ne veut plus se voir en photo. Soulagée de voir des femmes non épilées sur les réseaux, Sasha n’accepte pourtant pas les poils sur son corps. La devise de Flora : s’assumer oui, mais pas besoin de tout envoyer balader. Se maquiller ou s’apprêter, c’est aussi OK ! La rédaction

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