Judith J. 10/06/2026

J’ai fait la paix avec le contrôle parental

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Peu après qu'elle ait reçu son premier téléphone, les parents de Judith y ont installé un contrôle parental. Passé les premières frustrations, le regard de l'adolescente sur cet outil s'est progressivement transformé.

La première fois que j’ai eu mon téléphone entre les mains, c’était en décembre 2022. Ce jour-là, le soleil brillait et mon sourire aussi. J’ai très vite reçu la carte SIM, je l’ai rentrée dans mon téléphone et j’ai ajouté le numéro de toutes les personnes que je connaissais.

Mais au bout de quelques semaines, le contrôle parental a été installé. Un peu comme une bombe ! Depuis ce jour, mon téléphone s’éteint à 20h et redémarre à 7h35.

Au début, j’avais l’impression d’être constamment surveillée. Comme si mes parents ne me faisaient pas confiance, l’impression d’être observée par dessus mon épaule, comme s’ils m’espionnaient…

Ils contrôlaient les applications que j’installais, ils bloquaient certains sites, notamment les réseaux sociaux, ils mettaient des limites sur toutes les applications et ils regardaient le temps que je passais dessus. L’horreur ! Ils disaient : c’est pour ton bien ! Moi, je ne comprenais pas.

Bien sûr, ce n’est pas très productif de passer plus de deux heures sur les réseaux sociaux, mais c’est un moment où l’on peut se détendre.

Lorsque je scrolle, le moment tant redouté arrive : l’écran blanc « limite de temps écoulé » s’affiche ! Pendant un instant, le temps s’arrête, comme si les trois heures que je venais de passer sur mon téléphone étaient seulement des minutes.

Lorsque j’essaye d’installer une application, une notification apparaît en gros, en rouge : « Demande envoyée à vos tuteurs légaux ! ».

J’ai compris que mes parents voulaient me protéger

Ce contrôle parental, ça a mis une barrière entre mes parents et moi. Au niveau de la confiance, mais aussi de la compréhension. Un mur épais, un mur de frustration.

Puis progressivement, j’ai compris… Ils ont des craintes et ce contrôle parental leur permet de les contrôler ou du moins, les atténuer. Dans leur jeunesse, ils n’ont pas eu cet objet numérique. Et l’inconnu fait peur.

Ils cherchent seulement à me protéger des sites malveillants, du cyberharcèlement et de l’addiction à l’écran bleu. Le mur épais est alors devenu à mes yeux un fin filet de surveillance.

Maintenant, grâce à ce contrôle parental, je me concentre sur des choses qui ont plus de sens dans la vie : les amis, la famille, les activités… Je fais plus d’activités en plein air, du shopping, des soirées avec mes amis. Je suis plus libre.

Judith, 15 ans, lycéenne, Paris

Crédit Unsplash

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