Marcus G. 28/05/2021

Pas besoin de Balenciaga à 600 euros pour être stylé

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Acheter des marques, attendre les soldes, chercher des bons plans en ligne : l’habit ne fait pas le moine mais il en dit long sur notre niveau de vie. Antonin habite dans une cité de Pantin et Marcus au cœur de Neuilly-sur-Seine. Tous deux ne sont pas les plus aisés de leur quartier alors, quand vient le moment du shopping, il faut compter ce qu’on a dans le porte-monnaie.

Un jour, un sixième m’a dit : « Eh wesh, t’es bizarre à changer de chaussures et de doudounes tous les jours, t’en as pas marre ? » Alors… non, je ne change pas de doudounes tous les jours, je ne possède pas tant de vêtements que ça. Je sais juste comment bien les mixer pour créer des tenues différentes, accorder les couleurs, les designs, bref, l’esthétique en général. Bon, j’avoue que j’ai quand même pas mal de vêtements, mais mon atout est d’être toujours dans les bons plans.

J’ai des t-shirts à 110 euros mais je les ai eu à 30 lors de soldes de masse aux Galeries Lafayette. J’achète énormément de vêtements sur Vinted : tout est de la seconde main, trois fois moins cher et en excellent état.

Obtenir les meilleures choses au meilleur prix

La plupart de mes amis, comme j’habite à Neuilly-sur-Seine, se retrouvent à acheter leurs courses de Noël dans des magasins de luxe sur les Champs-Élysées (Dior, Louis Vuitton, etc.). Moi, n’étant tout de même pas dépourvu de moyens, j’investis plus intelligemment en cherchant toujours comment obtenir les meilleures choses au meilleur prix.

Grâce aux plateformes de revente en ligne, la mode de seconde-main se démocratise, notamment auprès des jeunes. Permettant de renouveler sa garde-robe à moindre coût tout en respectant la planète, le marché ne semble pas prêt de décroître. Décryptage de ce phénomène par Slate.

Je ne suis pas dans une situation financière particulièrement difficile mais je vis seul avec ma mère, qui a réussi en étant toujours plus maline et prévoyante que les autres. Elle a toujours été dans la mode, en commençant par des boîtes comme Sonia Rykiel, Saint Laurent… Mais elle a surtout fait une carrière de dix ans chez Louis Vuitton où elle a travaillé d’arrache-pied tout en mettant de l’argent de côté. À l’heure actuelle, son nouveau travail lui fait quand même gagner moins d’argent qu’avant (@casa_93 allez voir tout ça sur Insta !).

Beaucoup de gens de ma ville arrivent au collège/lycée avec des Balenciaga à 600 euros au tissu tâchable facilement. Je ne dis pas que je ne souhaiterais pas en avoir, mais c’est un prix trop élevé. Un investissement ridicule. Avec 600 euros, j’ai de quoi me faire plusieurs tenues complètes. Le mot d’ordre selon moi est donc efficacité !

Ici, il n’y a pas de plafond

Peut-être parce que je n’ai pas toujours habité à Neuilly-sur-Seine. J’habitais dans le 17e, aux Batignolles, avant. Mes fréquentations de Paris étaient aisées certes, mais pas au niveau de Neuilly ; et puis, avec l’adolescence, tout a été vite superficiel et les marques ont pris de l’importance dans la vie de chacun.

Dans cette nouvelle ville, la première chose à m’avoir étonné fut la stabilité sans faille de chacun. Avant, même mes amis fortunés de Paris avait un budget, ou des périodes dans lesquelles ils devaient se priver. Ici, il n’y a pas de plafond et les gens ont une notion de la réalité peu développée. Par exemple : mon meilleur ami n’avait jamais pris le métro de sa vie avant que je l’y amène. Lui au moins a les pieds sur terre, car il achète des trucs chers mais, de un c’est rare, et de deux il n’aime pas s’exhiber. Il fait vraiment ses achats pour lui et n’aime pas qu’on sache qu’il est riche.

Ahhhh c’est vrai que tout ça m’a bien changé, mais je suis loin d’être triste. J’aime mes proches et les gens autour de moi, c’est juste un peu difficile parfois d’avoir des débats constructifs avec des gens qui n’ont jamais manqué de rien, mais bref tout va trèèèèès bien et je suis tout sauf malheureux !

 

Marcus, 14 ans, collégien, Neuilly-sur-Seine

Crédit photo Unsplash // CC Beel coor

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