Raul D. 03/11/2023

Dropshipping : à moi le lifestyle de riche

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Le principe du « dropshipping » est simple : acheter un produit à bas prix pour le revendre plus cher ailleurs. Présenté comme THE business qui vous permettra de faire fortune, il entraîne en fait beaucoup de frais sans garantie de profit. Raul s’est lancé il y a quelques mois, et il y croit.

En septembre, sur TikTok, je vois passer des vidéos de dropshipping. Je vois des gens avec un lifestyle de riches, voitures de luxe, villas… et qui expliquent leur parcours. Je m’y intéresse de plus en plus, j’apprends comment ça fonctionne. Pour ça, je regarde les vidéos d’un youtubeur, Jonathan ecom. Il explique comment se lancer. Il a réussi dans sa vie, et aujourd’hui il te montre comment réussir aussi. Il y a des milliers de personnes qui voient passer des vidéos de dropshipping mais personne ne passe à l’action. Moi si.

Je veux être riche car :

1 – je veux m’acheter les voitures que j’aime et les conduire ;

2 – je veux que mes parents ne travaillent plus ;

3 – je veux m’acheter tout ce que je veux ;

4 – je veux visiter tous les lieux magnifiques que j’aime ;

5 – je ne me vois pas faire du 8-17 heures au travail pour enrichir une personne.

En janvier, je décide de commencer. Je demande donc à mes parents s’ils peuvent m’acheter la formation de Yomi Denzel. Ils me l’achètent en réduction à 997 au lieu de 1 500. Je commence à apprendre et, début février, je crée une micro-entreprise au nom de ma mère.

Une autre vie que mes parents

Mes parents me font confiance, c’est un truc de fou ! Si je fais quelque chose d’illégal, ma mère pourrait avoir des problèmes. À tout moment, je pourrais la mettre en prison sans faire exprès comme un débile. Ça me met la pression. Je regarde des vidéos pour bien comprendre ce qui est légal et ce qui ne l’est pas.

Je ne veux pas faire comme mes parents. C’est-à-dire travailler sans avoir du temps pour moi, à part quelques semaines de vacances. Mon père travaille dans le bâtiment, un métier dur qui demande des efforts physiques. L’été, il fait bien chaud sur les chantiers. Ma mère est dans le ménage et elle surveille aussi les enfants à la cantine de l’école. Parfois, elle est épuisée. Il y a aussi eu un moment où elle a eu une grosse douleur au dos à force de trop se baisser quand elle ramassait quelque chose ou qu’elle passait l’aspirateur.

J’ai fait trois tentatives pour l’instant. Trois produits différents, sur trois sites différents. Au début, j’ai pris un produit au hasard : des housses de fauteuil et canapé. Mais je n’avais pas assez d’expérience pour bien le vendre. Mon deuxième produit était un diffuseur d’huiles essentielles. Toujours la même chose : ça n’a pas marché parce que je n’avais pas assez appris. Le troisième, c’était une sorte de lampe qui affiche l’heure, qui met de la musique et qui change de couleur. Je n’ai toujours pas fait de vente.

Retenter jusqu’à ce que ça marche

Pour faire du dropshipping, tu peux commencer avec zéro euro. Ce qui coûte cher, c’est le site et les publicités. Si t’en fais sur Facebook, tu peux mettre jusqu’à 1 000 euros par jour. C’est normal. Pour n’importe quel business, il faut mettre un peu d’argent. À chaque fois que j’ai lancé un produit, j’ai mis entre 10 et 20 euros par jour dans les pubs Facebook. J’aurais dû persévérer parce que l’algorithme met du temps à cibler les clients potentiels. Le problème, c’est que ça coûte cher.

Alexandre s’est initié par hasard au montage vidéo, pendant le premier confinement. Sur Discord, il s’est constitué une clientèle en se créant une nouvelle identité. Un témoignage à retrouver dans notre série sur ces mineur·es qui se font de l’argent sur les réseaux sociaux. Je vais retenter jusqu’à ce que ça marche.

Capture d'écran de l'illustration « Mon business de vidéos sur Discord »

Aujourd’hui, j’ai trouvé un coach qui m’aide sur Insta, c’est quelqu’un de confiance. Il ne comprend pas le français mais on se débrouille pour se comprendre. Il m’aide gratuitement. Par exemple, il m’a trouvé un thème sur Shopify [site pour acheter des boutiques en ligne, ndlr] pour 50 euros au lieu de 350. Un thème, c’est ce qui va faire que le site rend bien, ça fait sérieux. Les clients font confiance et tu as plus de chance de vendre qu’avec un site qui utilise le thème gratuit.

Je n’arrive pas à travailler à 100 % là-dessus. J’ai cours et je fais de la muscu tous les soirs, donc je suis épuisé. Pendant les vacances, je m’y mettrai à 100 %. Même si je n’y arrive pas, je continuerai après. Je pense faire ça encore longtemps. Si des gens ont réussi, pourquoi pas moi ?

Raul, 17 ans, lycéen, Chelles

Crédit photo Pexels // CC Ketut Subiyanto

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