Sidy C. 26/08/2021

1/2 Les grands du quartier m’aident à percer

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Ils ont le rôle de gardiens, de conseillers, parfois même de policiers. Les grands veillent sur les plus jeunes et cimentent le quartier. Ils ont remarqué Sidy et l'ont fait signer dans un label pour réussir dans le rap. Ils ont aussi défendu Alissia avec la bienveillance de grands frères quand un harceleur sexuel l'a abordée.

La musique, c’est ma seule passion. Je ressens le besoin d’en faire et d’en écouter. C’est problématique pour mes coutumes mais ça ne m’empêche pas d’en pratiquer. Ce que j’aime dans ce milieu c’est le soutien de mon public (fans, famille, amis), mais aussi de mon quartier.

Tout a commencé un soir avec des amis il y a deux ans, dans un stade. Ils ont mis une instru et j’ai commencé à rapper un peu dans mon coin. Je me suis lâché et ils ont dit que je devrais faire écouter à des grands du quartier. Un grand, c’est une personne plus âgée que moi qui me surveille, me connaît depuis petit, qui connaît la famille et surtout qui veut qu’on s’en sorte. Ils travaillent, mais ils sont là pour nous.

Les grands font ça parce que je les connais

Mes amis les ont prévenus. C’était facile, on traîne tous au même endroit : au city. Il y a le côté des grands où ils ont voulu me faire rapper. J’étais timide donc l’un d’eux m’a conseillé et mis en confiance. Ils ont mis une instru. Ils ont bien aimé, et après ils m’ont « recontacté » (on se voit tout le temps ! Si on veut se trouver, on va se trouver).

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Ils m’ont dit que je pouvais faire quelque chose dans le rap et m’ont emmené au studio pour enregistrer. La première fois, j’étais stressé : le monde, les gens qui écoutent, j’avais peur qu’ils me disent que c’était nul. J’ai fait un son que les gens ont kiffé. Le studio est à quelqu’un du quartier donc la session était gratuite. Ils font ça parce que je les connais depuis tout petit. Quand ils voient un petit de leur quartier rapper, ça leur fait plaisir !

Rap : il nous a fait signer dans un label

J’ai continué puis l’année dernière, avec deux amis, on a créé un groupe. On a sorti des sons sur Youtube et ça s’est bien passé ! C’est là qu’on a eu des contacts avec un autre grand qui aimait ce qu’on faisait. Un contact de celui qui nous a ramenés au studio. Il nous a pris en main et nous a fait signer dans un label, et soutenu professionnellement et artistiquement. Il nous envoie des textos, nous propose des prods d’un beatmaker du label. Il nous fait faire des freestyles aussi. Et quand il les aime, il nous ramène au studio. Tout ça est gratuit. On n’est pas encore payés mais on a une carte bancaire du label. On peut acheter ce qu’on veut mais pour l’instant on n’en a pas profité.

Grâce au rap, Eliott se sent plus « conscient » des enjeux de société. Racisme, violences policières… c’est par la musique qu’il s’est déconstruit.

De toute façon, on est jeunes, on ne pense pas trop à l’argent mais à se faire reconnaître. Au quartier, aux alentours, c’est bien, mais je voudrais que ça pète partout.

Je suis dans un groupe et je ne me vois pas en carrière solo pour le moment. À l’avenir peut-être. Aujourd’hui tout va bien, on continue, on progresse de plus en plus et je rends fier ma famille. On balance des clips financés par le label, on bosse au studio quand on a envie. Mon manager, qui est à la tête du label, organise nos clips, nos séances studio… Le studio, c’est la maison ! Pour l’instant, pas d’EP ou d’album, mais ça va arriver. Le quartier me pousse et me permet d’évoluer.

 

Sidy, 17 ans, en formation, Paris

Crédit photo Instagram // © 3l_officiel

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