ZEP 03/10/2022

Exil : sur la route, c’est ta vie qui est en jeu

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Ils ont bravé les dangers du désert, de la Méditerranée, des passeurs et de la police. Cinq jeunes racontent leurs routes vers une vie meilleure.

Un jour, Oussmane, Darty, Alassane, Patchika et Souleymane se sont lancés sur les routes. Leur espoir : trouver, peut-être ailleurs, une vie meilleure. Ils sont partis de Guinée, d’Algérie et de Côte d’Ivoire, ils ont voyagé pendant des mois à travers les dangers, le désert, la mer, et les frontières. Au bout, pour les cinq garçons, Paris. Mais avant, la route, sur laquelle ils ont tous risqué leur vie.

« Même si on me dit l’Europe c’est le paradis, je ne le referais pas. Parce que la route, ça n’a pas été facile. »

Un jour, j’ai laissé ma maman

« Elle hésitait au début, mais après elle a compris qu’elle n’avait pas le choix. Elle a commencé à chercher, jusqu’à ce qu’elle trouve un passeur. »

« Après deux jours, l’Arabe m’a envoyé dans le désert. C’était un passeur, mais moi je ne savais pas ce que c’était, un passeur. »

« Dans le désert, il y a des maltraitances aussi. Il y a des Touaregs là-bas. Ils vous attrapent, ils vous fouillent pour voir si vous avez quelque chose, ils vous frappent, vous disent de donner de l’argent. J’ai vu des gens qui sont morts. »

« On est restés sur l’eau trois jours. Il n’y avait pas assez de nourriture, il y avait des femmes enceintes. »

Poursuivies par la police, soumises au bon vouloir des administrations, les personnes exilées ne sont pas sûres de réussir à mener une nouvelle vie. Notre série compile les récits de cinq jeunes récemment arrivé·es en France.

Miniature de la série "Migrants, pour combien de temps ?" L'illustration représente une scène d'extérieur, aux abords d'un grand bâtiment. Un jeune homme est enfermé chez lui pour se cacher de la police, un autre montre les vidéos de son parcours migratoire à une femme, une fille est accoudée à sa fenêtre avec le mal du pays, et un autre jeune sort d'une distribution alimentaire des restos du coeur.

« J’ai fait six ou sept mois au Maroc. J’étais d’abord à Nador, c’est là que j’ai croisé deux de mes potes. Et quand j’ai traversé, une semaine après l’autre m’a suivi. Mais lui, il s’est perdu et on n’a pas retrouvé le bateau. Je n’avais qu’un téléphone à touches, donc je ne pouvais pas savoir s’il y avait eu un naufrage ou pas. »

Darty, Ousmane, Alassane, Patchika, Souleymane, 16 ans, lycéens, Paris

Illustration © Léa Ciesco (@oscael_) // Musique Kiala Ogawa

Journalistes : Léa Mehrhardt et Paul Ricaud

 

 

Parcours migratoire : de l’insécurité à l’instabilité

Près de 5 000 personnes meurent chaque année en fuyant leurs pays, sur la route d’une vie meilleure. Les chiffres officiels sont difficiles à obtenir, mais l’ONU compte plus de 45 400 mort·es entre 2014 et 2021.

Sur la seule journée du 24 juin 2022, au moins 27 Africain·es ont été tué·es par la police marocaine en voulant rejoindre l’Espagne. Les témoins parlent d’un déchaînement de violences de la part des autorités.

Une fois de l’autre côté de la frontière, les nouveaux et nouvelles arrivant·es ne sont pas certain·es de trouver une vie stable. Précarité, travail non-déclaré, arbitraire policier, enfermement Le chercheur Stefan Le Courant a étudié la condition des sans-papiers en France.

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